Ecoblogie

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jeudi 29 juillet 2010

Déforestation en Indonésie : les fausses promesses de Sinar Mas

Malgré sa promesse, le premier producteur d’huile de palme en Indonésie a choisi de poursuivre la destruction des forêts tropicales et des tourbières profondes sur l’île de Bornéo. Sinar Mas, via sa filiale Smart (spécialisée dans l’huile de palme), a continué à déboiser des forêts à haute valeur de conservation en dépit de son engagement d’y mettre fin au 1er juillet.

Greeenpeace publie des photos aériennes, preuves évidentes de la poursuite de l’entreprises de destruction, par Sinar Mas, de forêts primaires, sanctuaires de la biodiversité.
Un nouveau rapport sur la situation est disponible ici (en anglais)

Sinar Mas veut aller encore plus loin

Les ambitions de Sinar Mas concernent l’expansion de son empire de l’huile de palme et de la pâte à papier sur des millions d’hectares supplémentaires en Indonésie, y compris au sein de vastes massifs forestiers et de tourbières de la province de Papouasie (partie occidentale de l’île de Nouvelle-Guinée). Ces projets de développement sont mis en avant dans des documents confidentiels de Sinar Mas que Greenpeace s’est procurés.

Sinar Mas prétend ne pas développer ses activités sur les tourbières et protéger les forêts « Ã  haute valeur de conservation ». Depuis un premier rapport paru en 2007, les recherches menées par Greenpeace ces dernières années ont montré à plusieurs reprises que les pratiques du groupe entraînaient la destruction de zones de forêts de tourbières, notamment des zones d’habitat de tigres et d’orangs-outans.

Les nouveaux éléments publiés aujourd’hui par Greenpeace mettent en évidence les activités destructrices de Sinar Mas sur deux de ses concessions situées sur l’île de Bornéo (PT Agrolestari Mandiri et PT Bangun Nusa Mandiri, district de Ketapang, Kalimantan occidental).

Dans le premier cas, un document confidentiel de Sinar Mas révèle que près d’un tiers de la concession est constitué de tourbières, et que la plupart de ces tourbières ont une profondeur supérieure à trois mètres. Or conformément à la loi indonésienne, il est interdit de déboiser des tourbières aussi profondes.
Sur les photographies prises par Greenpeace, on peut voir des agents de la compagnie en train de détruire une zone de tourbières. Dans le second cas, les photographies de Greenpeace montrent le déboisement récent de zones forestières qui, comme l’affirme une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), servent d’habitat aux orangs-outans.

Dans le deux cas, les clichés ont été pris par un photographe de Greenpeace, accompagné de journalistes issus d’agences de presse reconnues : Reuters, AFP et Kompas.

Sinar Mas doit s’engager de manière transparente et changer de cap

A l’aune de ces dernières révélations, Greenpeace demande à Sinar Mas d’assumer ses actes et de publier la carte de l’ensemble de ses possessions foncières, afin d’analyser quelles sont les zones particulièrement importantes pour la préservation du climat et de la biodiversité – et de savoir ce que fait exactement Sinar Mas sur ces zones…

Sinar Mas a été pris la main dans le sac, en train de détruire des forêts tropicales d’une valeur inestimable, et de fouler aux pieds les maigres promesses qu’il avait faites, lorsqu’il s’était engagé à changer d’attitude. Si nous voulons que les forêts indonésiennes puissent subsister, les activités de groupe Sinar Mas doivent être maîtrisées.

Ces preuves accablantes sont publiées le jour même où le groupe Sinar Mas devait rendre public un audit (qu’il a commissionné lui-même) sur ses activités dans quelques unes de ses concessions de palmiers à huile.
L’objectif de l’audit n’est pas d’évaluer les pratiques du groupe à travers l’ensemble de ses activités, mais plutôt d’examiner les accusations portées par Greenpeace au cours de ces dernières années. Le cabinet de relations publiques Bell Pottinger, chargé de la communication du groupe, a été contraint d’annoncer cette semaine le report de la publication des résultats de l’audit. Notons que ce cabinet représente également les intérêts du pétrolier Trafigura, condamné la semaine dernière pour transporté illégalement des déchets toxiques en Afrique.

Au cours des derniers mois, plusieurs multinationales de premier plan – notamment Unilever, Kraft et Nestlé – ont réagi suite aux preuves apportées par Greenpeace en mettant fin à leurs contrats avec Sinar Mas. Toutefois, Greenpeace appelle d’autres groupes, et notamment le géant du négoce Cargill, à agir rapidement pour que la destruction de l’huile de palme ne fasse plus partie de leur processus d’approvisionnement.

Nos documents sur le sujet :

La palme du réchauffement, synthèse en français du rapport intitulé Cooking the Climate, novembre 2007
La face cache de Sinar Mas – Greenpeace dénonce le double jeu du géant industriel de l’huile de palme, membre de la RSPO et acteur de la déforestation illégale, décembre 2009
Rapport Pulping the planet (en anglais), Juillet 2010
Synthèse du rapport Pulping the planet en français

mercredi 28 juillet 2010

Pomme de terre Amflora, maïs: refusons les « OGM automatiques »!

Aujourd’hui, le Haut Conseil sur les Biotechnologies (HCB) vient de rendre son avis sur la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora de BASF, suite à une saisine du ministère de l’Agriculture datant du mois de mars, quelques jours après l’autorisation du produit par la Commission européenne.

Des doutes sur les tests et leurs résultats …

La pomme de terre génétiquement modifiée Amflora a été mise au point pour fabriquer du papier, de la colle ou des adhésifs. Toutefois, « les co-produits de la transformation industrielle de l’amidon (pulpes) pourraient être utilisés dans l’alimentation animale« , relève le Haut Conseil des Biotechnologies dans son avis, une situation rendant nécessaire l’évaluation des risque en cas de consommation indirecte du féculent (voire directe car l’autorisation européenne permet des traces de cette pomme de terre à hauteur de 0,9 % dans l’alimentation humaine.)

Dans cet avis, le HCB estime donc que d’après les résultats des tests fournis (par la firme BASF elle même ndlr) aucun risque majeur lié à la consommation d’Amflora ne peut être identifié. Mais, dans ce même rapport, le HCB s’interroge sur la fiabilité de ces tests, le Conseil Scientifique stipulant qu’il :  » note que les analyses statistiques contenues dans le dossier ne permettent pas de certifier que le risque d’un effet biologiquement significatif puisse être détecté« ! Le Haut Comité se prononce donc sur la base de résultats auxquels il n’accorde pas une pleine confiance …

Le doute est non seulement permis, mais nécessaire : la principale caractéristique d’Amflora est d’être génétiquement modifiée pour intégrer le gène nptII, gène de résistance à un antibiotique.
Le risque est donc bel et bien là : alors que l’État français mène de larges campagnes de santé publique pour appeler la population à modérer sa consommation d’antibiotiques, il l’intègre dans des cultures en plein champs ! Le Pr. Courvalin lui même, chef de l’unité des agents anti-bactériens de l’Institut Pasteur, estime que: « l’autorisation d’Amflora constitue un message calamiteux dans le cadre de la lutte contre les résistances aux antibiotiques » (Source COURVALIN P. « Plantes transgéniques et antibiotiques », La Recherche n° 309, mai 1998, page 38.).

A l’heure des autorisations de produits OGM, la France doit se rappeler, que « les antibiotiques, c’est pas automatique » !

Pourquoi prendre des risques … qui n’avantagent même pas la filière?

Concernant l’intérêt économique de cette pomme de terre OGM, le HCB (et notamment le CEES – Comité économique, éthique et social) note dans sa recommandation que « dans la situation actuelle, la pomme de terre Amflora, dont les débouchés sont en tout premier lieu papetiers, ne constituera pas une réponse aux difficultés économiques traversées par la filière féculière » et même que « ni la filière féculière ni l’industrie papetière, qui paraissent se satisfaire des amidons actuellement disponibles, n’envisagent d’utiliser Amflora« .

La question est posée : la France va-t-elle autoriser la production d’un produit OGM dont l’innocuité n’est pas prouvée, pour une filière qui n’en veut pas ?

Agir pour exiger la transparence !

Alors que la Commission européenne a autorisé aujourd’hui même la commercialisation dans l’UE de six maïs génétiquement modifiés utilisés pour l’alimentation humaine et animale, il est temps que les citoyens se mobilisent et s’expriment sur le sujet !

