Ecoblogie

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lundi 6 février 2012

Le retour de la menace OGM

Le temps des semailles approche, et toujours rien de concret de la part du gouvernement concernant le renouvellement de l’interdiction du maïs OGM Mon 810…

Vers une clause de sauvegarde bien tardive et fragile
En novembre dernier, suite logique d’une décision rendue par la Cour européenne de Justice, le Conseil d’État français a annulé le moratoire sur la culture du Mon 810 activé en février 2008. Depuis près de trois mois, il est donc permis de semer ce maïs transgénique dans les champs français.

Et la menace est bien réelle, le mois de mars ouvrant la saison des semailles de maïs. Sans nouvelle interdiction, la poignée d’agriculteurs militants pro-OGM soutenus par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a déjà annoncé la couleur : ils comptent semer dès que possible du Mon 810 et mettre ainsi la France devant une situation de fait accompli en imposant une contamination de l’environnement. Claude Ménara, qui fait office de porte-parole, l’a proclamé dans les médias : « Nous n’allons pas rester les bras croisés et nous sèmerons des OGM ».

Depuis près de trois mois, le gouvernement affirme qu’il décrètera une nouvelle clause de sauvegarde fin février. Pour quelle raison attendre ainsi la dernière minute ? La ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet l’avoue tout net : tout simplement pour que « la Commission européenne n’ait pas le temps de la remettre en cause », reconnaissant d’emblée la fragilité de l’interdiction qu’elle compte prendre et qui pourrait bien être levée par les autorités européennes avant la fin de la saison des semailles de maïs…

Alors que la menace d’un retour des OGM dans nos champs se précise, l’inaction du gouvernement en la matière est incompréhensible. Depuis février 2008, pourquoi n’a-t-il pas commandité des recherches scientifiques qui auraient pu venir confirmer les doutes sur l’innocuité des OGM et ainsi fonder solidement la clause de sauvegarde française ? Pourquoi n’a-t-il pas étudié d’autres leviers juridiques susceptibles d’empêcher la culture de maïs transgénique en France ? Autant de questions sans réponse, qui laissent penser que le gouvernement pourrait en réalité préparer discrètement le retour des OGM dans nos champs, et serait surtout soucieux d’empêcher la culture du maïs Mon 810 jusqu’aux échéances électorales, et non de façon définitive…

La contamination bientôt légalisée ?
Autre élément venant accréditer un tel soupçon : le projet d’arrêté notifié par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire à la Commission européenne fin janvier, qui vise à définir les conditions de la coexistence entre cultures OGM et cultures conventionnelles.

Dans ce texte, Bruno Le Maire propose les règles de coexistence les plus laxistes d’Europe, prévoyant par exemple une distance de 50 m seulement ou une bordure de 9 m entre des parcelles OGM et des cultures conventionnelles. Dans ce texte, pas une ligne concernant la protection spécifique de l’apiculture, pas une seule mention de l’agriculture biologique (en savoir plus : http://www.infogm.org/spip.php?article5009).

Le gouvernement semble oublier l’essentiel : les Français ne veulent pas des OGM ! Greenpeace demande le retrait immédiat du texte de Bruno Le Maire. C’est bien le « sans OGM » qu’une réglementation sur la coexistence doit garantir et protéger !

mercredi 1 février 2012

Libérons l’énergie : Nantes, Bordeaux et Toulouse se mobilisent !

À situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle ! Plus de 60 associations locales et nationales ont répondu à l’appel Libérons l’Energie pour les trois premières étapes de cette tournée en France.

Vélorutions, stands d’informations, concerts, pièces de théâtre, projections et fresques humaines ont accueilli plus de 10000 personnes sur ces trois premières étapes.

La tournée Libérons l’énergie continue jusqu’en avril. Nous comptons sur votre mobilisation ! Un débat citoyen et transparent avant les élections est possible.

copyright Romain Toublant

Nantes : un concert festif et énergique
Les 13 et 14 janvier, vingt associations ont tenu un village associatif sur la place du Commerce à Nantes pour informer le public sur les alternatives énergétiques. Habitat, énergies renouvelables, vélo, aéroport de Notre-Dame-des-Landes, nucléaire, recyclage… ; les sujets abordés étaient variés et présentés par des associations locales parmi lesquelles : Habitat Energie naturels, Vélo Campus, Créé’Alter, Place au vélo, Alisée, Amis de la terre, Caorré, Ecos, Compostri, Valortri, Adda, coordination anti-nucléaire 44, le groupe local de Greenpeace Nantes, Virage Energie Climat Pays de Loire et Nantes en Transition.

La conférence mi-sérieuse mi-décalée organisée par Virage Energie Climat et Nantes en Transition a réuni le vendredi soir plus de 200 personnes à la Manufacture.

Point d’orgue de ces journées, le samedi sur la place Royale, le groupe Tryo prêtait sa voix pour un concert en faveur de l’appel « Libérons l’énergie ». Plus de 2000 personnes se sont données rendez-vous pour un très beau réveil citoyen !

Grand Soleil sur Bordeaux !
Le 20 janvier, les associations bordelaises Vélocité et Taca, proposaient une balade à vélo dans Bordeaux pour sensibiliser à la mobilité durable. Une centaine de vélos, décorés pour l’occasion, ont formé un cortège haut en couleur, avançant au rythme de slogans humoristiques.

Une grande fresque humaine s’est ensuite formée, réunissant 300 personnes, sur la place des Quinconces : un soleil.

copyright Yohan Terraza / Greenpeace

La veille, les associations Survie, Tchernoblaye, Convergence citoyenne pour une Transition Energétique, le groupe local de Greenpeace Bordeaux, ont installé leurs stands d’information place Pey Berland et ont donné rendez-vous le soir pour une représentation de la pièce « Avenir radieux, une fission française »

Toulouse, troisième étape de la tournée
Le CCFD terre-solidaire et Amnesty International étaient les invités d’une soirée projection-débat le vendredi 27 au soir sur le thème « Energie : des entreprises (ir)responsables ? ».

Plus tôt dans la journée et également le lendemain, les stands d’information « Libérons l’Energie » ont attiré les toulousains en nombre. Les associations Toulouse en Transition, Survie 31, Les Amis de la terre 31, le collectif Anti OGM 31, Sortir du nucléaire, Attac Toulouse, le Collectif Anti-Gaz de Schiste 31, l’atelier Vélo, le groupe local de Greenpeace Toulouse et l’Heureux Cyclage ont participé à ces deux journées.

Plusieurs associations nationales soutiennent et participent à la campagne Libérons l’Energie initiée par Greenpeace : Agir Pour l’Environnement, ATTAC, Colibris, Comité de Liaison Energies Renouvelables, Convergence Citoyenne pour la Transition Énergétique, France Libertés, Réseau Sortir du Nucléaire, Réseau Action Climat et Solar Génération notamment.

L’heure de la mobilisation a sonnée !
En France, l’élection présidentielle de 2012 est un rendez-vous à ne pas manquer. Le ou la futur(e) président(e) de la République aura la responsabilité d’engager sans délai le pays dans la voie de la Transition énergétique… Car nous devons sortir de l’impasse du nucléaire et des hydrocarbures : aujourd’hui, la politique énergétique française est prisonnière d’un modèle fermé, et passéiste.

