Ecoblogie

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mardi 22 juin 2010

Marée noire dans le Golfe du Mexique, Greenpeace interpelle BP et les entreprises pétrolières

Aujourd’hui, avait lieu à Londres un congrès mondial des compagnies pétrolières, auquel assistait Steve Westwell, directeur du personnel de BP, représentant de Tony Hayward. Greenpeace a saisi cette occasion pour interpeller non seulement BP mais aussi de nombreux représentants d’autres compagnies pétrolières.

Greenpeace veut dire la vérité:

Juste avant la prise de parole de Steve Westwell, Emma Gibson, militante de Greenpeace, est montée sur scène et a pris la parole pour interpeller les invités réunis : «dans la mesure où BP est incapable de vous dire la vérité, je vous dirai ce que vous devez savoir» .
Lors de cette intervention Emma et les militants de Greenpeace ont dénoncé l’immense danger que représentent les forages off shore qui amènent à des catastrophes de grande ampleur comme on le constate aujourd’hui dans le Golfe du Mexique. Ils ont également mis sous les projecteurs les risques que représentent l’extraction des sables bitumineux, synonyme de déforestation.

Les militants ont déployé, sur scène, une banderole sur laquelle on pouvait lire : ‘GO BEYOND PETROLEUM’ (« aller au delà du pétrole »)

Révéler et dénoncer la catastrophe des sables bitumineux

En plus de ses projets de forages off shore, BP, comme d’autres compagnie du secteur (et notamment Total) souhaite investir des millions pour extraire le bitume issu des sables bitumineux de la forêt boréale canadienne.

Sans avoir l’impact visuel et médiatique d’une marée noire, cette exploitation a également des conséquences dramatiques pour l’environnement, le climat et les populations autochtones : exploiter les sables bitumineux est la façon la plus sale, la plus chère et la plus énergivore de produire du pétrole. La production d’un baril issu de ces sables nécessite 5 barils d’eau, un demi baril de gaz et émet jusqu’à cinq fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel.

Pour Greenpeace, l’impact environnemental de l’extraction des sables bitumineux est toute aussi dangereux que la marée noire actuelle.

Les entreprises doivent investir dans les énergies alternatives, pour sortir de l’âge du pétrole !

Les pays industrialisés dépensent aujourd’hui environ 100 milliards de dollars chaque année en investissant dans des entreprises des secteurs du pétrole, du gaz et du charbon … alors
que selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research , si l’on veut garder la hausse des températures en dessous des deux degrés, seules moins d’un quart des réserves prouvées en pétrole peuvent être utilisées d’ici à 2050.

Il est donc grand temps, pour les entreprises du secteur et pour les pays concernés d’engager une vraie démarche de recherche, d’investissement vers les énergies alternatives.

Relever le défi climatique, en sortant du pétrole, du charbon, et du nucléaire, c’est possible. Lire notre rapport [R]evolution énergétique http://bit.ly/RevolutionEnergetique

La fiche technique sur les sables bitumineux

lundi 21 juin 2010

62ème Commission baleinière internationale : le moratoire en danger !

La 62ème Commission baleinière internationale (CBI), qui a pour mission depuis 1946, de veiller à la « conservation judicieuse » des stocks de baleines, afin de permettre le « développement ordonné de l’industrie baleinière » , s’ouvre aujourd’hui à Agadir (Maroc) jusqu’au vendredi 25 juin.

Le contexte de cette réunion s’annonce particulièrement tendu

Les pressions des pays « chasseurs » comme le Japon, la Norvège et l’Islande se sont accrues, prônant la levée du moratoire de 1986. Ces pays seront au cÅ“ur des discussions entre les 88 membres : ils continuent en effet à chasser la baleine et à instaurer des quotas de façon unilatérale, en les justifiant à des fins dites « scientifiques ». Sur la saison 2008-2009, le Japon, la Norvège et l’Islande ont tué plus de 1500 baleines.

Les scandales concernant l’industrie baleinière japonaise se multiplient

Selon l’hebdomadaire le Sunday Times, le Japon aurait, en amont de la réunion d’Agadir, mis en Å“uvre des méthodes plus que douteuses pour acheter le vote de petits États insulaires et d’États africains, et ce, afin que la pêche à la baleine obtienne un nouveau blanc seing de la part de la communauté internationale.
Argent, billets d’avion gratuits, prostituées … l’enquête du Sunday Times , corroborée par celle de la BBC a permis de révéler les conditions douteuses de négociations à la CBI.

Une industrie qui criminalise la vérité

En 2008 Toru Suzuki et Junichi Sato, deux activistes de Greenpeace, ont été arrêtés arbitrairement au Japon, accusés de « vol  » et d’« atteinte aux biens d’autrui  », alors qu’ils révélaient un trafic illégal de viande de baleine.
Le procès « Tokyo 2 » est actuellement en cours, et tous deux encourent une peine de 18 mois de prison. Le gouvernement japonais doit cesser ces abus aux droits de l’Homme, ainsi que le détournement de viande de baleine.

Le moratoire ne peut accepter les exceptions : les propositions de Greenpeace

L’ordre du jour de cette CBI prévoit le maintien du moratoire sur la pêche commerciale sauf pour les pays chasseurs le Japon, l’Islande et la Norvège, dont les quotas de prises seraient fixés par la commission.
Mais, pour Greenpeace, cette année 2010, celle de la biodiversité, est l’occasion tant attendue pour améliorer le fonctionnement de la commission baleinière internationale et d’aboutir enfin à un réel traité. La Commission peut et doit sauver les baleines. Greenpeace s’oppose à toute pêche commerciale et souligne que le moratoire ne peut admettre les exceptions, il doit s’appliquer à tous les pays.
Greenpeace propose 6 éléments clés, incluant la fin de la pêche dans les sanctuaires situés dans l’Océan Antarctique, la fin du commerce international de viande ou sous produits de baleines ainsi que la fin de la chasse des espèces de cétacés en danger

L’intégralité de nos 6 propositions, cosignées avec Pew et le WWF sont téléchargeables ici

jeudi 17 juin 2010

L’Europe prend enfin la décision de bannir les bois illégaux

Greenpeace se félicite que la Commission européenne, le Parlement et le Conseil aient finalement trouvé un accord politique pour arrêter les exportations de bois illégaux.