La gouvernance européenne permet de déposer une demande officielle auprès de la Commission, pour peu qu’elle soit soutenue par un minimum de 1 million de citoyens européens. Aujourd’hui, Greenpeace reste mobilisée : rassemblons un million de voix pour obtenir une interdiction des cultures OGM tant que la recherche n’a pas abouti !

Nos documents sur le sujet OGM

mardi 27 juillet 2010

Marées noires : pour sortir du pétrole, Greenpeace agit et ferme 50 stations services à Londres

Alors que BP annonçait ce matin une perte de 13 milliards d’euros sur les trois derniers mois et le remplacement du PDG Tony Hayward par Robert Dudley , Greenpeace est passé à l’action, coupant l’approvisionnement en pétrole de 46 stations BP dans le centre de Londres, pour exiger de la société qu’elle aille effectivement, comme elle l’affirme dans son slogan, au-delà du pétrole.

Les stations BP fermées pour aller au-delà du pétrole

Ce matin, les militants de Greenpeace ont coupé l’alimentation en pétrole de près de 50 stations BP dans le centre de Londres (voir la carte des stations et le direct de l’action sur Twitter). Sur l’une de ces stations, le logo de l’entreprise a été remplacé par son emblème, une fleur stylisée verte, se couchant dans un océan de pétrole.

Greenpeace s’adresse ainsi au nouveau PDG, Robert Dudley (jusqu’ici chargé des opérations de dépollution), pour qu’il oriente enfin, dans les faits, la stratégie de BP (« Beyond Petroleum ») vers l’après-pétrole.

Rappelons qu’au large de la Louisiane,11 travailleurs ont été tués, 700 millions de litres de pétrole se seraient déversés, 6,5 millions de dispersants hautement toxiques ont été répandus dans l’océan. Le Golfe du Mexique, ses habitants, sa faune et sa flore paient un tribut bien plus lourd que BP à la marée noire. S’il est encore tôt pour mesurer avec exactitude l’ampleur des conséquences, on sait déjà que celles ci auront un impact à long terme, et Greenpeace a dépéché sur place son bâteau, l‘Arctic Sunrise, afin d’effectuer des mesures et analyses précises de l’ampleur de la catastrophe.

Tirer les leçons de l’irresponsabilité des pétroliers

Cela fait plus de trois mois que la plateforme Deepwater Horizon détruit l’environnement, et si la fuite paraît, pour le moment, stoppée grâce à une solution provisoire, le problème n’est toujours pas réglé.

Cette marée noire devrait servir d’avertissement, pour pousser les industriels et les pouvoirs publics à repenser une politique énergétique d’avenir. Or, aucune orientation décisive en matière de production énergétique n’est prise. On parle de renforcer les règles de sécurité sur les plateformes, mais c’est insuffisant : tous les acteurs admettent que le risque zéro n’existe pas.

Les pétroliers, à la poursuite de cette ressource de plus en plus rare, vont chercher l’or noir toujours plus profond, plus cher, et prennent toujours plus de risques pour l’extraire.
Les grandes compagnies du pétrole investissent ainsi massivement dans les sables bitumineux du Canada, s’engagent dans des projets de forages très profonds en mer, par exemple dans le Golfe de Guinée… Elles ont toutes les yeux rivés sur l’Arctique, qui contiendrait 13 % des réserves mondiales de pétrole non exploitées. Les pétroliers se voilent la face, ils iront pomper l’or noir jusqu’à la dernière goutte, sans penser au lendemain. 

Une seule solution : sortir du pétrole

Selon les scientifiques et notamment le Potsdam Institute for Climate Impact Research, pour arriver à contenir la hausse des températures en dessous des deux degrés, nous devons utiliser moins d’un quart des réserves fossiles prouvées d’ici à 2050.
Sortir des énergies fossiles et polluantes est une question de vision stratégique de long terme : l’évolution vers les énergies vertes est inévitable. Anticiper cette évolution serait faire preuve d’une réelle vision stratégique. Et il ne s’agit pas uniquement de défendre la cause environnementale et climatique, il est aussi question d’intérêts financiers.

Greenpeace demande l’arrêt immédiat des projets pétroliers non-conventionnels à hauts risques : off-shore profond, sables bitumineux, et forage sous l’Arctique. Les gouvernements doivent eux aussi prendre part à la nécessaire révolution énergétique, en favorisant le développement des énergies vertes, et en arrêtant les subventions à l’extraction des énergies fossiles. 

En savoir plus :
Le rapport [R]évolution énergétique
Sur le pétrole non conventionel : les sables bitumineux

vendredi 23 juillet 2010

Condamnation de Trafigura pour exportation de déchets toxiques : un premier pas vers la justice

Ce 23 juillet, le géant du négoce pétrolier Trafigura a été condamné par un tribunal néerlandais pour avoir exporté illégalement des déchets toxiques du port d’Amsterdam en Côte d’Ivoire.
La multinationale Trafigura a également été reconnue coupable d’avoir dissimulé la nature toxique des déchets lors de leur livraison pour traitement à l’entreprise APS. Trafigura a écopé de l’amende maximale de 1 million d’euros, le juge ayant affirmé que cette exportation relevait des « délits les plus graves« .

Le capitaine du Probo Koala, le navire qui a transporté les déchets en Côte d’Ivoire, a été condamné à une peine de prison avec sursis de cinq mois. Un employé de Trafigura a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une amende de 25 000 euros. Les autorités de la ville d’Amsterdam, la société de traitement APS et son ancien directeur ont quant à eux été innocentés.

Un premier pas vers la justice

Greenpeace, qui avait initié une procédure en justice contre Trafigura en 2006 via son bureau hollandais, se félicite qu’un jugement sévère vienne enfin sanctionner la conduite répréhensible de la multinationale, mais relève que l’amende d’un million d’euros, si elle correspond à un maximum légal, n’est qu’une goutte d’eau dans le budget de la multinationale.

C’est un premier pas vers la justice, et un signal fort envoyé aux autres compagnies : l’exportation illégale de déchets en Afrique ne restera pas impunie…
Mais ce n’est qu’un premier pas. Le déversement de déchets sur le sol africain n’était pas couvert par cette action en justice. C’est pourquoi les victimes d’Abidjan n’étaient pas parties prenantes dans la procédure. Or, les dirigeants de Trafigura savaient ce qu’il se passait, mais ont fait passer les profits avant la protection des êtres humains et de l’environnement. Pourtant, ils n’ont pas été appelés à se présenter devant la justice.

Les victimes doivent elles aussi être indemnisées !

Afin que Trafigura soit poursuivie par le ministère public pour le déversement des déchets en Afrique, Greenpeace a saisi l’année dernière la Cour d’appel de La Haye qui a examiné les accusations portées le mercredi 19 mai, et décidé de poursuivre les audiences le 8 septembre. L’étendue et la gravité des faits sont telles que la Cour a donc réservé un jour supplémentaire pour les audiences. Par conséquent, la décision sera prononcée au plus tôt en octobre.

C’est n’est qu’à ce moment là que justice sera faite. Des échanges internes de courriers électroniques que Greenpeace a remis à la Cour prouvent que la multinationale, y compris ses plus hauts dirigeants, savaient que ces déchets pouvaient êtres dangereux. Visiblement, ils savaient aussi que peu d’endroits pouvaient accueillir les déchets devant être traités, et que la réglementation en vigueur interdit l’exportation de déchets en Afrique. Les Ivoiriens ont le droit de savoir à quoi ils ont été exposés, et où les déchets ont été déversés. Il s’agit de leur santé !

Pour mémoire :
Le Probo Koala, navire affrété par Trafigura, est arrivé à Amsterdam en juillet 2006 pour décharger les déchets qu’il transportait à son bord. La société APS s’est rendu compte que la cargaison n’était pas celle annoncée par Trafigura, et que son traitement serait bien plus coûteux. Mais Trafigura a refusé de payer des frais supplémentaires. La marchandise a donc dû être rembarquée sur le bateau. Après avoir fait plusieurs détours par différents pays, notamment le Nigéria, le navire a accosté au port d’Abidjan. Une petite entreprise a alors été chargée de déverser les déchets en différents endroits, à l’intérieur et à l’extérieur de la ville. D’après les autorités ivoiriennes, ces déchets ont causé la mort de 16 personnes et rendu malades plusieurs milliers d’autres. Trafigura prétend toutefois que ces déchets ne pourraient être à l’origine de maladies graves.

mardi 20 juillet 2010

Explosion d’un pipe line en Chine : nouvelle marée noire !