L’énergie est prisonnière des quelques politiques et industriels qui la gouvernent. Elle est prisonnière de budgets absurdes, de recherche et de développement sans futur…
Les citoyens n’ont jamais eu accès au débat public sur l’énergie.

Mais l’énergie, c’est le quotidien des Français ! C’est une question d’égalité, de santé, d’emplois, de pouvoir d’achat, d’environnement…

Nous devons libérer notre voix citoyenne et nous mobiliser pour la transition énergétique en France !
Retrouvez toutes les dates et Suivez toute la campagne sur : http://www.liberons-energie.fr/

SOS Océans : le pillage des mers continue

Des militants de Greenpeace ont bloqué hier soir, pendant plus de 5 heures, un des plus importants bateaux de pêche européen, le Maartje Theadora, aux Pays Bas à son départ du port d’Ijmuiden. Ce bateau de 140 mètres de long peut transformer 200 tonnes de poissons chaque jour, et reste en mer des semaines. Le Maartje Theadora, véritable aspirateur des mers, illustre parfaitement le problème de la gestion actuelle de la pêche en Europe : la flotte, trop importante en nombre et suréquipée par rapport au nombre de poissons, est aujourd’hui capable de pêcher 2 à 3 fois le niveau qui serait supportable pour nos océans. Ces bateaux usines vont donc pêcher plus loin, hors des eaux européennes, pour traquer les derniers poissons.

© Jeroen Staats / Greenpeace

Ces 5 dernières années, le Maartje Theadora est ainsi régulièrement parti dans les eaux du Pacifique Sud, pêcher du chinchard, un petit poisson pélagique, denrée de base pour certains pays en développement, mais pêché par ces bateaux pour servir de nourriture dans l’aquaculture ou même pour les porcs. Le chinchard est aussi un élément central de l’alimentation des poissons, l’effondrement du stock cause de graves déséquilibres aux écosystèmes. Une association indépendante de journalistes d’investigation avait récemment exposé le problème dans un article du Monde. Le chinchard devenant très rare, le Maartje Theadora va chercher d’autres zones de pêche, et ira potentiellement piller les côtes africaines, causant de sérieux problèmes aux pêcheurs artisans locaux.

Ces pratiques industrielles doivent être régulées : Greenpeace demande aux Ministres européens de mettre en adéquation l’effort de pêche avec l’état des stocks de poissons. Le nombre de ces bateaux géants doit être impérativement réduit. La réforme de la Politique Commune des Pêches doit servir cet objectif en soutenant des pratiques de pêche plus sélectives, plus durables.

jeudi 26 janvier 2012

La France, son terroir, son nucléaire…

La France, c’est cette gastronomie légendaire, qui s’exporte dans le monde entier. Mais ce sont aussi ces 54 réacteurs nucléaires répartis sur l’ensemble du territoire…

Les produits du terroir, et plus généralement les productions agricoles françaises qui font la réputation de la France à l’étranger sont à la merci d’un accident nucléaire. En cas d’accident, c’est tout un pan de l’économie française, des filières d’excellence, fortement exportatrices, créatrices d’emplois locaux et non délocalisables qui serait sinistrées.
La catastrophe de Fukushima n’a pas fini d’avoir des conséquences désastreuses sur l’économie japonaise, ses exportations de produits issus de l’agriculture et sur l’image de marque des produits japonais (riz, lait, thé….).

C’est pourquoi Greenpeace a décidé de souhaiter une bonne année à la classe politique française, aux candidats à la Présidence de la République, Ministres, élus ou conseillers, en leur offrant un coffret “gastronomique” … contenant une bouteille de vin rouge “Tricastin 1980″, une terrine du “Blayais” et un camembert de “Flamanville”. Coffret remis (autant que faire se peut) en main propres aux heureux élus, pour leur rappeler, qu’on exporte plus de vin et de camemberts que de centrales nucléaires !

vidéo de remise du coffret aux “ténors” du PS à l’occasion du meeting de François Hollande au Bourget, le 22 janvier 2012


Remise du coffret gastronomique – PS – meeting… par gpfrance

En France, le nucléaire fait peser une menace sur 63 millions de personnes, mais aussi sur l’ensemble de nos régions, de nos terroirs, de notre patrimoine. Le Président Sarkozy déclarait en novembre lors d’un discours que selon lui, “le nucléaire (…) c’est la France”, Greenpeace lui répond que cette France du nucléaire n’est pas compatible avec la France des terroirs. Entre les deux il faut choisir !

En 2012, c’est le moment ou jamais d’engager la transition énergétique ! Et elle passe par l’abandon du nucléaire !

mardi 24 janvier 2012

La justice est elle une arme de dissuasion massive ?

Ce sont des réquisitions sévères qui ont été prononcées à l’encontre des deux militants qui comparaissaient aujourd’hui à Privas, et des neuf autres activistes, dont le procès s’est tenu le 20 janvier, à Troyes.

Photo : Nicolas Chauveau / Greenpeace

Manifestement, le ministère public a choisi de serrer la vis : la prison avec sursis devient le minimum requis, alors qu’il y a quelques années, pour des faits similaires, les militants écopaient d’amendes… La justice semble aujourd’hui vouloir dissuader la mobilisation, et criminaliser les lanceurs d’alerte.

Les deux militants, qui comparaissaient aujourd’hui à Privas, étaient restés sans être repérés plus de 14 heures dans la centrale de Cruas. Ils encourent les mêmes peines que les neuf activistes qui avaient pénétré dans la centrale de Nogent-sur-Seine et étaient jugés à Troyes le 20 janvier :

- quatre à six mois de prison avec sursis,
- amendes allant de 1 000 à 1 500 euros chacun,
- deux ans de mise à l’épreuve, avec interdiction de s’approcher à moins de 2 km d’une centrale nucléaire pour les neuf militants de Nogent-sur-Seine,
- 1 000 euros d’amende supplémentaire pour ceux qui ont refusé le prélèvement de leur ADN durant la garde à vue.

Le jugement est attendu pour le 21 février pour les “neuf de Nogent”, et le 28 février pour les “deux de Cruas”.

En France, le débat sur le nucléaire est jusqu’à maintenant confisqué par un État, des élites politiques et des responsables industriels obsédés par le nucléaire.

Pour susciter le débat et révéler des vérités cachées, les militants de Greenpeace mettent en œuvre des actions de confrontation non-violentes qui sont légitimes, même si elles sont illégales. Les citoyens qui les mènent assument les conséquences juridiques de leurs actes, mais doivent bénéficier d’un traitement particulier : ils ne sont pas des délinquants, ils servent l’intérêt général.

Un soutien sans faille aux militants : ce sont plus de 300 personnes qui se sont rassemblées devant les tribunaux et plus de 8 000 messages de soutien qui ont été publiés en ligne pour dire tout simplement MERCI ! à ces 11 porte-paroles.

vendredi 20 janvier 2012

Nucléaire : jugés pour avoir dévoilé la vérité

Ce matin, les 9 militants de Greenpeace (6 femmes et 3 hommes âgés de 22 à 60 ans) qui avaient réussi le 5 Décembre dernier, à monter sur le dôme d’un des deux réacteurs de la centrale de Nogent sur Seine comparaissaient devant le tribunal de Troyes.

Photo : Nicolas Chauveau / Greenpeace

Le 5 décembre, en à peine 15 minutes, ils ont franchi trois enceintes et réussi à atteindre l’un des réacteurs. Suite à cette action, ils ont été mis en examen pour violation de domicile et dégradation grave en réunion d’un bien d’utilité publique et, pour certains, refus de prélèvement d’ADN.