Sept ans après le lancement des discussions et deux ans d’intenses négociations, Bruxelles fait un pas en avant pour la protection des forêts. Un communiqué daté du 16 juin indique que le texte législatif doit encore être examiné par le Parlement européen en juillet et par les gouvernements de l’UE cet automne. Il devrait entrer en vigueur en 2012.
« Si cette loi est votée, le bois illégal sera banni d’Europe. Le plus grand marché du monde est donc sur le point de fermer ses portes aux entreprises qui capitalisent sur le trafic illégal et la destruction forestière. Le marché noir du bois est orchestré par des criminels qui attisent les conflits, volent les revenus des gouvernements et causent des dégats environmentaux irréversibles. » déclare Grégoire Lejonc chargé de campagne forêts de Greenpeace France.

Une avancée majeure vers une gestion durables des forêts

La loi enverra un signal fort et permettra des changements profonds de l’industrie forestière. Les entreprises européennes devront assurer la traçabilité du bois et des produits dérivés, et devront justifier de la légalité de leurs marchandises. Cette mesure renforcera de manière significative la réglementation européenne en matière de commerce du bois.

Mais une loi qui est encore trop limitée

Néanmoins, la loi proposée par l’UE paraît limitée sur sur plusieurs points. Les systèmes de sanction et de pénalités sont beaucoup trop faibles, la date d’entrée en vigueur de la loi est beaucoup trop tardive, et surtout, l’exclusion du dispositif des produits imprimés, tels que les livres est regrettable.

Pour approfondir, les fiches techniques
Les moteurs de la déforestation
Bois « durable » et bois « illégal »

mercredi 16 juin 2010

Le Luxembourg interdit la pomme de terre OGM « Amflora » !

Ce matin, lors du colloque « La sécurité dans mon assiette » sur la sécurité de la chaîne alimentaire, le Ministre de la Santé luxembourgeois Mars Di Bartolomeo, en présence de Romain Schneider ministre de l’Agriculture, a interdit la culture de la pomme de terre OGM « Amflora » de BASF au Luxembourg.

Le Luxembourg libéré de toute culture OGM

L’interdiction de la pomme de terre OGM au Luxembourg a été annoncée quelques mois à peine après son autorisation par la Commission européenne et ceci devant des hauts représentants de l’autorité en charge de la sécurité alimentaire en Europe (EFSA).
C’est d’ailleurs au même endroit (Centre Culturel de rencontre Abbaye de Neumünster) que le Luxembourg avait déjà interdit le maïs transgénique MON810 en 2009.

Le message politique est courageux et sans appel possible : Le Luxembourg clame haut et fort qu’il n’est pas prêt à se laisser dicter un menu OGM par la Commission européenne. Après l’Autriche, c’est le deuxième Etat membre de l’Union européenne à prendre la décision de protéger les consommateurs et l’agriculture des conséquences négatives d’« Amflora ».

Greenpeace et les organisations partenaires de l’Initiative « Luxembourg sans OGM » (1) félicitent le Ministre de la Santé d’avoir pris ses responsabilités dans l’intérêt du consommateur et encouragent le Gouvernement à continuer de s’opposer résolument à la politique pro-OGM de la Commission européenne.

Une procédure d’évaluation qui doit être profondément réformée en Europe

Le 2 mars 2010, la Commission européenne avait autorisé la culture, l’utilisation dans les matières fourragères et la présence jusqu’à 0,9% dans l’alimentation humaine de la pomme de terre OGM « Amflora » développée par le géant allemand de la chimie BASF. Cette décision avait été prise malgré les évidences scientifiques relatives au risque de résistances aux antibiotiques.

Greenpeace et les organisations de l’initiative « Luxembourg sans OGM » tiennent à rappeler que procédure d’évaluation et d’autorisation des OGM dans l’Union européenne est défaillante et doit être réformée.
Les effets à long terme des OGM sur l’environnement et sur la santé, ainsi que leurs coûts socio-économiques pour toute la filière agricole ne sont actuellement pas pris en compte. « Nous demandons au Gouvernement luxembourgeois de continuer son engagement en faveur réforme de la une procédure d’évaluation et d’autorisation des OGM qui protège directement au niveau européen les consommateurs, l’environnement et l’agriculture des effets négatifs des OGM», déclare Maurice Losch de Greenpeace Luxembourg.

(1) : Les 29 organisations de l’Initative « Luxembourg sans OGM » :
Aide à l’Enfance de l’Inde, Association Solidarité Luxembourg Nicaragua, ASTM, Attac Luxembourg, Bauerenallianz, bioLABEL Lëtzebuerg, BIONA, Caritas Luxembourg, Demeter Bond Lëtzebuerg, Église Catholique à Luxembourg, Ëmweltberodung Lëtzebuerg asbl. (EBL), FCPT – SYPROLUX, FNCTTFEL – Landesverband, Fondation Hëllef fir d’Natur, Frères des Hommes, GREENPEACE Luxembourg, Haus vun der Natur, Initiativ Liewensufank, LCGB, Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga, Lëtzebuerger Landesverband fir Beienzuucht, Life asbl., Mouvement Écologique, OGBL, Slow Food Lëtzebuerg, SOS Faim Luxembourg, Stroossekanner Sao Paulo a.s.b.l., TransFair – Minka a.s.b.l., Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC)

mardi 15 juin 2010

Détroit de Bonifacio : un premier pas vers un réseau de réserves marines en Méditerranée ?