La rupture d’un pipe-line a provoqué le 16 juillet une marée noire dramatique à Dalian, en Chine. Cette catastrophe a provoqué des dégâts irréversibles sur le littoral, avec d’importants dommages sur les écosystèmes marins et donc des conséquences dramatiques pour les populations locales, la pêche et le tourisme…


L’or noir fait toujours plus de victimes

S’il est encore trop tôt pour mesurer avec exactitude l’ampleur des conséquences, on sait déjà que celles ci auront un impact à long terme.
Greenpeace s’est rendue sur place pour y constater les dégâts et a été le témoin involontaire d’un drame. Deux des pompiers chargés de réparer l’une des pompes, ont été submergés par du pétrole lourd. Un pompier a pu être sorti de cette épaisse couche de pétrole, tandis qu’un autre était toujours porté disparu après une heure.

Greenpeace demande au gouvernement chinois et aux industries responsables de ce nouveau désastre une évaluation complète des impacts sur l’environnement et la mise en place d’un plan d’actions pour en réduire les conséquences, autant que possible.

Sortons du pétrole!

Du Golfe du Mexique à celui de Dalian, l’exploitation des ressources fossiles a prouvé, de manière dramatique, ses limites environnementales et économiques.
Face à une telle urgence, une réforme en profondeur de notre système d’approvisionnement énergétique est nécessaire pour nous désintoxiquer du pétrole et des énergies fossiles ! Les gouvernants doivent faire le choix des filières renouvelables et de l’efficacité énergétique.

lundi 19 juillet 2010

Sables bitumineux, forages offshore profonds… la nouvelle norme en matière d’extraction pétrolière ?

Au large de la Louisiane, le pétrole s’échappe toujours … Alors que, après 90 jours de pollution ininterrompue, le géant pétrolier britannique BP se réjouissait ce week-end d’en avoir fini avec les écoulements de pétrole brut dans le Golfe du Mexique, les autorités américaines ont annoncé dimanche qu’une nouvelle fuite souterraine avait été détectée aux abords du puit endommagé.

La catastrophe se poursuit dans le Golfe du Mexique

Il y a une semaine, la pose d’un nouveau dôme de confinement avait suscité l’espoir d’endiguer durablement l’écoulement de matière toxique. Rappelons que les experts estiment que ce sont 35 à 60 000 barils qui se déversent chaque jour au large des côtes américaines, soit plus de 700 millions de litres déversés si l’on prend la fourchette haute.

La comparaison n’est plus à faire avec la catastrophe de l’Exxon Valdez, mais avec celle de l’Ixtoc 1, plateforme off-shore qui avait déversé près de 600 millions de litres de brut dans le Golfe du Mexique en 1979… Ixtoc 1 est considérée comme la deuxième plus grande fuite de pétrole de l’histoire (après celles de l’Irak en 1991).

Si BP dit poursuivre ses tests, le gouvernement américain a demandé à l’entreprise de le tenir informé sur la nouvelle fuite et les anomalies constatées autour du puits défectueux.

Pourquoi s’arrêter là quand il y a l’Arctique ?

La catastrophe de Deepwater Horizon révèle douloureusement notre dépendance au pétrole. Face à l’épuisement des ressources pétrolières, l’extraction du pétrole des sables bitumineux d’Alberta et les forages en eaux profondes (à plus de 500 mètres de profondeur) se multiplient. De nouveaux moyens d’extraction, toujours plus polluants et risqués, qui sont aujourd’hui devenus la norme !

Si les évènements récents dans le Golfe du Mexique ont prouvé que le risque zéro n’existe pas, les pétroliers continuent d’adopter une politique de court-terme quelques soient les risques encourus, projetant de forer sous l’Arctique. Quand on sait que l’Arctique contiendrait 13 % des nouvelles réserves de pétrole mondiales, on mesure l’ampleur du risque…

Or, une marée noire en Arctique serait strictement incontrôlable: le pétrole serait coincé sous la glace, et causerait des dommages environnementaux irréparables. De plus, la station des garde-côtes la plus proche est à 1 800 km et les villages locaux manquent cruellement d’installations portuaires ou d’aéroports, nécessaires pour accueillir les structures de secours.

L’Arctique est un milieu très particulier, méconnu et fragile. Les conséquences d’une explosion sur la flore et la faune sont très mal évaluées et auraient un impact sur les habitudes alimentaires et culturelles des populations locales les Inuits.

Nous devons sortir des énergies fossiles !

Le XXIe siècle ne peut et ne doit pas être celui du pétrole: en plus d’être synonyme de pollutions colossales, le pétrole est une énergie fortement émettrice de CO2. Afin d’éviter les pires conséquences du dérèglement climatique, nous devons inverser la courbe des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015.

Les gouvernements du monde entier sont aujourd’hui à la croisée des chemins : ils doivent choisir entre la recherche de pétrole à tout prix – off-shore en Louisiane, sables bitumineux en Alberta, forage en Arctique – et le développement massif des économies d’énergie et des filières renouvelables, permettant un avenir sûr aux générations futures.

Greenpeace demande un moratoire sur l’extraction pétrolière off-shore profonde, et plus largement l’abandon du recours aux énergies fossiles.

En savoir plus :
Le rapport [R]évolution énergétique
Sur le pétrole non conventionel : les sables bitumineux

jeudi 15 juillet 2010

Des astuces pour consommer moins de pétrole

Alors que dans le Golfe du Mexique, BP tente une nouvelle fois sans succès de stopper la fuite, la prise de conscience sur les dangers de l’exploitation de pétrole non conventionnel (la coûteuse technique de forage des fonds marinsou encore la production de pétrole à partir de sables bitumineux) est de plus en plus importante.
Nous sommes, pour beaucoup de domaines du quotidien, dépendants du pétrole, mais voici quelques idées pour réduire notre consommation de pétrole, et donc nos besoins en la matière.

Une liste, des pistes, qui peuvent évidemment être complétées : suggérez nous vos gestes à vous dans les commentaires, nous mettrons à jour ce billet :

1. Co voiturage, vélos et transports en commun pour aller au boulot

2. Choisir, autant que faire se peut, des produits avec des emballages non plastiques, des emballages recyclables, ou le moins d’emballage possible en faisant ses courses

3. Préférer des fruits et légumes de saison, et de la région (pour limiter les transports notamment). Bon à savoir : les fertilisants et autres pesticides font souvent entrer le pétrole dans leur composition… les produits bios sont donc plus économes en pétrole

4. Acheter des produits cosmétiques basés sur des ingrédients naturels. En effet, les produits dérivés du pétrole sont présents dans les shampooings, gels douches … Bon à savoir : les produits issus du pétrole le plus couramment utilisés dans nos produits cosmétiques sont les huiles minérales, la paraffine, le propylène glycol, le silicione, le polyéthylène glycol (PEG) ou encore la vaseline. Sachez que les produits utilisant le plus de pétrole sont les baumes à lèvres et les brillants à lèvres.

5. Eviter l’eau en bouteille plastique

6. Pour les courtes et moyennes distances, privilégier le train : l’avion est un transport gourmand en pétrole, et les aéroports se situant souvent en périphérie des villes, du transport additionnel est requis

7. En cette période estivale propice aux piques niques, camping et autres réjouissances festivalières, préférez des couverts, assiettes et autres vaisselle lavable et réutilisable

8. Trier les déchets au maximum : le recyclage des plastiques (PET & PEHD) permet de donner une seconde vie aux contenants et donc d’économiser sur les produits plastiques dérivés du pétrole

9. Réutiliser les sacs plastiques distribués aux caisses de vos supermarchés et autres boutiques pour en faire des sacs poubelles

En savoir plus :
Le rapport [R]évolution énergétique
Le guide « comment sauver le climat? »

mardi 13 juillet 2010

La Commission européenne veut assouplir la réglementation sur les cultures d’OGM en Europe : une manœuvre pour ouvrir grandes les portes de l’Union

La Commission européenne a adopté mardi des propositions visant à débloquer les demandes très controversées de mise en culture de plantes OGM en Europe, en laissant aux Etats qui le veulent la possibilité de les interdire ou de les restreindre plus facilement.

La Commission européenne a ainsi proposé d’accélérer la procédure d’autorisation des cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le territoire européen.
En contrepartie du droit de chaque Etats membres d’interdire la culture d’OGM sur son territoire (droit qui, par ailleurs, existe déjà), la Commission attends que les pays opposent moins de résistance lors du processus d’autorisation au niveau européen.
La Commission espère que sa proposition permettra de sortir la procédure d’autorisation de l’impasse dans laquelle elle se trouve depuis 10 ans.