Le procureur a requis de quatre à six mois de prison avec sursis à leur encontre. Il a, en outre, demandé une peine d’amende de 1.000 à 1.500 euros pour chacun des prévenus, poursuivis pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion. Ils encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. La décision a été mise en délibéré jusqu’au 21 février à 14 h.

Des militants qui n’étaient pas seuls !

Devant le palais de justice, la mobilisation était bien présente : une cinquantaine de personnes étaient venues soutenir Alice, Philippe, Vivien et les autres. Une bannière a été déployée sur les grilles du tribunal, pour leur dire MERCI. Cette bannière comportait également les messages de soutien laissés sur le site par plus de 7 000 internautes.

Les deux militants qui s’étaient introduits à la centrale de Cruas, en Ardèche, doivent quant à eux comparaître le mardi 24 janvier devant le tribunal correctionnel de Privas.

mardi 17 janvier 2012

“Désolé, vous n’êtes pas autorisé à lire ceci”… Quand la censure d’Internet menace l’activisme

Stop Online Piracy Act” et “Protect IP Act”… Deux expressions qui ne vous disent peut-être rien mais qui risquent de changer beaucoup de choses. Ce sont deux projets de lois américains, qui visent à lutter contre le téléchargement illégal en censurant le web et seront discutés à partir du 19 janvier au Congrès américain.

Image / Stop SOPA http://sociable.co/

Motivés et soutenus par les industries musicale et cinématographique aux États-Unis pour tenter de stopper le piratage, ces projets de loi sont conçus pour permettre aux ayants droits de prendre une grande variété d’actions contre des sites qui portent atteinte à leurs droits d’auteur.

Mais le spectre couvert par ces textes est extrêmement large et laisserait la possibilité à une entreprise de paralyser de manière efficace n’importe quel site internet dans le monde pour une violation aussi infime que la reproduction de son logo sans autorisation. Et le comble, c’est que ce dispositif légal peut être activé par un simple dépôt de plainte de l’entreprise contre le site. Pas de jugement, pas de demande de preuve, pas d’audience du tribunal.

La liberté d’expression menacée, la liberté d’agir et de se mobiliser également!

Pour une organisation comme Greenpeace, la menace est évidente : la majorité de activités de protestation en ligne contreviendraient à cette loi. Nestlé, Volkswagen ou Mattel auraient ainsi pu prendre des mesures contre nous ces 12 derniers mois. Et arrêter net nos campagnes.

Ces pourquoi nous avons décidé de rejoindre l’appel à mobilisation lancé par Jimmy Wales, fondateur de Wikipedia. La version anglaise de Wikipedia sera placée hors ligne pendant 24 heures à compter de mercredi, tout comme d’autres sites, comme Reddit par exemple.

Greenpeace International, Greenpeace États-Unis, Greenpeace France et d’autres bureaux de Greenpeace à travers le monde ont décidé de rejoindre ce mouvement. Mercredi 18 janvier de 14h à 7h, le lendemain matin , le site greenpeace.fr sera donc déconnecté, ou “en blackout” pour qu’Internet reste un espace libre d’expression et de mobilisation!

jeudi 12 janvier 2012

Nucléaire : Merci !

Le 5 décembre 2011, onze militants Greenpeace se sont introduits sur les sites nucléaires de Nogent-sur-Seine et du Cruas démontrant ainsi les terribles lacunes de la sécurité nucléaire en France. Les “9 de Nogent” seront jugés le 20 janvier au tribunal de Troyes (Aube), et les “2 de Cruas”, le 24 janvier à Privas (Ardèche).

Parmi les neuf activistes qui sont entrés dans la centrale de Nogent, six femmes et trois hommes, âgés de 22 à 60 ans. Le 5 décembre, en à peine 15 minutes, ils ont franchi trois enceintes et réussi à atteindre l’un des réacteurs. Suite à cette action, ils ont été mis en examen pour violation de domicile et dégradation grave en réunion d’un bien d’utilité publique et, pour certains, refus de prélèvement d’ADN. Ils risquent chacun jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende, et sont soumis, jusqu’à leur procès, à des mesures de contrôle judiciaire.

Le même jour, deux militants sont, eux, restés plus de quatorze heures, présents à l’intérieur du périmètre sécurisé de la centrale de Cruas. Ils sont eux aussi poursuivis, et doivent se soumettre aux mêmes mesures de contrôles judiciaires, assorties d’une interdiction de sortie du territoire et d’une obligation de pointer deux fois par semaine dans un commissariat ou une gendarmerie proche de leur lieu de résidence.

Le 5 décembre, ces onze citoyens ordinaires ont pris la parole et ont choisi l’action, dans un débat sur le nucléaire qui reste verrouillé.

Car, en France, l’énergie est prisonnière des quelques politiques et industriels qui la gouvernent, elle ne bénéficie pas d’un débat public, elle est prisonnière de budgets absurdes, de recherche et de développement sans futur. Mais l’énergie, c’est le quotidien des Français. C’est une question d’égalité, de santé, d’emplois, de pouvoir d’achat. Les militants de Greenpeace se sont engagés pour le dire, haut et fort.

Ils ont été nos porte-parole en entrant sur ces sites nucléaires le 5 décembre. Aujourd’hui, et ils ont besoin de notre soutien, alors à nous tous, militants, adhérents, sympathisants ou citoyens de faire entendre notre voix !

Rejoignez-nous, rejoignez-les !

Nous avons besoin de vous, pour être présents nombreux devant les tribunaux de Troyes et de Privas, les 20 et 24 janvier. Les rendez-vous sont fixés, à 8h devant le tribunal de Troyes et à 12h30 devant le tribunal de Privas. Pour leur dire merci. Merci de s’être engagés, d’avoir dévoilé une vérité qui dérange.

À l’occasion de ces rassemblements, nous afficherons sur une grande banderole notre soutien, votre soutien.
Écrivez, ici, votre message, qui sera inscrit sur nos banderoles. Ajoutez votre voix !

Action : des fissures dans l’unité de VW ?

Volkswagen préfère ignorer nos demandes de rencontres et de réunions. Le groupe nous l’a encore signifié sur les réseaux sociaux, en ignorant tout simplement des milliers de commentaires d’internautes… (lire toute l’histoire en anglais sur le site de Greenpeace UK) Nous sommes donc allé leur rendre visite aujourd’hui, au Salon de l’Automobile de Bruxelles.

Ou plutôt, soyons précis, ce sont des dizaines d’ours polaires qui ont envahi le prestigieux AutoSalon 2012, pour protester contre l’impact qu’ont les constructeurs automobiles, et notamment Volkswagen, sur le climat, et tout particulièrement sur l’Arctique.

Les ours polaires se sont rassemblés autour de modèles de VW, dont beaucoup sont loin d’être aussi efficaces qu’ils pourraient l’être. Comme la UP! dans l’habitacle de laquelle un couple d’ours espiègle s’est installé. Pourtant, VW ne cesse de clamer qu’il est le constructeur automobile le plus respectueux de l’environnement.

VW Belgique contre le reste du groupe ?