Aujourd’hui, Jean-Louis Borloo et Stefania Prestigiacomo, ministre italienne de l’environnement, signent un accord pour la protection du détroit de Bonifacio, situé entre la Corse et la Sardaigne. Cette signature est un premier pas vers l’interdiction du trafic de matières dangereuses et la création du premier parc marin international en Méditerranée.

Une première victoire pour la protection des océans

3 000 navires transitent chaque année dans les Bouches de Bonifacio, entre la Corse et la Sardaigne, dont 300 transportent des cargaisons dangereuses tels que des hydrocarbures, ou des produits chimiques (voir la classification de l’Organisation Maritime Internationale). Face au risque d’accident, les gouvernements français et italien ont entamé dès 1993 un processus de protection du site, notamment en interdisant le passage des navires ayant des cargaisons à risque battant pavillon français et italien.

Depuis 2008, Greenpeace a mené campagne, en mer notamment, pour réclamer le classement de ce site remarquable et particulièrement vulnérable en réserve marine, demandant d’étendre cette interdiction à l’ensemble des cargos dangereux quel que soit leur pavillon.
Le lancement aujourd’hui de la procédure de création du parc internationnal marin des bouches de Bonifacio est donc un signal positif, qui doit être le point de départ de la création d’un véritable réseau de réserves marines.

Aller plus loin pour un véritable réseau de réserves marines

Depuis minuit, aujourd’hui même, la saison de la pêche au thon rouge en Méditerranée est officiellement fermée, avec 1628 tonnes de prises déclarées pour la France.
Pour Greenpeace, en se basant sur les conclusions du comité scientifique de l’Iccat, organisation qui gère la pêche au thon qui estime qu’avec un quota de pêche à 8000 tonnes, on aurait eu une chance sur deux de voir le stock de thon rouge se reconstituer en 2022, cette pêche industrielle n’aurait jamais dû avoir lieu cette année,
Greenpeace demande toujours un moratoire sur cette pêche et la création d’un réseau de réserves marines, notamment pour que cette espèce menacée puisse se reproduire librement sur la zone des Baléares. L’Iccat, se réunira à Paris en novembre. Son comité scientifique a reçu mandat non seulement d’évaluer l’état de la population de thons rouges, mais aussi d’évaluer les possibilités de fermeture de la pêche sur des zones sensibles.

Un premier pas à été franchi en Méditerranée aujourd’hui. Dans la même dynamique qui vise à protéger nos océans, il serait inconcevable de ne faire que la moitié du chemin et de ne pas classer une zone de reproduction pour une espèce emblématique hautement menacée.

lundi 14 juin 2010

Allemagne: du maïs OGM illégal dans les champs

En Allemagne, dans au moins trois régions (Länder) que sont la Bavière, le Bade-Wurtemberg et la Basse-Saxe, des agriculteurs ont semé sans le savoir du maïs contaminé par du maïs génétiquement modifié interdit à la culture dans l’Union européenne, le maïs Nk603 mis au point par Pioneer Hi-Bred.

Des autorités qui ont tardé à agir :

La surface concernée est étendue : de l’ordre de 3000 hectares d’après nos estimations ! Et, dans les terres concernées, environ 0,1% des plants sont des plants de NK603, soit 100 pieds à l’hectare. Les autorités allemandes avaient conscience de ce problème de contamination depuis le mois de mars, mais elles sont restées passives, tardant même à prévenir les agriculteurs concernés !

Ces cultures devront être arrachées, et labourées avant floraison afin de stopper le processus de contamination. Les pertes pour les agriculteurs concernées seront conséquentes, et Greenpeace souhaite que Pioneer Hi Bred prenne ses responsabilités.

À ce jour l’Union Européenne a autorisé deux plantes OGM, les maïs Monsanto 810 et la pomme de terre Amflora. La France, l’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, la Hongrie, la Pologne, l’Italie, le Luxembourg et l’Irlande ont depuis refusé la culture du MON810 sur leur territoire.

Suivre l’actualité de la campagne ogm sur la page dédiée.

dimanche 13 juin 2010

Troisième tentative pour libérer les thons en Méditerranée

Vers 14h cet après midi, au sud des côtes maltaises, dans les eaux internationales, les militants de Greenpeace ont tenté une troisième action en Méditerranée, pour libérer les thons rouges captifs dans une cage de transport. Durant deux heures, les militants sur leurs zodiacs ont donc tenté d’ouvrir une cage. Mais à l’aide de plusieurs bateaux, le remorqueur de la cage a maintenu les zodiacs de Greenpeace à distance. La marine maltaise a aussi empêché l’accès à la cage en repoussant les militants à l’aide de canons à eau. Plutôt que de s’appliquer à protéger une espèce menacée, la marine maltaise a donc protégé des intérêts privés, afin de permettre l’engraissement puis l’abattage des thons.

Un business de l’engraissement
Si les opérations de captures sont maintenant illégales pour les navires battant pavillon européen, le transport pour l’engraissement des thons déjà capturés continue à bon train en Méditerranée. La pêche au thon rouge en Méditerranée est une véritable industrie, dont l’engraissement est une partie importante : entre juin et février, les thons sont gavés dans des fermes aquacoles, principalement autour de Malte, pour prendre du poids et donc de la valeur à l’export, à 80% vers le Japon. Retrouvez toutes les phases de l’industrie du thon sur http://www.greenpeace.fr/thon-rouge/industrie-du-thon

Interférer sur toutes les phases de la pêche : seule façon de sauvegarder l’espèce
Les lois et quotas existants ne permettent pas de sauvegarder le thon rouge, ils ne sont pas en rapport avec les réalités décrites par les scientifiques, qui parlent de -80% de thons en 2à ans, depuis le début de la pêche industrielle. Tout thon capturé, en plein période de reproduction dans les eaux de Méditerranée, alourdit encore la menace qui pèse sur l’espèce. Greenpeace estime donc qu’il est de son devoir d’interférer sur toute opération rencontrée, si l’on veut donner une dernière chance au thon rouge.