Un texte qui promet de codifier ce qui en réalité existe déjà dans les faits

La proposition faite aujourd’hui, en facilitant les autorisations européennes de cultures d’OGM, vient à contre-courant de ce que les ministres européens de l’Environnement avaient unanimement demandé en 2008, à savoir un renforcement de la procédure d’autorisation, prenant enfin en compte les risques pour l’environnement.

La proposition de la Commission autoriserait les États membres à interdire les cultures d’OGM en invoquant des risques de contamination des cultures conventionnelles, ce qui constitue une avancée par rapport à la législation actuelle. Toutefois, la proposition ne permettra pas que les États membres interdisent la culture d’OGM pour des motifs – pourtant sérieux – liés à l’environnement et à la santé, alors même qu’ils ont été unanimes à constater l’insuffisance de l’évaluation environnementale et sanitaire des OGM.

Ce qui pourrait passer pour une avancée notoire n’est en fait qu’un cadeau empoisonné

Cette proposition est en fait une tentative de marché de dupe : la possibilité d’interdire les OGM existait déjà avec l’option d’activer une clause de sauvegarde nationale, comme ce fut le cas en France en 2008 avec le MON 810.
Cette proposition de la Commission ne permettrait donc qu’une avancée sommaire en terme de liberté de choix par les Etats membres, mais elle facilitera par contre les autorisations de mise en culture d’OGM mal évalués au niveau Européen, et donc pour les Etats membres dits « pro OGM ».

Cette proposition ne crée par de nouveau droit, en revanche, elle ouvre la porte à de nombreuses cultures OGM et à de potentielles contaminations transfrontalières, à de possibles distorsions de concurrence, à la disparition de l’agriculture biologique de régions européennes entières.

Pour en savoir plus :
Qu’est-ce qu’un OGM ?
Menaces et dangers des OGM

Areva et EDF forcées de reconnaître que le taux de recyclage du nucléaire n’est pas de 96 % mais de 12 % !

C’est aujourd’hui que le Haut comité sur la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) remet son rapport.
Ce Haut comité avait été saisi, en novembre 2009, par Jean-Louis Boorlo et par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, pour faire la lumière sur la gestion des matières et des déchets nucléaires.

Les industriels du nucléaire vont devoir revoir leur communication

Le rapport (consultable en ligne) présente (seulement !) deux avancées majeures : d’abord le taux de recyclage annoncé dans le rapport est loin, très loin de celui habituellement mis en avant dans la communication d’Areva.

Alors que l’industriel communique partout autour d’une énergie recyclable à 96%, le rapport annonce une économie d’uranium liée au recyclage de 12% ! Le collège associatif a même pu établir que sur les dernières années le taux effectif de recyclage se situe entre 3,9 et 1,7% (Voir pages 5 et 6 du document).
Dans la même veine, la communication des industriels autour du « cycle » nucléaire est condamnée dans le rapport, qui fait la preuve que certains déchets ne sont jamais réutilisés et qu’on ne peut donc pas parler de « cycle fermé ».

« Ces deux exemples prouvent qu’en France le nucléaire ne survit pas à la transparence« , déclare Christine Gilloire de France Nature Environnement (FNE) . « Les industriels ne vont plus pouvoir faire croire que le nucléaire est une énergie propre et renouvelable. Et faire reposer l’avenir des déchets accumulés sur une hypothétique génération 4 est parfaitement illusoire. »

Les associations déçues par le contenu du rapport

Alors que la plupart des participants au Haut comité ont montré une bonne volonté franche, les industriels et les exploitants (EDF et Areva) ont exploité une faille méthodologique pour progressivement orienter le rapport à leur avantage.
Ainsi, le bilan est mitigé : le travail a, en majorité, été positif. Les membres du Haut comité ont eu accès à des informations inédites et ont pu faire avancer la transparence là où l’opacité régnait. Mais le problème méthodologique rencontré a malheureusement permis à EDF et Areva de rester flou sur certains sujets ou de modifier le rapport sans aucune validation.

Une partie du collège associatif décide donc de ne pas avaliser le rapport en soulignant que le principe même du Haut comité et sa bonne volonté ne sont pas en cause.
Ils demandent que la diffusion du rapport soit accompagnée d’une note sur leurs points de désaccord, rédigée avec Yves Marignac (WISE-Paris), expert  invité du groupe de travail.

Des points de fond pas assez étudiés

Certains sujets évoqués dans le rapport ne sont pas suffisamment traités en profondeur, et notamment la dimension historique : elle n’est pas prise en compte, ce qui apparaît comme une aberration. Le bilan fait du « cycle » nucléaire est incomplet en ne donnant qu’une synthèse approximative des bilans actuels. Cette synthèse ne reflète ni les difficultés rencontrées dans les années passées ni la question de la gestion de l’accumulation de stocks passés.

Pour Pierre Barbey de l’ACRO: « le rapport est incomplet sur certains points et nous sommes en désaccord sur d’autres. Nous ne pouvions cautionner un tel document. Il ne s’agit pas, pour nous, de condamner le HCTISN mais bien de réclamer plus de moyens et plus de temps pour lui assurer un fonctionnement optimal. »

En savoir plus :
Le Rapport du HCTISN (Juillet 2010)
Note des associations : HCTISN : Transparence et gestion du « cycle » du combustible : un travail imparfait et inachevé

vendredi 9 juillet 2010

Mission Pêches Profondes : l’imposture

Après 9 mois de laborieux travaux, la Mission Pêches Profondes (MPP), présidée par le député-maire de Pornic, Philippe Boënnec et mandatée par les ministres de la pêche et de l’écologie lors du Grenelle de la Mer s’avère être un échec cuisant à tous points de vue.
Greenpeace et les autres ONG participantes récusent aujourd’hui le rapport produit par Alain Biseau (IFREMER), rapporteur de la Mission.


Les dégats de la pêche de grand fond
envoyé par gpfrance. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

Un rapport hors sujet qui ne répond pas à la lettre de mission

La Mission Pêches Profondes n’a pas répondu à sa lettre de mission dont l’objectif principal était de « s’assurer que les pêches en eaux profondes sont viables économiquement, socialement et écologiquement, pour que leur poursuite, éventuellement adaptée, puisse être envisagée. »

Cet objectif s’inspirait de la logique des dernières résolutions des Nations unies encadrant les pêches profondes. En effet, depuis 2006, deux résolutions exigent que les pêches profondes apportent la preuve que leurs pratiques n’impactent pas de façon significative les habitats profonds et les espèces qui les peuplent pour pouvoir opérer.

Dès le début, la mission a refusé d’adopter une méthodologie permettant d’approcher cet objectif en dépit des alertes régulières lancées par les ONG.
Le résultat est accablant, et se caractérise par une absence de transparence et de crédibilité. Dans cet exercice de manipulation de l’information servi par une connivence entre les représentants de la pêche profonde et le rapporteur, ce rapport tente de faire croire que les pêches profondes sont durables, écologiquement acceptables, et comble de l’imposture, qu’elles sont rentables économiquement. A cette fin leur impact a été minimisé à outrance, et les données économiques soigneusement écartées ou déformées.

Des conclusions biaisées et orientées en complète contradiction avec le bilan économique des trois principaux armements concernés

Entre 2002 et 2008, trois armements, Scapêche (propriété du groupe de distribution Les Mousquetaires), Dhellemmes et Euronor , totalisant 95% des débarquements de poissons profonds, de fortes pertes cumulées de résultat d’exploitation, sans arriver à l’équilibre même si on y rajoute le montant des diverses subventions.
En outre, leurs activités très consommatrices de gazole (environ 7 000 litres/jour pour un chalutier de 40 mètres et 1000 litres/jour pour un chalutier de moins de 25 mètres) les rend particulièrement vulnérables à l’augmentation des prix du pétrole.
Ce facteur suffirait en lui-même à mettre en cause la durabilité de ces pêches comme le soulignait, dés 2006, le rapport Poséidon du Secrétariat Général de la Mer rattaché à Matignon (voir pages 54 et 133 du rapport).

Un rapport ubuesque sur le plan environnemental

Ce rapport est un non sens sur le plan environnemental, niant l’ensemble des conclusions scientifiques internationales et présentant de manière favorable une pêche qui est en porte-à-faux avec les principes de gestion durable des ressources marines.

La mission n’a finalement pas abordé la prise en compte des impacts de la pêche sur les écosystèmes ou sur les autres espèces. Elle a mis de côté la question des prises accessoires, constituées entre autres de requins menacés d’extinction. Son égarement la pousse même à préconiser de financer sur les fonds publics une démarche de certification écologique des pêches profondes d’Atlantique nord-est alors que 100% des populations de poissons profonds ciblés sont en dehors des limites de sureté biologique !