L’action de ce matin a permis d’ouvrir une discussion intéressante avec les représentants de VW en Belgique.
Ces derniers ont échangé avec les représentants de Greenpeace présents lors de l’action, et ont fait des déclarations encourageants, (quoique étonnantes), confirmant qu’ils pensent que VW peut et doit produire des voitures aussi efficaces que possible, et que l’objectif de protection du climat envisagé par l’Union Européenne est justifié et bon (alors que VW a fait un lobby intense pour le combattre)

Cela signifie-t- il qu’une scission se forme au sein des bureaux de VW?

La terrible ironie de l’Arctique

Le lien entre constructeurs automobiles et la disparition des glaces dans le Grand Nord est limpide. Comme la consommation de pétrole augmente, nos émissions de carbone suivent la même courbe, accélérant le changement climatique …
La terrible ironie c’est que le recul des glaces en Arctique encourage les entreprises pétrolières à aller chercher le pétrole dans ces zones, entreprenant des forages de l’extrême !

Évidemment, nous aimerions rencontrer VW pour discuter de tout cela, mais la rencontre prévue entre notre équipe de campagne et Martin Winterkorn, président du conseil d’administration de VW, a été annulée. Non reportée – Ou annulée?
Les représentants belges de VW nous ont dit qu’ils demanderaient à M. Winterkorn de nous rencontrer …

Restons patients, nous bougeons pas : tant que VW ne nous aura pas annoncé de changement, des objectifs ambitieux, nous resterons là. Nous n’irons nulle part.

Retrouvez toute la campagne sur : http://vwdarkside.com/

Les épisodes précédents ici

Public Eye : trophées de la honte pour les entreprises !

Chaque année, la Déclaration de Berne et Greenpeace établissent une liste du “meilleur du pire”. Les entreprises les plus irresponsables de l’année sont choisies, afin de les dénoncer ouvertement, en prévision du Forum économique mondial de Davos.

Ces entreprises sont sélectionnées pour leurs mauvaises conditions de travail, pour leurs atteintes à l’environnement, pour leurs manque de transparence ou parce qu’elles n’assument pas leurs responsabilités sociales d’entreprise. Cette année deux prix seront remis le GLOBAL Award et le PEOPLE’s Award. Le premier sera décerné par un jury indépendant,alors que le second lauréat sera choisi par le vote des internautes du monde entier. Jusqu’au 26 janvier prochain à minuit, les internautes pourront désigner leur “favori” en se rendant sur le site de l’évènement.

Cette année, six candidats ont été sélectionnés par un jury indépendant, dans une liste de plus de 40 entreprises dénoncées par diverses ONG.

Les nominés sont :

  • Tepco pour sa “gestion” de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima et ses failles en matière de sécurité.
  • Syngenta, pour sa commercialisation du Paraquat, un herbicide toxique. Dans les pays du Sud, des milliers de personnes auraient été empoisonnées après avoir utilisé ce produit.
  • Vale, deuxième entreprise minière de la planète et plus gros producteur de minerai du monde. Son palmarès ? Violation des droits humains et surexploitation de la nature
  • La banque britannique Barclays, pour ses activités spéculatives en matière de produits alimentaires.
  • L’entreprise minière américaine Freeport McMoran pour les quelque 230’000 tonnes de déchets chargés de métaux lourds sont déversés dans la nature, à proximité de sa mine de Grasberg, en Indonésie.
  • Enfin, le groupe Samsung, pour l’utilisation de produits hautement toxiques dans ses usines.

A vous de voter !

mardi 10 janvier 2012

Ce week end à Nantes : Libérons l’Énergie !

Il est l’heure de la mobilisation ! A Nantes, ce week-end, un grand tour de France de la mobilisation pour la transition énergétique démarre ! Des évènements festifs et citoyens auront lieu pendant deux jours, pour parler énergie, et agir énergie !


Libérons l'énergie ! par gpfrance

Une conférence gesticulée sur les changements climatiques aura lieu le vendredi 13 janvier à 19h. Le lendemain, un rassemblement citoyen visuel et festif se tiendra place Royale à 12h avec la présence du groupe Tryo, soutien de la campagne Libérons l’énergie !. Pendant ces deux jours, des stands d’informations seront installés place du Commerce.

En France, l’élection présidentielle de 2012 est un rendez-vous à ne pas manquer. Le ou la futur(e) président(e) de la République aura la responsabilité d’engager sans délai le pays dans la voie de la Transition énergétique… Car nous devons sortir de l’impasse du nucléaire et des hydrocarbures : aujourd’hui, la politique énergétique française est prisonnière d’un modèle fermé, et passéiste.

L’énergie est prisonnière des quelques politiques et industriels qui la gouvernent, elle ne bénéficie pas d’un débat public, elle est prisonnière de budgets absurdes, de recherche et de développement sans futur…

Mais l’énergie, c’est le quotidien des Français ! C’est une question d’égalité, de santé, d’emplois, de pouvoir d’achat…
Nous devons libérer notre voix citoyenne et nous mobiliser pour la transition énergétique en France !

Libérons l’énergie ! se déplacera ensuite à Bordeaux les 20 et 21 janvier avec de la pièce de théâtre Avenir Radieux de Nicolas Lambert jouée le vendredi soir à la Rock School Barbey. Le lendemain, un rassemblement citoyen aura lieu place des Quinconces et des stands d’informations seront installés dans le centre de Bordeaux pendant les deux jours.

Les autres villes concernées par la campagne sont ensuite Toulouse, Montpellier, Marseille, Strasbourg, Lyon, Clermont-Ferrand, Lille, Rennes et Paris (11 villes au total). (voir l’agenda)

Libérons l’énergie !, c’est un appel citoyen à s’approprier le débat sur nos choix énergétiques et à exiger des candidats à l’élection présidentielle qu’ils se positionnent clairement en faveur de la transition énergétique. Tous, que nous soyons citoyens, membres d’associations, acteurs économiques, nous devons montrer notre attachement à des énergies propres et durables et à une consommation d’énergie sans gaspillage.

Cet appel veut, et doit être le plus large possible, c’est pourquoi des associations nationales comme France Libertés, Greenpeace, Colibri, Réseau Sortir du Nucléaire et Convergence Citoyenne pour la Transition Énergétique, et locales sont impliquées dans ce mouvement.

Car lorsque les gens se mobilisent en grand nombre, pacifiquement et dignement, il est très difficile pour les gouvernements de s’opposer éternellement au changement !

suivre toute la campagne sur : http://www.liberons-energie.fr/

vendredi 6 janvier 2012

Nucléaire : des sites pas tout à fait sûrs, des mesures pas tout à fait adaptées

Le 3 janvier dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire présentait au Premier ministre et rendait public ses conclusions concernant les évaluations complémentaires de sûreté réalisées par les exploitants (Areva, EDF, CEA), et aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant se rend sur le site de Chinon pour annoncer des mesures relatives à la sûreté.

Illustration de Xavier Gorce

Un périmètre d’étude restreint

L’ASN était chargée d’un audit de sécurité des 58 réacteurs nucléaires français commandé après la catastrophe de Fukushima au Japon, en mars 2011.

Pour rappel, le cahier des charges du travail de l’ASN fixé par le gouvernement, consistait à analyser la résistance des installations nucléaires françaises face à un séisme ou une inondation d’une importance supérieure à celle envisagée lors de leur conception. Mais ces facteurs naturels sont loin d’être les seuls risques menaçant les installations nucléaires. Intrusion humaine, chute d’avion, virus informatique : de nombreuses autres menaces rendent les sites nucléaires vulnérables.