La solution: moratoire sur la pêche et réserves marines
Greenpeace demande un arrêt immédiat de la pêche à la senne, principale responsable des dégâts faits à l’espèce. L’Iccat, dont la prochaine réunion aura lieu à Paris en novembre, fixe les quotas pour l’année suivante. Plus globalement, Greenpeace demande la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit. Ainsi, le stock pourra se reconstituer et l’espèce pourra survivre.

Plus d’informations sur la campagne sur notre page dédiée : www.greenpeace.fr/thon-rouge

mercredi 9 juin 2010

Thon rouge : la Commission européenne obligée d’intervenir car la France ne joue pas le jeu

La France refusant de rappeler au port les thoniers français qui avaient atteint leurs quotas de pêche, la Commission européenne a été obligée d’intervenir. Elle vient d’annoncer sa décision de fermer la pêche au thon rouge avant la fin de la saison. Greenpeace estime que cette décision ne résout rien et ne permet pas de sauver les derniers thons rouges.

Régulièrement, la France ne joue pas le jeu

Comme en 2008, la Commission européenne a été obligée d’intervenir car la France ne joue pas le jeu. Depuis des années, les thoniers atteignent leurs quotas bien avant la fin de la saison de pêche. Chaque État européen est alors censé rappeler « ses » pêcheurs au port, ce que la France rechigne à faire… Cette année, la Commission européenne a donc, comme l’année dernière, stoppé la pêche avant la fin de la saison, les thoniers ayant atteint leurs quotas en quelques jours.

« Cette année, la Commission européenne n’aurait tout simplement pas du autoriser d’opérations de pêche. En quelques jours seulement, les thoniers, qui opèrent à bord de navires suréquipés, ont capturé leur quota de thons rouges, et personne ne se montre trop pressé de les rappeler au port. Réglementer la pêche au thon rouge, c’est à peu près aussi simple que faire respecter des limitations de vitesse à des voitures dotées d’un moteur ultra puissant. » , déclare François Chartier, de la campagne Océans de Greenpeace France.

Cette décision ne résout rien, la farce des quotas continue

Aujourd’hui, la pêche européenne est officiellement fermée mais la farce des quotas continue. D’abord parce que les navires non européens ne sont bien sûr pas concernés par l’arrêt de la pêche décidé aujourd’hui par la Commission européenne. Pour mémoire, la flotte non européenne représente 40 % du quota de pêche fixé par l’Iccat, l’organisme international qui gère la pêche du thon rouge.

Pire : de nombreux armateurs européens, en premier lieu les français, disposent de thoniers senneurs sous pavillon libyen. Ils peuvent donc tranquillement pêcher dans les eaux libyennes, où les contrôles sont inexistants et où il est très facile de pêcher hors quota Iccat. Ces navires ne sont pas non plus concernés par la décision de la Commission européenne d’aujourd’hui.

« La décision d’aujourd’hui ne permet pas de sauver le thon rouge, le système des quotas a fait la preuve de son inefficacité. Certes, avec les années, les contrôles se sont améliorés, la saison de pêche a été réduite, les quotas ont diminué… Mais tout cela reste très largement insuffisant au regard de la menace qui pèse sur l’espèce. En vingt ans de pêche industrielle, 80 % des thons rouges ont disparu. Pour 2010, les scientifiques de l’Iccat ont estimé qu’un quota de 8 000 tonnes ne laisserait qu’une chance sur deux au stock de se reconstituer. Or les thoniers ont été autorisés à pêcher jusqu’13 500 tonnes de poissons. » explique François Chartier

Laissons les thons se reproduire en Méditerranée !

L’espèce est aujourd’hui tellement affaiblie que, cette année, nous considérons que chaque prise est une prise de trop. La meilleure façon de protéger le thon rouge, c’est de le laisser faire ce pour quoi il vient chaque année en Méditerranée : se reproduire !
Restons mobilisés, et interpellons Bruno Le Maire !

Pour rappel, les thons rouges pêchés ces dernières semaines sont actuellement enfermés vivants dans de vastes cages et transportés dans des fermes d’engraissement où ils seront gavés pendant près de 6 mois puis abattus et expédiés dans leur majorité au Japon.

Pour rester informer consultez notre page dédiée

Thon rouge : les citoyens mobilisés !

Samedi dernier, 5 juin, les Français ont largement participé à la journée de mobilisation organisée par les militants bénévoles de Greenpeace dans 21 villes.


D’Avignon à Rouen, en passant par Brest, Clermont-Ferrand, Lyon ou Paris, les citoyens demandaient à Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, le retour des bateaux de pêche en France, grâce à une pétition en images.

Merci à tous, de votre présence et de votre soutien !

Greenpeace condamne sans réserve l’assassinat d’un militant des droits de l’Homme en République démocratique du Congo

Le mercredi 2 juin 2010, le corps sans vie de Floribert Chebeya Bahizire, Président de l’ONG congolaise La Voix des Sans Voix (VSV), a été retrouvé. Greenpeace présente ses plus sincères condoléances à sa famille, ses amis et ses collègues.
Nous exprimons également notre profonde inquiétude quant à la disparition de Fidèle Bazana Edadi, le chauffeur qui accompagnait M. Chebeya.

Le porte parole des « sans voix »

Floribert Chebeya Bahizire était un porte-parole éminent de la société civile : il savait s’exprimer sans détour pour faire entendre « la voix des sans voix ». Son combat pacifique pour le respect des droits humains et sociaux du peuple Congolais était caractérisé par un courage exemplaire, tout comme les efforts qu’il a accomplis pour renforcer et protéger le cadre législatif congolais, notamment en dénonçant les injustices ayant cours dans ce pays.