Alors que les dernières recommandations scientifiques de référence comme celles du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) préconisent de nouvelles réductions des captures pour 2010, la question de la durabilité économique de ces pêches se pose donc avec encore plus d’acuité. Question que la mission a pris soin d’éviter.

Face à ce constat, les décideurs politiques doivent prendre des décisions majeures et exemplaires

Greenpeace attend maintenant des décideurs politiques français qu’ils prennent acte de cette manipulation et qu’ils fassent preuve d’exemplarité et de courage en accompagnant socialement la fin des pêches profondes françaises.
Au moment même ou la Commissaire européenne à la pêche, Mme Damanaki, demande aux ministres européens de s’engager pour une réforme sérieuse de la Politique Commune de la Pêche (PCP), il serait illogique et coupable de défendre le maintien d’une telle pêche.

Greenpeace demande donc que dans le cadre de la réforme de la PCP : les avis scientifiques aient valeur de référence légale pour la fixation des quotas de pêche, des objectifs contraignants de réduction de la surcapacité des flottes soient pris, la transparence et la traçabilité dans la gestion des pêches de l’UE soient améliorées.

Certaines grandes surfaces ont d’ailleurs déjà compris que les consommateurs ne souhaitaient plus voir des espèces profondes sur les étals, car issues de pêches non durables. Ils ont donc retiré de la vente certaines espèces profondes : Carrefour (lingue bleue), Casino (lingue bleue et empereur), Leclerc (lingue bleue et requins profonds) et Auchan (requin profond). Mais ils peuvent encore faire mieux, et d’autres n’ont engagé aucune réflexion (Mousquetaires, Système U, Cora).

Il faut également rapidement protéger au moyen de Réserves Marines correctement gérées toutes les zones de haute mer et des eaux communautaires renfermant des monts sous-marins, des canyons et des habitats vulnérables comme les coraux profonds et les éponges.

Pour plus d’informations sur la réalité de la pêche profonde et les raisons de sa non-durabilité écologique et économique, voir la note des ONG, cosignées par Geenpeace, le WWF et l’UICN :Recommandations et pistes d’adaptation

Pour en savoir plus :
La fiche thématique sur la pêche de grand fond
Les espèces de grand fond en danger

Un nouveau navire pour Greenpeace : le Rainbow Warrior III !

Coup d’envoi, samedi 10 juillet, de la construction du nouveau navire amiral de Greenpeace, le Rainbow Warrior III, à Gdansk en Pologne.

Un symbole d’avenir, et d’espoir

Cette cérémonie a lieu à l’occasion des 25 ans du naufrage du 1er Rainbow Warrior à Auckland en Nouvelle Zélande, en présence de son capitaine Peter Willcox . Le Rainbow Warrior III sera achevé en 2011, pour le quarantième anniversaire de la fondation de Greenpeace.

Ce nouveau navire viendra remplacer le Rainbow Warrior II, au service des campagnes de Greenpeace depuis 1989. « Le Rainbow Warrior II a été un bateau grandiose, obtenant de nombreuses avancées environnementales, mais même les plus grands guerriers se retirent un jour » déclarait Gerd Leipold, ancien directeur international de Greenpeace, lors de la signature du contrat, en juillet 2009.

L’histoire de Greenpeace a toujours été étroitement liée à la mer et à sa flotte. Le Rainbow Warrior est sans doute le plus célèbre de ses navires. Son nom est tiré d’une prophétie indienne d’Amérique du Nord qui a eu une grande influence sur l’équipage du Phyllis Cormack lors de la première expédition de l’association.

Le choix de la construction et de l’innovation

C’est la première fois que l’organisation fait construire son propre navire. Auparavant, elle récupérait et réhabilitait des navires existants. Mais cette solution s’avère peu pertinente à long terme en raison de ses impacts économiques et environnementaux. C’est un investissement de taille, mais c’est aussi un symbole de l’action de l’association.
Le nouveau voilier sera équipé des dernières technologies vertes, ce qui lui permettra d’être utilisé lors des actions contre la plus grande menace pour les océans et la planète: les changements climatiques.

Propulsé principalement par voile et par l’énergie éolienne, il disposera également d’un moteur hybride diesel et électrique pour naviguer lors de conditions météorologiques difficiles. La chaleur des générateurs sera récupérée et réutilisée pour chauffer l’eau et préchauffer le moteur. Le mât et les voiles sont conçus pour une vitesse maximale, la forme de la coque étant conçue pour garantir une faible consommation de carburant.
Le navire, qui fait pratiquement 60 mètres de long, a été dessiné aux Pays-Bas, la coque sera construite à Gdansk, et les équipements seront installés en Allemagne.

Pour mieux connaître la flotte de Greenpeace

mercredi 7 juillet 2010

L’Union européenne franchit une étape vers l’interdiction du bois illégal

Le Parlement européen a en effet approuvé un projet de législation visant à interdire la vente de bois illégal, en mettant notamment en place des mesures de traçabilité et de sanctions.

Les pays de l’UE importent une importante quantité de bois illégal, principalement issu de pays où la gouvernance est très faible et l’État impuissant. Des compagnies prédatrices et des mafias peuvent donc impunément y causer de grands dégâts environnementaux, sociaux et littéralement piller les populations.

Photo: Olivier Hansen

Sanctions, domaines d’application : un très long chemin reste à parcourir

Au delà de l’interdiction du bois illégal du marché européen, d’autres étapes importantes doivent encore être franchies pour réussir à vérifier concrètement que les produits bois qui entre en Europe ne sont pas d’origine illégale, en en assurant la traçabilité, depuis la zone d’exploitation jusqu’à la livraison.

De plus, les contrevenants devraient être sanctionnés en proportion du dommage environnemental causé. Malheureusement, les États membres ne mettent en place à travers cette loi que de faibles sanctions.
Et les produits papiers, imprimés sont totalement exclus du processus pour au moins cinq ans,tandis que la loi ne sera pas appliquée avant deux ans.
L’exclusion des produits du dispositif imprimés est regrettable car comme l’a montré Greenpeace dans son rapport « How Sinar Mas is Pulping the Planet » publié le 6 juillet, les pratiques illégales sont légion dans le secteur.

Greenpeace va donc rester extrêmement vigilante : il reste beaucoup à faire pour réduire l’impact environnemental de l’Europe sur le monde et notamment sur les forêts. L’agriculture est aujourd’hui le premier moteur de la déforestation et les agro-carburants risquent encore d’aggraver cette tendance. « Il faut rapidement un financement de la protection des dernières forêts tropicales intactes par les pays riches pour permettre une lutte efficace contre la déforestation et les changements climatiques » explique Grégoire Lejonc., chargé de campagne forêts.

Une victoire d’étape, après dix années de campagne acharnée

Depuis le lancement de cette campagne internationale contre le bois illégal, les activistes de Greenpeace ont été sur tous les fronts, bloquant des ports, accostant des bateaux, dénonçant des chargements de bois illégal en provenance d’Amazonie ou du bassin du Congo, de Russie ou du Sud-Est asiatique.

Greenpeace a combattu sans relâche l’achat de « bois de guerre » en provenance du Libéria ou encore l’utilisation de bois illégal dans la construction de bâtiments publics en Angleterre, en Espagne ou dans des bâtiments de l’Union Européenne à Bruxelles…

A chaque scandale dénoncé apparaît un peu plus l’impérative nécessité de réglementer un marché totalement anarchique.

Pour en savoir plus :
Marion Cotillard face au pillage des forêts et du bois congolais
La fiche thématique sur la déforestation en Asie du Sud-Est
La fiche thématique sur la déforestation en Amazonie
La fiche thématique sur la déforestation en République Démocratique du Congo
Quels sont les moteurs de la déforestation

mardi 6 juillet 2010

Sinar Mas détruit les forêts tropicales indonésiennes pour produire du papier

Greenpeace publie aujourd’hui un rapport : « How Sinar Mas is Pulping the Planet » (en anglais), détaillant comment APP (Asia Pulp and Paper), branche papier de Sinar Mas, le numéro un indonésien de l’huile de palme, détruit les forêts tropicales à grande échelle pour la fabrication de papier.