Greenpeace l’a encore prouvé le 5 décembre dernier en parvenant à s’introduire et à rester plusieurs heures sur les sites de deux centrales
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L’ASN conclut que des travaux très onéreux sont nécessaires

L’ASN est formelle : sur le seul périmètre inondation / séisme pris en compte, plusieurs dizaines de milliards d’euros de travaux seront nécessaires pour que les installations nucléaires satisfassent ses exigences.

Ces travaux réclamés aujourd’hui par l’ASN impliqueront des investissements bien supérieurs à ce qu’EDF avait envisagé pour prolonger la durée de vie de son parc nucléaire. Les aménagements prescrits par l’ASN vont se traduire par “un investissement de dizaines de milliards d’euros” sur l’ensemble des installations, selon André-Claude Lacoste, son président. Inévitablement, ce coût devra être amorti et cela conduira à de nouvelles hausses des tarifs de l’électricité pour les ménages français, alors même qu’une hausse de 20 à 30 % est déjà attendue dans les années à venir.

Visite du ministre de l’Intérieur à Chinon : un cataplasme sur une jambe de bois

A la suite de l’intrusion de militants de Greenpeace dans des centrales, le Premier ministre a demandé un audit sur la sécurité des centrales aux ministres de tutelle de la filière.
Sans attendre les conclusions de cet audit, prévues d’ici le mois de mars, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant est aujourd’hui aux côtés d’Henri Proglio en visite à la centrale de Chinon, car comme il l’a déclaré au Parisien il a “souhaité mettre en route immédiatement des procédures pour améliorer les choses.

Ces mesures sont déjà connues : fourniture de caméras thermiques et de pistolets à impulsion électrique type Taser, et mise en place de nouvelles brigades cynophiles. Taser, qui, toujours selon l’interview du ministre de l’Intérieur seront spécifiquement destinés à UNE catégorie d’intrus : “les unités de gendarmerie seront par ailleurs toutes équipées de pistolets à impulsion électrique pour gérer les problèmes d’intrusion non terroriste sur un site nucléaire.”

Des mesures qui interviennent trop vite, trop tôt, purement évènementielles et communicationnelles… et déjà vues !

En 2007, suite à l’intrusion de Greenpeace dans la centrale de Belleville (Cher), le gouvernement de l’époque avait déjà pris de nouvelles mesures de sécurité dont la plus marquante reste la création d’une unité spécifique de gendarmes, le Peloton spécial de protection de la gendarmerie (PSPG), présente aujourd’hui sur toutes les centrales françaises. Les PSPG représentent au total 740 militaires.

Des mesures d’effet d’annonce… mais qui n’ont pas empêché les intrusions ultérieures.

Le gouvernement fait manifestement un choix, celui d’investir massivement dans une énergie dangereuse.
La France est en train de rater une opportunité industrielle et économique unique : la transition énergétique, créatrice de croissance et d’emplois. Et il appartiendra au prochain gouvernement de continuer dans cette voie sans issue, ou de saisir la chance qui s’offre à notre pays.

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jeudi 22 décembre 2011

Un pro nucléaire à votre réveillon ? Pas de panique …

On apprenait mardi dans un article publié par Mediapart qu’EDF demande à ses cadres de présenter, avant le 31 décembre, à tous les agents, pendant une heure, une note sous la forme d’un PowerPoint sur “quel débat sur le nucléaire après Fukushima?”. Mediapart raconte : un représentant de la direction et une personne du service de communication viennent devant chaque équipe “pour expliquer ce que nous devons dire à l’extérieur et dans nos familles“, raconte un agent, selon qui “on sert d’ambassadeurs du nucléaire. Ils attendent qu’on en fasse l’apologie“.

Illustration : Xavier Gorce

Alors si, pendant le repas de Noël, vous êtes assis à côté de l’un de ces ambassadeurs, pas de panique. Greenpeace vous propose un guide de survie à un dîner avec des pro-nucléaires.

Ce guide, pratique, recense les idées reçues et les clichés préférés du nucléaire.. Petit florilège : Garantie d’emploi, d’une électricité moins chère, d’une indépendance du pays, énergie décarbonnée… les vertus du nucléaire sont démystifiées dans ce petit livret, au format poche, conçu pour être transporté dans les dîners !

Couvrira-t-on la France d’éolienne ? Reviendra-t-on à la bougie ? Tous ces questions mystérieuses seront levées !

Guide de survie à un dîner avec des pro-nucléaires

Le guide est téléchargeable ici

Nous vous souhaitons, à toutes et tous, d’excellentes fêtes de fin d’année, et vous donnons rendez-vous pour une nouvelle année placée sous le signe du renouveau énergétique !

lundi 19 décembre 2011

Des nouvelles du Japon…

Neuf mois après la catastrophe naturelle, puis nucléaire qui a ébranlé l’archipel japonais, Greenpeace fait un point sur la situation.

Les Japonais ont choisi l'idéogramme Kizuna, qui signifie le lien, pour symboliser l'année 2011

De l’annonce de l’ “arrêt à froid des réacteurs” …

Le Gouvernement Japonais a indiqué le 16 décembre que la procédure d’arrêt à froid ( la température exercée à l’intérieur des cuves des réacteurs ne dépasse pas les 100°C ) des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi était complète.
Mais cette expression doit être employé avec précaution : dans une centrale au fonctionnement normal, l’arrêt à froid signifie que l’on peut intervenir dans les réacteurs pour une opération de maintenance. À Fukushima, n’oublions pas que les cœurs de trois réacteurs sont entrés en fusion et ont partiellement fondus. Le niveau de radiation reste donc exceptionnellement élevé. “Le gouvernement et Tepco utilisent l’expression ‘arrêt à froid’ dans un sens différent de l’acception habituellement employée pour un réacteur sain“, a ainsi précisé le vice-président de la Société japonaise de l’Énergie atomique, Takashi Sawada. “Je crois plus correct de dire que les réacteurs ont essentiellement atteint l’état de refroidissement stable
Dans un rapport rendu public le 30 novembre, Tepco explique que le combustible du réacteur 1 aurait entièrement fondu, percé la cuve et rongé une partie du béton de l’enceinte de confinement, sur 65 cm de profondeur. Le combustible fondu serait à 37 cm de la coque en acier. Mais ces analyses reposent sur des estimations et simulations informatiques. Impossible d’avoir des informations plus précises.

Diagrame/coupe d'un réacteur à eau bouillante (REB) DW = enceinte sèche. WW = enceinte humide SF = piscine de combustible usé. Source : Wikipedia

Aussi, alors que les autorités, ainsi que de nombreux médias, se sont félicités de la fin de l’accident nucléaire, la catastrophe n’est pas terminée : il faudra des décennies pour étudier de près les installations et des centaines d’années pour mesurer toutes les conséquences dans la région.

Au Japon, seulement 7 réacteurs nucléaires sur 54 sont encore en service. Le pays s’oriente peu à peu vers une sortie du nucléaire, en réalisant notamment un effort en termes de sobriété :cet été, la ville de Tokyo a consommé 15% d’énergie en moins. Les restaurants ont baissé la climatisation, les enseignes lumineuses ont été éteintes la nuit … chacun, professionnel, service public, ou citoyen fait des efforts.

Contamination : des études et des bilans loin d’être terminés …

Le rapport d’étape de la commission gouvernementale chargée d’enquêter sur la catastrophe, qui doit être publié le 26 décembre, indique que les réacteurs auraient été fortement endommagés par le séisme plutôt que par le tsunami.