Sa mort survient à quelques semaines du 50ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, pays riche en ressources naturelles.
« Pour que les Congolais soient véritablement indépendants et pour que la RDC soit véritablement démocratique, les militants comme M. Chebeya doivent pouvoir s’exprimer librement au nom des communautés et des individus dont les droits sont bafoués et les ressources pillées, souvent avec la complicité de compagnies étrangères », a déclaré Olivia Langhoff, Directrice de Campagne à Greenpeace Afrique.

Un défenseur du droit des communautés forestières au Congo

Son combat pour la justice a amené Floribert Chebeya Bahizire à soutenir les efforts réalisés par les communautés forestières en RDC pour défendre leurs droits. En septembre 2006, grâce à un séminaire organisé à Bumba par La Voix des sans Voix, 29 villageois et militants des droits de l’Homme avaient trouvé le courage d’adresser une pétition au gouvernement congolais, dénonçant les pratiques dans les exploitations forestières menées par les compagnies SIFORCO (filiale du groupe germano-suisse Danzer) et Trans-M. Suite à cette démarche, SIFORCO a intenté un procès en diffamation à l’encontre des instigateurs de la pétition. L’affaire est toujours devant les tribunaux.

Greenpeace déplore les intimidations, sous toutes leurs formes, visant les membres courageux de la société civile et se joint aux nombreux appels lancés par les Congolais, les organisations internationales des droits de l’Homme et les Nations-Unies pour réclamer la mise en place d’une enquête exhaustive et indépendante sur la mort de Floribert Chebeya Bahizire et la disparition de Fidèle Bazana Edadi.

mardi 8 juin 2010

18 mois d’emprisonnement requis contre les deux enquêteurs de Greenpeace qui avaient révélé un trafic de viande de baleine au Japon !

En 2008, Toru Suzuki et Junichi Sato, avaient révélé un scandale de corruption lié au détournement de viande de baleine au Japon. Ils sont aujourd’hui accusés de « vol » et « atteinte aux biens d’autrui ».

« Junichi et Toru ont agi pour le bien public, et toujours de façon non violente. Il est très inquiétant qu’une peine de prison puisse être requise à leur encontre, a dénoncé Kumi Naidoo, Directeur exécutif de Greenpeace International. D’après les spécialistes des droits de l’Homme, nous sommes face à une affaire politique – un exemple de plus venant illustrer la tendance de plus en plus forte des pouvoirs publics, dans le monde entier, à utiliser la loi pour museler une opposition qui dérange. »

Suite à des allégations de corruption, J. Sato et T. Suzuki ont enquêté sur un programme public de recherche consacré à la chasse baleinière. Ils ont alors intercepté une caisse de viande destinée au marché noir, s’en servant de preuve pour demander l’ouverture d’une enquête officielle. Les autorités ont rapidement décidé de clore leur enquête, tandis que J. Sato et T. Suzuki étaient arrêtés. Leur détention, leur interrogatoire et leur mise en accusation ont été condamnés par les organisations internationales des droits de l’Homme, les experts juridiques et des responsables politiques, notamment l’archevêque Desmond Tutu, lauréat du prix Nobel de la paix.

Ce réquisitoire arrive au moment où des négociations cruciales doivent débuter dans le cadre de la Commission baleinière internationale, qui se réunit à Agadir, au Maroc.
Depuis l’arrestation des deux hommes en juin 2008, plus de 500 000 messages ont été envoyés au gouvernement japonais par des citoyens inquiets du sort des « Tokyo 2 ».

Dans le monde entier Greenpeace soutient Junichi et Toru !


Le verdict définitif sera rendu le 6 septembre à 14 heures.

Plus d’informations sur le scandale du trafic de viande de baleines

Marée noire dans le Golfe du Mexique – point d’étape sur la mobilisation

Il y a 7 semaines, explosait, au large des côtes de Louisiane, la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par la compagnie pétrolière britannique BP (British Petroleum). Le désastre généré par cet accident apparaît de plus en plus aux médias et aux citoyens comme étant la plus grande catastrophe écologique jamais survenue aux États-Unis.

Greenpeace a été particulièrement mobilisée, notamment les bureaux américain et britannique de l’organisation (qui est présente dans plus de 40 pays dans le monde).

Aux États-Unis, les militants de Greenpeace mènent des actions pour réveiller les consciences politiques, industrielles et citoyennes. Des experts, des scientifiques et des militants ont passé des semaines dans les eaux polluées de Louisiane pour recueillir des échantillons, documenter les graves dommages que subi le Golfe du Mexique, une région riche en biodiversité, mais aussi répondre aux nombreuses questions des médias concernant l’ampleur et l’impact de la catastrophe. Au cours de leurs opérations de collecte d’échantillons, sept militants ont été arrêtés pour « violation de propriété sensible » .

Greenpeace a également très rapidement envoyé sur place un photographe, dont les photos montrant l’ampleur de la marée noire et son terrible impact sur les eaux, la faune et la flore ont été parmi les premières à faire le tour du monde.

Greenpeace pousse les citoyens à agir :

Par ailleurs, aux Etats-Unis, Greenpeace invite les internautes à interpeller leurs responsables politiques à travers un message envoyé à l’ensemble des membres du Congrès américain : « Tell Congress: No new drilling. Period » (« Demandez au Congrès de prendre un moratoire sur les forages pétroliers »).

BP, la compagnie pétrolière responsable de la catastrophe, étant britannique, des militants de Greenpeace sont passés à l’action au Royaume-Uni. Le 20 mai au matin, ils ont ainsi escaladé la façade du siège de la compagnie British Petroleum (BP), à Londres. Sur le balcon du bâtiment, les activistes ont accroché un drapeau aux couleurs du logo de BP « revu et corrigé » : le tournesol est entaché de pétrole, et les lettres BP ne signifient plus « pétrole britannique » mais « pollueur britannique ».