En Indonésie, les plantations de palmiers à huile et d’arbres à croissance rapide destinés à la production de pâte à papier se développent à une vitesse inquiétante. Cette expansion est le moteur de la destruction des forêts et des tourbières.
Via APP, sa branche papier, Sinar Mas est devenu l’un des géants mondiaux du papier au mépris de toute considération environnementale

Les clients de Sinar Mars sont des multinationales très connues du grand public, telles que Auchan, Wallmart ou encore KFC. Sans que le public n’en sache rien, on retrouve ce papier issu de la déforestation dans une grande variété de produits : papier pour copieurs, papier toilette, cahiers, emballages…

Des pratiques de production scandaleuses

Sur l’île indonésienne de Sumatra, APP alimente directement ses unités géantes de production de pâte à papier avec du bois extrait massivement des forêts tropicales. Pour accroitre la productivité, des forêts naturelles sont rasées pour faire place à des plantations d’acacias, qui sont exploitées pour produire de la pâte à papier.
« La conversion de forêts naturelles en plantations est catastrophique à la fois pour la biodiversité et pour le climat, et entraîne de nombreux conflits sociaux« , déclare Jérôme Frignet, chargé de campagne forêts de Greenpeace. « La destruction de forêts et de tourbières est le principal facteur d’émissions de CO2 de l’Indonésie, devenue le troisième plus mauvais contributeur de gaz à effet de serre après les Etats-Unis et la Chine! »

Des pratiques déjà condamnées par certains industriels

Cela fait plus de deux ans que Greenpeace mène campagne contre les pratiques destructrices de Sinar Mas.
Depuis que l’association a commencé à sensibiliser le public et les professionnels aux mauvaises pratiques du géant Indonésien de l’huile de palme, des clients aussi importants que Nestlé, Unilever ou encore Kraft ont décidé de modifier leur politique d’approvisionnement vis-à-vis de Sinar Mas. Très récemment, Carrefour a décidé d’arrêter ses approvisionnements auprès d’APP pour l’ensemble de ses produits en marque propre.

La sortie de ce nouveau rapport est une nouvelle occasion de demander aux industriels encore clients de Sinar Mas de changer de politique et de suivre ces exemples en cessant d’acheter des produits issus de la déforestation.

Le gouvernement indonésien doit s’engager contre la déforestation

L’Indonésie doit prendre des mesures sévères contre la déforestation. Il faut protéger les tourbières et les forêts tropicales, qui stockent d’importantes quantités de carbone, en adoptant un moratoire immédiat sur la destruction des forêts, et en mettant en Å“uvre la protection intégrale des tourbières.

Greenpeace continuera de faire pression sur le gouvernement indonésien, et sur les industriels à l’origine de la destruction de la biodiversité et du climat.

Pour accéder au rapport (anglais)
Pour accéder à la synthèse du rapport (français)

Pour en savoir plus :
La fiche thématique sur la déforestation en Asie du Sud-Est
Quels sont les moteurs de la déforestation

Congo : Marion Cotillard face au pillage des forêts congolaises

L’actrice française Marion Cotillard s’est rendue durant une semaine au cÅ“ur des forêts tropicales de République démocratique du Congo (RDC) avec des membres de Greenpeace. Elle livre en vidéo un témoignage fort sur le pillage des forêts congolaises qui profite à quelques groupes industriels, souvent européens.

Marion Cotillard sur le terrain

Début juin, lors d’un voyage d’une semaine dans le territoire d’Oshwé (province du Bandundu) Marion Cotillard a accompagné des membres de Greenpeace France et de Greenpeace Afrique au cÅ“ur de la forêt congolaise.
L’actrice est depuis longtemps très engagée sur le front environnemental, et soutient Greenpeace depuis des années, notamment pour la protection des forêts anciennes.

« Pendant ces quelques jours passés sure le terrain avec Greenpeace, j’ai pu voir comment l’exploitation massive du bois menace les dernières forêts intactes de la planète. Elles sont grignotées de l’intérieur. C’est à la fois un écosystème extraordinaire, le cadre de vie de dizaines de millions d’habitants et aussi le deuxième poumon vert de la planète qui est en danger« , explique Marion Cotillard.

7 films inédits sur internet, un récit de voyage, un engagement pour la protection des forêts

Dans ce carnet de voyage composé de 7 épisodes vidéo , on peut suivre Marion Cotillard durant un périple en pirogue le long de la rivière Lukenie, à la rencontre des protagonistes, souvent victimes de ce pillage des forêts congolaises.
Des agents forestiers totalement démunis, des villageois qui voient leurs forêts exploitées par des compagnies en échange de trois fois rien, des travailleurs forestiers sous-payés, etc.

Ce carnet de voyage, véritable enquête dans le système forestier congolais, a permis à Marion Cotillard de constater le pillage des forêts : « Ã€ chaque rencontre, lors de chaque discussion avec des habitants de ces forêts, j’ai pu voir le pillage qui se déroule dans ces terres reculées: les exploitants industriels arrivent, donnent quelques « miettes » et coupent les bois les plus précieux. Ce bois est souvent exporté sur le marché européen où il est revendu à prix d’or. Alors que dans les forêts congolaises, les ouvriers risquent leurs vies et sont souvent payés moins de 1$ par jour. »

Bientôt une règlementation européenne sur le bois

Au moment même de la publication de ces vidéos, l’Union européenne devrait faire un pas important vers une future loi pour mieux réguler le commerce du bois, et notamment le bois tropical.
Ce marché est encore l’un des moins contrôlés au monde et l’Europe est le premier client du bois africain. Avec cette loi, les entreprises européennes devront assurer la traçabilité du bois et des produits dérivés, et devront justifier de la légalité de leurs marchandises. Cette mesure renforcera de manière significative la réglementation européenne en matière de commerce du bois.

Un trésor pour l’humanité dont les pays riches doivent financer la protection !

À l’heure ou la RDC célèbre le 50e anniversaire de son indépendance, ses populations forestières sont à la fois otages d’une extrême pauvreté et d’exploitants peu scrupuleux souvent présentés comme une promesse de développement.
Marion Cotillard nous montre, dans ce carnet de voyage, combien l’écart entre la réalité du terrain et les discours tenus en Europe ou à Kinshasa sur les meilleurs moyens de protéger la forêt.

« En fait, la seule solution viable serait que les pays riches aident financièrement les Congolais à protéger leurs forêts, conclut Marion Cotillard. C’est l’intérêt de l’humanité tout entière de préserver ce trésor : pour sauvegarder ce qui reste de la biodiversité, lutter contre les changements climatiques et assurer à la République démocratique du Congo un vrai développement » conclut Marion.

Pour voir tous les épisodes rendez-vous sur le site dédié : Congo, des forêts en sursis


Arrivée à Oshwé
envoyé par gpfrance. – L'info video en direct.

Pour en savoir plus :
La fiche thématique sur la déforestation en République Démocratique du Congo
Quels sont les moteurs de la déforestation

vendredi 2 juillet 2010

Océan Indien : la limitation de la surcapacité de pêche et la création de réserves marines deviennent urgentes

Si le thon rouge de Méditerranée est aujourd’hui considéré comme une espèce en voie de disparition (voir la vidéo rendez-vous en novembre à l’ICCAT), d’autres espèces de thonidés sont également menacées.
L’Union européenne et la France notamment continuent à exporter et à créer de la surcapacité de pêche, dans l’Océan Indien par exemple, où l’on pêche des thons tropicaux. Or les organisations de gestion de la pêche aux thonidés se sont révélées incapables d’organiser une pêche raisonnée et durable.

Les industriels du thon se tirent une balle dans le pied en maintenant la surcapacité de pêche

Alors que la réunion sur la surcapacité de pêche réunissant les 4 principales organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) thonières qui se tenait à Brisbane (Australie) la semaine dernière, s’est achevée sur un échec, on vient d’apprendre que la France, qui a actuellement 10 thoniers senneurs pêchant dans l’Atlantique (côtes de l’Afrique de l’Ouest) et 11 dans l’Océan Indien, souhaite augmenter d’ici à 2015 de 18 792 tonne le volume total de sa flotte de l’Océan Indien, soit 4 nouveaux méga-senneurs, 15 senneurs et 8 palangriers reconvertis au thon tropical.

Or la majorité des populations de thons tropicaux de l’Océan Indien sont déjà au maximum de leur exploitation : c’est le cas du thon germon (ou thon blanc) et du thon obèse .
Le thon albacore, thon à la chair de couleur rouge fréquent sur les étals français et souvent présenté comme alternative durable au thon rouge de Méditerranée, est quant à lui déjà surexploité ! Il constitue de 25 à 50 % des captures françaises selon les années dans l’Océan Indien. 318 000 tonnes ont été pêchées en 2008 contre un maximum recommandé par les scientifiques de 300 000 tonnes et sa population se trouve à présent en dessous de la limite de durabilité !