Yukio Edano, ministre japonais de l’Industrie s’est dit mardi opposé au plan de TEPCO qui prévoyait de rejeter en mer de l’eau “faiblement radioactive” dans les prochains mois, faute de capacité de stockage. Des dizaines de milliers de tonnes d’eau ont été accumulées sur le site Fukushima Daiichi du fait des arrosages massifs effectués durant les semaines suivant l’accident provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars. Mais la communauté de pêcheurs s’est fortement mobilisée contre ce projet, craignant, à juste titre, les risques de contamination.

Dans le même temps, l’AIEA, (Agence Internationale de l’Energie Atomique) lance et coordonne une étude sur les conséquences des rejets dans le Pacifique, qui regroupe 24 pays. L’agence coordonera les mesures, et facilitera les échanges de résultats entre les pays concernés

Mardi 15 novembre 2011, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a publié un rapport sur la remise en état des grandes zones contaminées en dehors du site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Globalement, le rapport souligne les efforts de décontamination mis en œuvre par les Japonais et approuve la stratégie appliquée. Néanmoins, il juge que des progrès peuvent être réalisés et formule une série de recommandation.
Le rapport “souligne neuf domaines de progrès importants“. Parmi les points satisfaisants, l’AIEA met en avant l’action “très rapide”, la mise à disposition “des moyens légaux, économiques et techniques nécessaire“, l’engagement des personnes chargées d’appliquer le plan, la coordination entre les différents acteurs, l’effort de cartographie des zones contaminées ou encore l’évaluation des différentes techniques disponibles sur des sites tests.
En matière de déchets le rapport juge qu’ “il est important d’éviter de classer comme déchets radioactifs des matériaux qui n’entrainent pas une exposition nécessitant des mesures particulières de protection contre les radiations”. Les autorités sont donc encouragées à “revoir ce point afin d’établir des limites réalistes et crédibles” en accord avec les règles générales préconisées par l’AIEA. Quant aux résidus qui présentent des niveaux inférieurs à ces limites générales préconisées par l’AIEA, ils pourraient même “être recyclés et réutilisés de diverses façons, comme la constructions de structures, de berges et de routes“…

Dans de nombreuses régions autour de Fukushima les sols devront être décontaminés avant d’être de nouveau cultivés. Une carte diffusée par le ministère japonais des sciences montre que plus de 30 000 m2 du Japon, soit 8% de la totalité du pays, 13 préfectures concernées, ont été contaminés au Césium. Dans chaque km2 concerné, plus de 10 000 Bq/kg de Césium 134 et 137 ont été mesurés. Les autorités pensent que les quatre panaches principaux de radiation, retombée via les chutes de neige et de pluie ont contribué à la contamination de 13 des 18 préfectures testées. Le césium-137, contamine les sols pendant plusieurs décennies (sa demi-vie est de 30 ans).

carte : The Asahi Shimbun

Voir la carte interactive.

Un quotidien bouleversé pour les habitants…

La nourriture est également un vecteur de contamination. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons. Les dernières mesures effectuées montraient une teneur supérieure à la limite légale provisoire, fixée par le gouvernement à 500 becquerels/kg.

L’ACRO (L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) a, à la demande de citoyens japonais, analysé les poussières d’aspirateur de 13 habitations situées dans un rayon de 200 km autour de la centrale. A l’exception d’Osaka, prise comme référence car située à 600 km de la centrale, toutes ces poussières sont contaminées en césium 137 et 134 suite à la catastrophe de Fukushima. La contamination la plus importante (“presque” 20.000 becquerels par kilo) est enregistrée dans le district de Watari situé à une cinquantaine de kilomètres de la centrale, et où la vente de riz vient d’être interdite

Et pourtant, il est annoncé que les habitants des zones évacuées dans un rayon de 20km autour de la centrale pourraient être autorisés à rentrer chez eux dès le printemps!

A voir également : un reportage publié dans le n°772 de Sciences et Avenir:Ils ont tout perdu et savent qu’ils ne rentreront plus : entre le 20 mars et la fin avril, nos envoyés spéciaux au Japon ont parcouru la « zone rouge » et ses environs à la rencontre des habitants chassés de chez eux par la radioactivité de la centrale de Fukushima. Témoignages.

jeudi 15 décembre 2011

Facebook s’engage pour un avenir énergétique plus propre !

Presque deux ans après le lancement de la campagne mondiale, “unfriend coal” qui demandait à Facebook et à ses dirigeants d’alimenter ses data center grâce aux énergies propres plutôt qu’au charbon, le réseau social prend le virage d’un futur énergétique propre !

700 000 militants en ligne, des actions dans le monde entier, des rencontres… qui ont amené à une victoire !

Facebook a annoncé aujourd’hui qu’il s’engage à promouvoir les énergies renouvelables, encourager leur production, et élaborer des programmes permettant aux utilisateurs de Facebook d’économiser l’énergie. Voir la page dédiée Green on Facebook.

L’industrie informatique et logicielle est aujourd’hui en plein boom, économique mais aussi énergétique. Alimenter des fermes de serveurs constamment en expansion, mais aussi les refroidir sont particulièrement couteux du point de vue énergétique. Pour Greenpeace, ces entreprises innovantes, à la pointe de la technologie, se doivent donc d’innover aussi dans ce domaine !

Facebook annonce ainsi aujourd’hui une série de mesures clés : d’alimenter en énergie ses installations, et notamment ses data centers, en utilisant les énergies renouvelables. Le réseau social s’engage également à innover en matière énergétique, grâce à l‘Open Compute Project.

Ce projet vise à chercher de nouvelles solutions afin d’optimiser l’énergie utilisée sur les serveurs, tout en assurant un service constant et de qualité à ses utilisateurs. L’Open Compute Project se propose de partager ces connaissances et ce savoir-faire avec les autres acteurs du secteur informatique… Facebook annonce d’ores et déjà des chiffres encourageants : la solution est annoncée comme 38% plus efficace et 24% moins chère qu’un serveur “classique”. En lire plus sur l’Open Compute Project.

Ce mouvement du réseau social constitue une première, et surtout, un exemple à suivre pour le secteur informatique !

Greenpeace va s’impliquer dans ce projet Open Compute, pour accompagner sa mise en œuvre et évaluer les résultats, aux côtés de Facebook, pour contribuer à promouvoir un nouvel avenir énergétique et pousser les industries à basculer vers un modèle énergétique plus efficace, durable, renouvelable au moment où l’urgence climatique se fait pressante.

Facebook positionne la barre très haut, pour les autres entreprises du secteur technologique et du “cloud computing”, telle que Apple, IBM, Microsoft, ou encore Twitter.
À nous de leur faire passer le message !

VW ne souhaite pas discuter.

La pression semble monter chez le constructeur allemand. Martin Winterkorn, président du groupe Volkswagen, préfèrerait oublier les plus de 479 000 jedis ayant rejoint la Rébellion pour détourner la marque du côté obscur.

Cette campagne a été lancée il y a 5 mois.
Objectif : convaincre VW qu’en tant que leader, il a le devoir de changer. Malgré ses déclarations d’ouverture, de dialogue, Martin Winterkorn refuse toujours de s’assoir à notre table pour discuter avec nous.