Greenpeace face à BP : une campagne qui dure depuis plusieurs années

La campagne de Greenpeace contre les agissements de BP remonte bien avant la marée noire de Louisiane. Depuis plusieurs années, au Royaume-Uni, Greenpeace fait pression sur BP mais aussi sur Shell, l’autre grande entreprise pétrolière nationale, et sur BP pour que ces deux compagnies cessent d’investir dans l’exploitation des sables bitumineux, technique d’exploitation du pétrole, la plus chère, la plus énergivore et la plus risquée.

Dernière innovation de la campagne menée par Greenpeace en Royaume-Uni sur BP et les sables bitumineux : les internautes sont invités à détourner le logo de la firme multinationale. Ce concours a rencontré un grand succès et se poursuit : participez et informez-vous sur le site.
Cette campagne contre les sables bitumineux se développe en France, avec, cette fois, Total comme cible. Pour en savoir plus, consultez la page dédiée aux sables bitumineux.

Une mobilisation citoyenne :

Au-delà de ces actions proposées par Greenpeace, le grand public se mobilise. Les internautes se révèlent extrêmement choqués par la situation en Louisiane, et les initiatives individuelles se multiplient. Certaines sont particulièrement créatives, à l’image des « BP songs » qui apparaissent sur les plateformes vidéos: This disaster – the BP song (original song) ou encore BP’S LEAKING by TomV

Sur le net, quelques ressources pour suivre le dossier:

Pour garder un œil sur la fuite, la webcam
Sur le blog de Greenpeace international (anglais)
Sur celui de Greenpeace France
Pour (re)voir la chronologie des évènements, voir le travail effectué par le site du magazine TerraEco

lundi 7 juin 2010

Thon rouge : Greenpeace agit pour libérer les thons en Méditerranée

Les activistes de Greenpeace ont à nouveau agi aujourd’hui : ils ont tenté de libérer les thons en ouvrant une cage de transport vers les fermes d’engraissement, au large des côtes maltaises. Cette action a néanmoins due être stoppée avant d’avoir pu libérer les thons.

L’objectif : libérer les poissons de la cage de transport

À bord de l’Arctic Sunrise, les militants de Greenpeace ont réussi à détacher la cage de transport de son remorqueur. D’autres militants ont ensuite tenté d’ouvrir la cage pour libérer les poissons. Ils ont malheureusement dû se retirer avant de les libérer pour éviter un affrontement avec des thoniers senneurs repérés à l’approche.

Cette cage de transport contenait entre 100 et 200 tonnes de thons rouges, remorqués, vivants, vers des fermes d’engraissement dans les eaux tunisiennes.

Interférer sur les actions de pêche : seul moyen pour sauver l’espèce

Le quota accordé pour 2010 s’élève à 13 500 tonnes alors que les scientifiques de l’Iccat, l’organisation qui gère la pêche du thon rouge, estiment qu’avec une limite à 8 000 tonnes, on aurait seulement une chance sur deux de voir le stock se reconstituer d’ici à 2022. Force est de constater que la France, l’Union européenne, la Cites, et l’Iccat elle-même ont ignoré les recommandations scientifiques.

Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit.

Avec nous, interpellez Bruno le Maire, Ministre d’Agriculture et de la Pêche, à assumer sa responsabilité et à rappeler les bateaux français au port. Signez la pétition .

dimanche 6 juin 2010

Thon rouge : A terre comme en mer, tous mobilisés !

Une grande solidarité s’est exprimée, partout en France :

Samedi 5 juin, les militants bénévoles de Greenpeace ont organisé une journée de mobilisation dans 21 villes de France. D’Avignon à Rouen, en passant par Brest, Clermont-Ferrand, Lyon ou Paris, les citoyens se sont largement mobilisés, grâce aux appels lancés sur les réseaux sociaux. Ils sont venus alimenter une pétition en images, afin de demander l’arrêt de la pêche à la senne au thon rouge et exprimer leur soutien aux militants de Greenpeace mobilisés en mer.
Photos, vidéos, signatures de la pétition pour interpeller Bruno le Maire, mais aussi information et dialogue avec les passants …. Le soutien aux « derniers thons rouges » s’est exprimé de multiples façons, lors de cette mobilisation, qui a pris une autre dimension suite à l’agression des militants de Greenpeace en mer la veille.. Les mots d’encouragements envers l’action non violente se sont multipliés.
A Marseille, des bénévoles de Greenpeace ont également été pris à parti par des pêcheurs mais la présence de nombreux passants a limité la portée de l’altercation.

Il y a urgence : -80% de thons en 20 ans

Depuis avènement de la pêche industrielle, selon les scientifiques, le nombre de thons rouges adultes a diminué de 80%. C’est une des critères retenus par ces scientifiques pour considérer l’espèce comme menacée. :Si on n’arrête pas cette pêche aujourd’hui, l’espèce pourrait ne plus être en mesure de se reproduire et de tenir sa place dans l’écosystème dès 2012.

Les pêcheurs sont censés respecter des quotas, qui baissent chaque année mais demeurent bien au-delà des recommandations des experts. Le quota accordé pour 2010 s’élève à 13 500 tonnes, alors que les scientifiques de l’Iccat, l’organisation qui gère la pêche du thon rouge, estiment qu’avec une limite à 8 000 tonnes, on aurait seulement une chance sur deux de voir le stock se reconstituer d’ici à 2022.

La solution est politique : moratoire sur la pêche et réserves marines

La France a une des premières flottes de thoniers senneurs, avec 17 bateaux. Elle doit se calquer sur la position de l’Italie, qui a imposé un moratoire à ses pêcheurs industriels, et les indemnisera pour qu’ils restent à quai. Les pêcheurs sont victimes d’une gestion politique catastrophique de la pêcherie : le gouvernement français devrait les accompagner pour que cette profession n’agonise pas, acculée aujourd’hui à tenter de pêcher les derniers thons.. Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit. Ainsi, le stock pourra se reconstituer et l’espèce pourra survivre.