De plus, les méthodes de pêche employées, telles que la senne coulissante associée aux dispositifs concentrateurs de poissons (DCP), sont redoutables car elles entrainent des captures importantes de juvéniles d’albacore mais aussi d’autres espèces de thons encore plus fragiles, ainsi que des captures de requins et de tortues marines.

A quoi joue la France !

Ces méga-senneurs industriels de 90 mètres construits par la Sapmer (armement basé à la réunion), ne peuvent même pas être enregistrés sous pavillon français car le registre est déjà plein pour cette catégorie de bateaux, et le sont donc sous pavillon « France Territoires », et immatriculés à Mayotte!
Avec une capacité unitaire de 7 000 tonnes de thon par an, ils vont accroitre la pression de pêche sur ces populations de poissons déjà affaiblies alors que l’organisme de gestion de la pêche, l’IOTC, n’a toujours pas fixé de quotas de pêche pour ces thons tropicaux.

On rejoue donc exactement le même scénario que pour l’ICCAT et le thon rouge : construction d’une surcapacité de pêche massive avant même la mise en place de quotas par le gestionnaire, et alors que les scientifiques tirent déjà la sonnette d’alarme depuis quelques années !
La France ne peut pourtant ignorer cet état de fait. Cette démarche est en contradiction avec les engagements du Grenelle de la Mer ainsi qu’avec les promesses d’exemplarité faits par le gouvernement en la matière ! Cela moment même ou la Commissaire européenne à la pêche, Mme Damanaki, demande aux ministres européens de s’engager pour une réforme sérieuse de la Politique Commune de la Pêche (PCP).
Elle s’alarme surtout du fait que les progrès en vue d’une réduction de la surpêche et d’une amélioration de la durabilité des stocks de poissons restent bien trop lents. Ainsi, le secteur a perdu 70% de ses emplois en 20 ans, et la quasi-totalité des stocks de poissons européens vont passer dans le rouge si rien ne change en matière de gestion.

Face à ce sombre constat, la France prône le statu quo, avec le maintien des quotas comme principal système de gestion des ressources halieutiques, et laisse la pêche industrielle s’accaparer des ressources déjà surexploitée.

Greenpeace demande donc que dans le cadre de la réforme de la PCP : les avis scientifiques aient valeur de référence légale pour la fixation des quotas de pêche, des objectifs contraignants de réduction de la surcapacité des flottes soient pris, la transparence et la traçabilité dans la gestion des pêches de l’UE soient améliorées

En toute logique, ces mesures devraient bien sûr être défendues par la France et l’Europe dans toutes les ORGP où elles sont présentes, comme dans l’Océan Indien.

La mise en place de réserves marines est urgente

Tout comme en Méditerranée, Greenpeace demande la mise en place de réserves marines en Océan Indien.
Le Gouvernement britannique a mis en place, le 1er avril dernier, la plus grande réserve marine mondiale (545 000 m²) autour de l’archipel des Chagos, considéré comme l’un des écosystèmes les plus riches du monde.
Cette dynamique doit se poursuivre, il faut à présent protéger des espaces en haute mer ainsi que les lieux remarquables où se rassemblent les thons dans l’Océan Indien, comme certains monts sous-marins.

Qu’est ce qu’une réserve marine
Nos documents sur le sujet

lundi 28 juin 2010

Combien d’autres « 11 septembre écologiques » avant la [R]évolution énergétique ?

Après l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique, et le manque d’ambition affichée par les dirigeants du G8 et du G20 sur le volet environnement et énergie, Greenpeace rappelle qu’il est non seulement nécessaire mais aussi tout à fait possible de réduire la dépendance aux fossiles et de changer de paradigme énergétique.

« Couper le cordon ombilical qui lie les sociétés industrialisées aux énergies fossiles et polluantes, pétrole mais aussi charbon et nucléaire, n’est qu’une question de volonté politique« , déclare Anaïz Parfait, en charge de la campagne Climat de Greenpeace France. « Le nouveau scénario [R]évolution énergétique de Greenpeace montre qu’il est possible de s’affranchir à la fois du pétrole, du charbon et du nucléaire, tout en créant des emplois durables et en réduisant notre facture énergétique »

Sortir du pétrole, du charbon, du nucléaire, c’est possible

La réédition du scénario [R]évolution énergétique, réalisé par Greenpeace et les experts du Conseil européen pour les énergies renouvelables (Erec), démontre notamment qu’en améliorant l’efficacité énergétique et en faisant le choix des renouvelables, la demande totale de pétrole à l’échelle mondiale peut être réduite de 70 % d’ici à 2050. À cette date, les énergies renouvelables pourront couvrir jusqu’à 80% de nos besoins, la part de l’électricité d’origine nucléaire ne représentant plus que 1 % dès 2030.

Des gains économiques sans précédent et une solution à l’urgence climatique

Le scénario met aussi en avant l’intérêt économique de changer de modèle énergétique : une réduction de 30% notre facture énergétique à terme et la création de 12 millions d’emplois d’ici à 2030, dont 8,5 millions dans le secteur des renouvelables.

La mise en place du scénario développé dans le rapport induirait une réduction de 80 % de nos émissions de CO2 à l’horizon 2050, ce qui correspond aux préconisations des experts du climat. Le scénario [R]évolution énergétique détaille des feuilles de route claires pour les nations industrialisées comme les pays en développement, qui montrent que tous peuvent atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pour découvrir le scénario [R]évolution énergétique, rendez-vous ici : http://bit.ly/RevolutionEnergetique (synthèse en français – PDF)

Le G 20 de Toronto : succès de la mobilisation citoyenne, échec des dirigeants

Samedi 26 juin, plus de 10 000 citoyens se sont réunis à Toronto pour réclamer pacifiquement aux chefs d’États du G 8 et du G 20 de faire avancer la cause du climat, de mettre fin aux subventions pour les énergies fossiles, de promouvoir la justice sociale et créer des emplois « verts », et, plus généralement, de promouvoir une société durable et équitable.

Mais les représentants des États, au lieu d’écouter les gens et de s’ouvrir au débat, ont choisi de construire des barrières tant policières que morales, de fermer la discussion et d’exclure les citoyens, venus pourtant nombreux, des négociations sur leur avenir.

En pleine crise pétrolière dans le Golfe du Mexique, la déception est grande

Si certains dirigeants ont esquissé le premier pas en faveur de l’élimination progressive des subventions aux combustibles fossiles, collectivement, les actions des États ne répondent pas à l’urgente nécessité d’enrailler la crise climatique. Dans la déclaration finale clôturant le sommet, les dirigeants du G 20 ont réaffirmé leur engagement pris à Pittsburgh l’an dernier de mettre en place des stratégies « spécifiques à chaque pays » pour l’élimination des subventions aux combustibles fossiles.

Certains pays ont fait mieux que d’autres. De tous les pays du G 20, les États-Unis sont ceux qui ont présenté le plan le plus robuste pour l’élimination des subventions destinées aux grandes industries du pétrole et du charbon, même si ce plan ne comprend qu’une fraction du total des subventions aux combustibles présentement en vigueur aux États-Unis.

« On a fait des progrès sur l’élimination des subventions aux combustibles« , reconnaît Steve Kretzmann, le directeur de Oil Change International. « Mais on ne sait toujours pas combien les pays industrialisés donnent aux géants de l’industrie du pétrole et du charbon. La prochaine étape, c’est de révéler les sommes que le G 20 fournit chaque année aux grands pollueurs comme BP et de mettre un terme à ces subventions. »
En effet, le rapport sur les combustibles fossiles, commandé par le G 20 à Pittsburgh l’an dernier et produit au sommet de Toronto, ne quantifie pas toutes les subventions aux combustibles fossiles des pays développés.

Aucun engagement concret

Certains pays comme le Canada ou l’Australie, ne sont pas parvenus à s’engager sérieusement : le vocabulaire employé dans les annexes de la déclaration suggère que l’engagement de supprimer les subventions aux combustibles fossiles est « volontaire et spécifique aux membres », les deux pays ayant fait pression pour que ces termes soient adoptés dans la déclaration finale.

Le Canada, pays hôte du sommet, tout comme l’Australie, ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour protéger les industries des énergies sales, sur lesquelles reposent leurs gouvernements. Pour Phil Radford, directeur exécutif de Greenpeace, « le Canada a prouvé qu’il était complètement à côté de la plaque sur le climat en misant sur l’exploitation des sables bitumineux qui fait courir de grands risques à l’environnement juste pour récolter des profits à court terme ».