Demandons à Martin Winterkorn pourquoi il a peur de discuter avec Greenpeace

La semaine dernière, Greenpeace s’est invité pendant quelques jours au siège du groupe VW, à Wolfsburg, en Allemagne, où nous avons organisé une petite formation express aux enjeux climatiques. Pétrole, automobile, climat… les salariés du plus gros contructeur automobile mondial représentaient un public important à former et à convaincre!

Mais Martin Winterkorn n’a pas apprécié, et a donc annulé sa réunion avec Greenpeace, prévue pourtant depuis quelques temps…

Greenpeace réitère donc : nous sommes prêts à rencontrer les représentants de VW, n’importe quand, n’importe où, pour discuter des ambitions affichées par le constructeur dans ses publicités : être un constructeur responsable !
Mais force est de constater que si VW ne change pas, poursuivant son lobbying et sa sape des lois de protection du climat, Greenpeace poursuivra sa campagne, aussi longtemps que nécessaire !

Demandons à Martin Winterkorn pourquoi il a peur de discuter avec Greenpeace – Envoyez lui un mail

lundi 12 décembre 2011

COP 17 à Durban : combien de dernières chances ?

Les chefs d’État et ministres participant à la conférence de l’ONU sur le climat à Durban en Afrique du Sud ont finalisé un texte d’accord tôt dans la matinée de dimanche. Plus de 190 pays étaient représentés pendant les 2 semaines de négociations, mails étaient beaucoup moins nombreux dimanche matin, tous n’ayant pas pu jouer les prolongations…

Deux ans après l’échec retentissant de Copenhague, et un an après l’accord en demi-teinte de Cancún, le sommet de Durban était celui de la dernière chance pour le protocole de Kyoto, qui prendra fin en décembre 2012. Ce protocole, aussi limité soit-il, est le seul accord international juridiquement contraignant en matière d’émissions de gaz à effet de serre. 141 pays l’ont signé en 1997 mais pas les États-Unis. A Durban, les pays en développement exigeaient de nouveaux engagements des pays industrialisés pour maintenir en vie le protocole de Kyoto dont la période initiale se termine fin 2012.

L’honneur est sauf. Le protocole est sauvé. Mais sans le Canada, le Japon et la Russie. Et avec des modalités qui restent à définir… en 2012.

En échange, l’Union européenne a obtenu la perspective d’un accord mondial, pour 2020, potentiellement contraignant… ou pas… Cet accord a minima est le résultat de la pression exercée par les principaux pollueurs, mené par les États-Unis. Ils refusent de s’engager seuls alors que des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil ont vu leur taux d’émission fortement augmenter. Ils bloquent dangereusement l’avancée des négociations…

Pourtant l’urgence n’a jamais été aussi forte. Les rapports se sont accumulés sur la table des négociateurs : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a rappelé qu’en 2010, la concentration atmosphérique des principaux gaz à effet de serre avait franchi de nouveaux records. Et le dernier rapport publié par GIEC prévoit une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes.
Le fossé entre la réalité de la crise climatique et l’inquiétude des citoyens, face à l’apathie des décideurs politiques se creuse.

Les pollueurs freineurs

Alors que la situation appelle des mesures urgentes, le dérèglement du climat est un sujet de moins en moins prioritaire dans l’agenda politique international. Dans un nouveau rapport, intitulé Qui nous empêche d’avancer ? (en anglais) Comment les entreprises les plus polluantes s’opposent à l’adoption de mesures concrètes pour protéger le climat, Greenpeace dénonce la passivité de plusieurs gouvernements-clés, États-Unis en tête, qui rechignent à mettre en place une politique climatique ambitieuse, au mépris de l’opinion publique.

Mais surtout, Greenpeace décrit comment une poignée de grandes entreprises parmi les plus polluantes (dont Eskom, BASF, ArcelorMittal, BHP Billiton, Shell et Koch Industries), ainsi que les groupes de pression dont elles sont membres, mènent une véritable croisade pour défendre leurs intérêts, sur tous les fronts : elles s’imposent dans les négociations internationales et torpillent les projets de loi sur le climat envisagés par certains États.  

Canada : le lâcheur

L’exemple du Canada est symptomatique des intérêts en jeu : pour le Canada, le protocole de “Kyoto appartient au passé”, a déclaré ce 7 décembre le ministre de l’Environnement canadien, Peter Kent, à la tribune de Durban. “Nous avons dit depuis longtemps que nous ne prendrions pas une deuxième période d’engagement dans le protocole de Kyoto. Nous ne bloquerons pas ni ne découragerons ceux qu’ils le font, mais pour le Canada, Kyoto appartient au passé”, a-t-il déclaré au cours d’une intervention.

Or le Canada est le principal réservoir de sable bitumineux, un pétrole qui émet jusqu’à 4 fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel. C’est le nouvel Eldorado des compagnies pétrolières. Or le Secrétariat des Nations Unies a rendu publique la liste des délégués accrédités à la conférence de Durban. Si on regarde de plus près, on retrouve un bon nombre de compagnies qui investissent au Canada : des représentants de TransCanada, Shell, BP, Chevron, Total, ENI, ExxonMobil et de CAPP. Toutes ces entreprises ont des intérêts financiers importants dans les domaines du pétrole, du gaz naturel et autres industries pétrochimiques. Triste ironie de l’histoire… c’est la même semaine que le Canada a jugé bon d’approuver le projet de Total d’exploitation des sables bitumineux dans la province de l’Alberta.

Et l’Europe ?

En 2009, l’UE s’était laissée mettre à l’écart par les autres grands pays, laissant la main à ceux qui se satisfont de l’absence d’engagements contraignant (au premier rang desquels figurent les États-Unis et la Chine).
A Durban, l’Union européenne se trouvait face à un choix : être le leader des pays défenseurs du protocole de Kyoto, ou s’incliner face aux pays freineurs… ECO, le bulletin émis quotidiennement par les ONG, avait diffusé la semaine dernière un article sur le leadership européen dont nous aurions besoin, et qui rappelait la Commission Européenne à ses devoirs;

Recul sur les forêts

Les négociations sur la protection des forêts (20% des émissions au niveau mondial) ont marqué un net recul. Le mécanisme de Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD) est gravement menacé par l’appétit des marchés Carbone. Greenpeace reste convaincue qu’un mécanisme de financement international pour la préservation des forêts et nécessaire, mais qu’il ne doit pas servir d’échappatoire aux industries les plus polluantes ni se faire au détriment des populations locales. Un an après les engagements ambitieux de Cancun ( = “réduire, stopper, puis inverser la déforestation”), les conclusions de Durban sont lourdes de menace pour le climat, les forêts et leurs populations.

Résultat des courses : le Protocole de Kyoto se poursuivra, mais dans des conditions qui restent à définir. Un fonds Vert est créé pour soutenir les pays en développement, mais il reste une coquille vide. Les États ont fini après moults débats par s’accorder sur la personnalité juridique du Fonds Vert, mais aucun mécanisme de financement n’est mis en place pour alimenter ce Fonds. Enfin le principe d’un accord mondial est acté, mais pour n’entrer en vigueur qu’en 2020, et sans assurance qu’il soit contraignant.