Aujourd’hui plus que jamais, le soutien des citoyens français est nécessaire pour ouvrir les yeux des responsables politiques : vous aussi, agissez, interpellez avec nous Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture !

Greenpeace reste déterminée à agir de façon non violente

Greenpeace mène campagne pour la défense du thon rouge depuis une dizaine d’années, et depuis cinq ans en mer, pour surveiller les pratiques de pêche en Méditerranée. Plus que jamais les militants de Greenpeace feront tout leur possible pour sauver l’espèce pour empêcher cette pêche illégitime et l’appropriation d’une espèce emblématique par quelques uns.

vendredi 4 juin 2010

Thon rouge : des militants de Greenpeace violemment agressés en mer par les thoniers français

Ce 4 juin, vers 14h, a débuté la première action de Greenpeace en Méditerrannée. Des militants se sont interposés de façon non-violente dans des opérations de pêche au thon rouge pour libérer les poissons capturés par un thonier senneur français, le Jean Marie Christian 6, un navire de l’armement de Jean-Marie Avallone.


Une attaque d’une rare violence de la part des thoniers

Sept thoniers senneurs ont alors uni leurs forces pour attaquer avec une extrême violence les militants de Greenpeace.
Les pêcheurs, dans leurs navires de trente mètres, ont foncé sur les zodiacs de l’association et les ont abordés avec des couteaux attachés au bout de lances. Les pêcheurs ont tiré à l’aide de fusées de signalisation sur les militants et sur l’hélicoptère de Greenpeace qui survolait la scène de l’action pour prendre des photos et pouvoir témoigner de ce qui se passait. Un des militants a été harponné et traîné sur plusieurs mètres. Très gravement blessé, il a réussi à se libérer en arrachant le harpon de sa jambe juste avant d’être tiré dans l’eau. Il a été évacué en hélicoptère vers un hôpital de Malte.

«Les thoniers, et en particulier ceux des armements Avallone, ne connaissent que la brutalité : nos militants venaient avec de simples sacs de sable pour abaisser les filets et libérer les poissons. Les pêcheurs les ont agressés avec des couteaux, des harpons, des fusées d’appel, déclare Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. Greenpeace va immédiatement saisir la justice française et les autorités européennes pour que la lumière soit faite et que les responsables de cette agression sauvage soient sanctionnés comme il se doit. »

Parmi les bateaux industriels de pêche présents se trouvaient les trois navires de Jean-Marie Avallone et deux de l’armement Giordano. Un bâtiment de l’armée française est arrivé sur les lieux après l’agression.

Greenpeace poursuit l’action engagée depuis plusieurs années

Au cours des vingt dernières années, le nombre de thons rouges adultes a chuté de 80 %. Si on n’arrête pas cette pêche aujourd’hui, l’espèce pourrait ne plus être en mesure de se reproduire et de tenir sa place dans l’écosystème dès 2012.
« Greenpeace est intervenue aujourd’hui, comme toujours, de façon non-violente, parce que l’Iccat, la Cites, l’Union européenne et la France ont failli à leur mission et restent sourdes aux recommandations des scientifiques. Si nous voulons sauver le thon rouge, il faut immédiatement stopper des pratiques de pêche irresponsables et destructrices », explique François Chartier, de la campagne Océans.

Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit. Ainsi, le stock pourra se reconstituer et l’espèce pourra survivre.

Pour suivre l’actualité et plus d’information, retrouvez nous sur www.greenpeace.fr/thon-rouge

vendredi 28 mai 2010

De l’off-shore aux sables bitumineux : les compagnies pétrolières, des pollueurs décomplexés

Alors que nous avons les yeux rivés sur la catastrophe de la marée noire dans le Golfe du Mexique, un autre drame environnemental se déroule plus au Nord : l’extraction des sables bitumineux d’Alberta, au Canada.



Si l’extraction de ces sables semble à première vue moins choquante qu’une nappe d’hydrocarbures dans nos océans, cette exploitation a également des conséquences dramatiques pour l’environnement, le climat et les populations autochtones. Les sables bitumineux contiennent des hydrocarbures mélangés à du sable, de l’argile et de l’eau. Exploiter les sables bitumineux est la façon la plus sale, la plus chère et la plus énergivore de produire du pétrole. La production d’un baril issu de ces sables nécessite 5 barils d’eau, un demi baril de gaz et émet jusqu’à cinq fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel. Selon le Journal de l’Académie des Sciences américaine l’utilisation massive de produits toxiques, nécessaire à la dilution du bitume, représente chaque année l’équivalent d’une marée noire majeure, provoquant une forte hausse des cas de cancer chez les populations autochtones de l’Athabasca.

Extraction off-shore en eaux profondes, sables bitumineux, huiles lourdes… autant d’hydrocarbures que l’homme ne devrait pas déterrer. En effet, selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research, si l’on veut garder la hausse des températures en dessous des deux degrés, seules moins d’un quart des réserves prouvées en pétrole peuvent être utilisées d’ici à 2050.

Total en Alberta : des représentants de populations locales mis à l’écart du débat
En Alberta, la compagnie pétrolière Total extrait du pétrole sur le site de Surmount. Deux autres projets sont à l’étude : Joslyn et Nothern light. Afin de raffiner le pétrole issu de ses exploitations, Total souhaite installer un upgrader (type de raffinerie spécialisée dans les sables bitumineux) à Strathcona County, au nord-est de Fort Saskatchewan.

Mardi prochain aura lieu l’audition publique visant à recueillir les avis sur ce projet. L’ERCB (The energy ressources conservation board) est censé prendre en compte les résultats de l’audition publique avant de donner son autorisation au projet. Or, jusqu’à aujourd’hui, et malgré les nombreux désaccords énoncés par les peuples autochtones et les associations environnementales, cette instance a approuvé 100 % des projets liés à l’extraction des sables bitumineux dans la région.