Par ailleurs, sur la question des financements aux pays en développement, le G 20 a complètement manqué de vision. « Le G 20 a laissé passer une formidable opportunité en ne réaffectant pas à la protection du climat les sommes qui servent aujourd’hui aux combustibles fossiles« , a ajouté Phil Radford

Greenpeace prend d’ores et déjà rendez-vous pour le prochain sommet du G 20 les 11 et 12 Novembre 2010 en Corée du Sud, et demande que les pays les plus riches révèlent l’étendue des subventions et autres avantages dont bénéficie l’industrie des énergies fossiles.

vendredi 25 juin 2010

La Commission baleinière internationale toujours dans l’impasse

Après 5 jours de réunion, les délégations des 88 pays membres de la Commission baleinière internationale (CBI) réunis à Agadir (Maroc), n’ont pu s’entendre pour faire avancer les discussions sur le principal sujet à l’ordre du jour: une proposition qui souhaitait légitimer la chasse baleinière pour les 10 prochaines années, en ré-introduisant des quotas de chasse sous le contrôle de la Commission.

Face à ce constat d’échec, la Commission a annoncé vouloir se donner une année de réflexion supplémentaire.

En effet, la proposition de voir la chasse baleinière contrôlée et réduite ne fait pas l’unanimité; ni pour les pays chasseurs qui demandent des quotas plus élevés, ni pour les pays conservationistes qui souhaitent voir la chasse cesser complètement.
Le Japon notamment, doit faire face au durcissement de la position de plusieurs de ses importants partenaires commerciaux, à commencer par l’Australie. Ce pays a en effet déposé plainte le 31 mai dernier auprès de la Cour internationale de justice de La Haye, mettant en doute l’aspect « scientifique » de la chasse japonaise, qui ne présenterait en réalité « aucun intérêt avéré en matière de gestion et de préservation des populations de baleines« . Une position soutenue et partagée par la Nouvelle-Zélande, qui pourrait également engager une action en justice. Cette plainte doit être examinée et discutée en plénière par l’ensemble des membres de la CBI.

Pour Greenpeace, cette année supplémentaire de « réflexion » revient à laisser une année de plus aux pays chasseurs, une année de plus à laisser couler le sang de milliers de baleines en Norvège, en Islande, au Japon, dans le Sanctuaire Austral, et ce en toute impunité. La chasse à la baleine à des fins commerciales à causé la mort de plus de 1,5 millions de baleines au XXème siècle. Certaines espèces, comme la baleine bleue, ont été presque complètement décimées. Aujourd’hui encore, la plupart des espèces sont menacées d’extinction.

Face à l’inaction politique, Greenpeace continuera de défendre le maintien du moratoire

Les gouvernements membres de la CBI ont donc choisi de refermer la porte, masquant ainsi leur choix de la stratégie du pire et de maintenir encore une année d’un insupportable statu quo. Ce manque de courage politique de la part des pays membres de la CBI, malheureusement constaté année après année, se traduit par une condamnation des cétacés !

Il est grand temps que les pays favorables à la protection des baleines aillent au delà des discussions théoriques et rhétoriques et s’engagent dans une véritable action politique.

Depuis plus de trente ans, Greenpeace se bat pour mettre fin à la chasse à la baleine, soutenant le maintien du moratoire institué en 1986, et se battra tant qu’il le faudra pour protéger les océans face à l’inaction des dirigeants.
Vous aussi, soutenez Greenpeace et son action pour la sauvegarde des océans !

Pour plus d’informations sur les raisons de cet échec de la CBI et sur les poursuites judiciaires contre les deux militants de Greenpeace
consulter nos ressources et documents sur ce thème

jeudi 24 juin 2010

Riz OGM : Bayer recule au Brésil !

Il aura fallu beaucoup de temps pour que le géant de l’agrochimie et de la pharmaceutique, comprenne enfin le message. 8 années se sont en effet écoulées depuis la première demande d’autorisation de Bayer pour la culture commerciale de son riz transgénique au Brésil et, hier, la firme a annoncé, via un communiqué de presse publié sur son site brésilien , avoir décidé de retirer sa demande.

Après 4 ans d’un intense lobbying en faveur du riz génétiquement modifié auprès de la Commission technique nationale de biosécurité brésilienne (CTNBio), Bayer aura donc finalement reculé, reculé et retiré sa demande d’autorisation du LL62, un riz génétiquement modifié afin de résister à un herbicide très toxique : le glufosinate.
La compagnie indique sur son site que cette décision se justifie par la nécessité d’accroître le dialogue avec toutes les parties prenantes de la chaîne de production de riz, et qu’elle remettra le dossier devant la commission technique lorsque ces parties prenantes auront été convaincues.
Mais, si Bayer a reculé hier, c’est surtout parce que la firme s’est heurtée au rejet massif et total des associations de producteurs brésiliens, qui sont resté fermes sur leurs positions.

Le riz est l’aliment de base le plus important sur la terre – plus de la moitié de la population mondiale en mange quotidiennement. Il pousse partout depuis plus de 10.000 ans, et on le cultive dans 113 pays : c’est un élément clé dans un large assortiment de produits alimentaires industriels, allant de la nourriture pour bébés aux pâtes de riz…

Face au risque OGM, Greenpeace reste mobilisée

Jusqu’à présent le riz OGM n’est cultivé nulle part à des fins commerciales, et le manque d’études et d’investigation sur le sujet ne permet pas, aujourd’hui, de garantir l’innocuité de ce produit.
Par ailleurs, lors de l’évaluation du riz LL62, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) avait soulevé, sans y répondre, un certain nombre de questions relatives à la sécurité alimentaire. Des irrégularités au niveau moléculaire, les effets des résidus de glufosinate dans le riz génétiquement modifié, ainsi que des différences de composition entre ce riz transgénique et le riz conventionnel pourraient en effet présenter un risque sanitaire important.

Malgré ces éléments, et le rejet des agriculteurs et producteurs brésiliens, Bayer risque de revenir à la charge dans les mois à venir pour obtenir l’autorisation du riz LL 62. Greenpeace continuera donc à faire campagne pour empêcher la dissémination de semences OGM et à militer pour une agriculture responsable et durable dans le monde entier.

Nos documents sur le sujet

mardi 22 juin 2010

Etats-Unis : quand Monsanto réécrit la réalité

Lundi 21 Juin, la Cour suprême des Etats Unis a statué sur l’affaire Monsanto v. Geertson Seed Farms  qui opposait le géant américain des semences à des agriculteurs bio inquiets des risques de contamination de leurs champs par des graines de luzerne transgéniques.
Monsanto a immédiatement crié victoire, à grands renforts de communiqués de presse, repris, très rapidement par les agences (AFP) et médias en ligne (LeMonde.fr).

Monsanto a réécrit l’histoire

Cette décision, saluée par Monsanto comme une victoire est pourtant très claire : on peut lire, en page 22 de la décision publiée sur le site de la Cour suprême des Etats Unis : «…la décision de l’APHIS [Animal and Plant Health Inspection Service de l’USDA – ministère de l’agriculture américain ] [...] signifie que pratiquement pas de RRA (luzerne Roundup Ready) sera cultivée ou vendu jusqu’à ce qu’une nouvelle décision de déréglementation est en place. De plus, [...] toute partie lésée par une décision de la déréglementation future et hypothétique aura amplement l’occasion de contester et de demander des mesures préliminaires d’urgence appropriée, si ou quand une telle décision est prise. » [traduction Greenpeace].

En clair, cela signifie que Monsanto ne pourra pas vendre de semence de luzerne OGM tant que les autorités américaines n’auront pas fait de nouvelles évaluations et pris une nouvelle décision.

Le Centre for Food Safety (CFS) qui a suivi le dossier de très près, a analysé sur son site la décision de la Cour suprême et s’est employé à dénoncer la précipitation des médias ayant repris l’information sans lire le compte rendu complet de la décision de la Cour suprême.
Andrew Kimbrell « executive director » du CFS a publié, sur ce sujet, une tribune sur le Huffington Post : La décision de la Cour suprême est une défaite pour les ambitions de Monsanto (en anglais)

La machine à relations publiques de Monsanto s’est mise en branle, touchant les médias du monde entier … Greenpeace ne peut, et ne veut, laisser la désinformation s’installer, et invite chaque internaute, chaque citoyen à se saisir de ce sujet et à se mobiliser pour agir : http://www.greenpeace.fr/ogmjenveuxpas/

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