Nous craignions justement que les dirigeants acceptent une date (2020) qui arrangerait davantage les États-Unis. Et ferait perdre 10 ans à la lutte mondiale contre la crise climatique.
C’est le cas.
Les scientifiques sont pourtant clairs : c’est avant 2015 que nous devons inverser la courbe des émissions mondiales de GES. La fenêtre de tir se réduit d’année en année. Pour véritablement progresser, il faut que l’Europe, tout comme la Chine, l’Inde et les pays d’Afrique prennent leurs distances par rapport aux États-Unis et décident d’avancer ensemble.

mercredi 7 décembre 2011

Nucléaire : après l’action …

Ce 5 décembre, Greenpeace a voulu dénoncer les manquements de la sécurité des sites nucléaires français. Des militants se sont introduits sur plusieurs sites nucléaires, notamment à Nogent sur Seine et Cruas, où ils ont pu rester cachés plusieurs heures. Cette présence non-violente au cœur même des installations nucléaires françaises a prouvé leur extrême vulnérabilité.

Coucou ! depuis l'intérieur de la centrale de Nogent

revoir / relire le déroulé de la journée du 5 décembre.

Greenpeace a joué son rôle de lanceur d’alerte pour informer les Français sur les lacunes de l’audit commandité par le gouvernement.

La réalisation de l’audit commandité par le gouvernement Français a été confiée aux exploitants nucléaires eux-mêmes, (CEA, Areva et EDF) et celui-ci sera analysé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire d’ici la fin de l’année. Cet audit, réalisé intégralement au sein du consortium nucléaire français, se borne à étudier les problèmes liés à des événements naturel (séismes, inondations…). Risque terroriste, chute d’avion, virus informatique : aucun risque d’agression externe d’origine “non-naturelle” n’est pris en compte.
Le risque d’intrusion humaine ne constitue qu’une des nombreuses lacunes de cet audit. Si le gouvernement continue à négliger la sécurité des Français, Greenpeace rappellera de nouveau les dirigeants politiques à leurs responsabilités.

Greenpeace demande donc au gouvernement d’élargir le périmètre de l’audit des installations nucléaires françaises en intégrant l’ensemble des risques. Nous avons donc adressé un courrier à François Fillon.

Et les activistes ?

Parmi les neuf activistes de Greenpeace qui se sont introduits dans la centrale de Nogent, six femmes et trois hommes, âgés de 22 à 60 ans. Ils ont franchi successivement trois enceintes de sécurité en 15 minutes pour atteindre l’un des réacteurs. Ces citoyens ordinaires ont choisi de s’engager individuellement par des méthodes d’action non violentes afin de démontrer que le nucléaire sûr n’existe pas.

Le juge des Libertés du tribunal de grande instance de Troyes a confirmé la mise sous contrôle judiciaire des 9 activistes de Greenpeace qui se sont introduits à l’intérieur de la centrale de Nogent-sur-Seine. Les militants ont l’interdiction de se parler entre eux et de s’approcher d’une centrale nucléaire à moins d’un kilomètre. Le contrôle judiciaire s’étend jusqu’au 20 janvier 2012, date de l’audience. Ils sont mis en examen pour violation de domicile et dégradation en réunion et risquent chacun jusqu’à trois ans de prison ferme et 7 500 euros d’amende. Pour les militants présents à Cruas, le procès aura lieu le 24 janvier, avec les mêmes mesures de contrôles judiciaires, assortis d’une obligation de pointer deux fois par semaine dans un commissariat ou une gendarmerie proche de leur lieu de résidence, ainsi qu’une interdiction de sortie du territoire.

lundi 5 décembre 2011

Nucléaire : au coeur du réacteur – liveblog

Ce 5 décembre à l’aube, des militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) à 95 kilomètres au sud-est de Paris pour porter un message: “Le nucléaire sûr n’existe pas”. Les militants sont parvenus à monter sur le dôme d’un des deux réacteurs et sont en train de peindre le signe danger sur celui-ci.

Coucou ! depuis l'intérieur de la centrale de Nogent

Cette action montre à quelle point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables : de simples militants, aux intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire ! Pourquoi ? Comment ? Car les dispositifs de sécurité existants sont insuffisants !

Ce billet va évoluer tout au long de la journée au fil des informations reçues du terrain, pour vous faire vivre cette action.
Restez connectés !

10h45 : Certains médias relaient des intrusions sur d’autres sites nucléaires, nous ne donnons pour l’instant pas de précision sur le nombre de militants présents sur les installations nucléaires ni les noms des sites concernés. Areva, EDF, les forces de l’ordre sont les mieux placés pour dire où les militants ont été repérés !

10h30 : la gendarmerie a annoncé aux médias que sept militants avaient été interpellés sur le site de Nogent sur Seine.

Nucléaire : des militants s’introduisent dans un réacteur à la centrale de Nogent-sur-Seine

Ce matin à l’aube, des militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) à 95 kilomètres au sud-est de Paris pour porter un message: “Le nucléaire sûr n’existe pas”.


Agrandir le plan

Cette action montre à quelle point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables : de simples militants, aux intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire ! Pourquoi ? Comment ? Car les dispositifs de sécurité existants sont insuffisants !
Et pourtant … L’audit des installations nucléaires commandité par le gouvernement après la catastrophe de Fukushima ne prend pas en compte le risque d’intrusion humaine…

C’est pourquoi Greenpeace demande au gouvernement d’élargir le périmètre de l’audit des installations nucléaires françaises en y intégrant l’ensemble des risques.

Un audit lacunaire !

La réalisation de l’audit commandité par le gouvernement Français a été confiée aux exploitants nucléaires eux-mêmes, (CEA, Areva et EDF) et celui-ci sera analysé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire d’ici la fin de l’année. Cet audit, réalisé intégralement au sein du consortium nucléaire français, se borne à étudier les problèmes liés à des événements naturel (séismes, inondations…). Risque terroriste, chute d’avion, virus informatique : aucun risque d’agression externe d’origine “non-naturelle” n’est pris en compte.

Dans un rapport commandé par Greenpeace et à paraître en janvier Arjun Makhijani, expert indien indépendant, président de l’institut de recherche sur l’énergie et l’environnement du Maryland (États-Unis) analyse ainsi l’audit nucléaire français : “Du point de vue des causes et du déroulement de l’accident, il n’est pas pertinent de limiter l’analyse des événements initiateurs aux seuls phénomènes naturels (séisme et inondation). Les risques d’origine humaine auraient dû, dans une démarche de révision globale de la sûreté, être intégrés dans cette analyse. Ceci concerne, a minima, les causes accidentelles, et devrait même inclure les actes de malveillance.

Des dispositifs de sécurité impressionnants… sur le papier !

Le gouvernement, en charge de la sécurité des sites nucléaires, se targue d’avoir des plans à toutes épreuves pour sécuriser le parc atomique français, telle que l’intervention d’avions de chasse en maximum 15 minutes sur tous les sites nucléaire, la présence continue d’un peloton spécial de Gendarmerie sur chacun des sites, des dispositifs de radar aérien de détections au dessus de certaines installations, une double clôture électrifiée et vidéo surveillance autour de chacun des sites, un espace aérien interdit au dessus des sites ou encore un accès soumis à “autorisation spéciale” …

Mais malgré ces mesures “exceptionnelles” et dignes des meilleurs films d’action, les militants de Greenpeace montrent aujourd’hui que les installations nucléaires françaises sont très fragiles. C’est probablement pour ça que les risques externes non-naturels ne sont pas pris en compte dans l’audit. Si c’était le cas, aucune installation ne pourrait être déclarée sûre!



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