Et c’est sans compter la pression exercée, en l’occurrence par Total, sur certaines parties-prenantes afin qu’elles ne prennent pas part au débat ce mardi. C’est le cas de Kathy Radke, Wayne Groot et Barbara Collier. Alors que Total prétexte qu’ils habitent trop loin pour pouvoir participer à l’audition, tous ont de fortes chances d’être impactés par l’upgrader. C’est par ailleurs la première fois qu’une compagnie pétrolière en Alberta nie le droit à des résidents locaux de témoigner à l’audition publique d’un upgrader. Cela va à l’encontre de la position publique de Total E&P Canada qui assure vouloir engager la communauté tout au long du processus.

La transparence, la volonté de codécision avec les communautés locales, etc. affichées par les groupes comme Total en Alberta se heurte souvent à une limite : celle de leur capacité à exploiter les « sables » comme ils le veulent et donc à polluer sans entrave.

Areva s’apprête à arrêter son trafic de déchets nucléaires vers la Russie : Greenpeace a gagné !

Greenpeace a découvert qu’Areva va prématurément cesser d’exporter ses déchets nucléaires en Russie. Alors que le contrat qui unit Areva et l’agence atomique russe Rosatom devait prendre fin en 2014 (1), les Russes ont décidé de rompre dès le 11 juillet prochain cette collaboration qui dure depuis 1972 !

La polémique internationale créée ces derniers temps notamment grâce aux actions de Greenpeace a eu raison de ce scandale !

Un scandale révélé par Greenpeace

Depuis les années 1980, Greenpeace dénonce les exportations de déchets nucléaires en Russie. En octobre 2009, la diffusion de l’enquête de Laure Noualhat et Éric Guéret, « Déchets : le cauchemar du nucléaire » relance la polémique. N’obtenant aucune explication satisfaisante de la part d’Areva, le ministre de l’Écologie et de l’Énergie saisit le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire qui ouvre une enquête. Prévus pour janvier 2010, les résultats devraient être rendus publics d’ici la fin du mois de juin. Plus de détails ici : http://bit.ly/d7ynKp

Les mensonges d’Areva…
Tout au long de cette bataille, Areva n’a cessé de mentir pour essayer de justifier ces exportations. Aujourd’hui l’industriel essaie de faire croire que l’arrêt des exportations était prévu de longue date… La journaliste de Rue89 qui a réalisé une enquête complète sur cette affaire a eu bien des difficultés pour obtenir des réponses. Son article sur le sujet est visible ici : http://bit.ly/cUrXJy

Un scandale qui s’arrête, une bonne nouvelle !
Greenpeace considère qu’exporter ces déchets en Russie est contraire à loi russe sur la protection de l’environnement datant de 1989 qui interdit les importations de déchets nucléaires. Mais aussi à la directive européenne de 2006, relative à la surveillance et au contrôle des transferts de déchets radioactifs et de combustible nucléaire usé (4).
Ce texte stipule que l’expéditeur de déchets nucléaires doit s’assurer des bonnes conditions de sûreté dans lesquelles ils vont être disposés dans le pays dans lequel il les envoie. Aujourd’hui, ni Areva, ni EDF, ni même les autorités françaises ne sont en mesure de contrôler les conditions de sûreté en Russie, comme l’a confirmé l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Greenpeace a donc porté plainte devant la Commission européenne car, en expédiant leurs déchets nucléaires en Russie, les industriels français ne respectent pas cette directive.

(1) voir lettre du ministre russe de l’énergie http://bit.ly/cYCz7u
(2) http://bit.ly/cOAWGz, dernier paragraphe page 14
(3) www.greenpeace.fr/rapport-dechets-russie
(4) à consulter sur http://bit.ly/bDkIo9

Toujours pas de thon rouge à l’horizon… Auraient-ils déjà tous disparu ?

Avec une taille pouvant dépasser les trois mètres, le thon rouge fait figure de géant des océans. Aussi grand qu’une petite voiture de sport, ses capacités d’accélération sont supérieures à celles des bolides. Sa morphologie hydrodynamique approche la perfection, si bien que certains chercheurs tentent de s’en inspirer pour concevoir des torpilles et des sous-marins. En réalité, seuls les orques et les grands requins représentent une menace pour le thon rouge, qui règne pratiquement en maître sur les océans et peut vivre jusqu’à 30 ans.



Mais aujourd’hui, les stocks s’effondrent et le thon rouge de Méditerranée est en voie d’extinction. Pourtant, on sait que ce poisson est pêché depuis plus de 7 000 ans. Pendant l’Antiquité, les Romains le ramenaient déjà dans leurs filets pour nourrir leurs soldats. Jusqu’aux années 1960, la pêche au thon rouge était pratiquée à petite échelle : le thon rouge était capturé en Méditerranée par les madragues, des filets fixes sur les côtes.

Les problèmes ont commencé quand certains ont eu l’ingénieuse idée de tirer parti des mÅ“urs de reproduction – certes un peu particulières – des thonidés : pour se reproduire, ils se regroupent tous les ans à la même époque (de fin mai à fin juin) et au même endroit, en Méditerranée… ce qui, bien entendu, facilite leur capture.

Ainsi, à partir des années 70, la pêche artisanale a cédé la place à une pêche industrielle qui a connu un véritable essor, et le développement des thoniers senneurs a signé l’arrêt de mort de l’espèce, tout comme celui de la pêche artisanale. La pêche à la senne s’apparente en fait davantage à une véritable chasse, avec ses « rabatteurs » (les avions de repérage) et ses « tireurs » (les senneurs). La senne utilisée pour le thon rouge est un filet long de plus de deux kilomètres, qui ne laisse aucune chance aux bancs de poissons.

Dans un premier temps, les sennes étaient donc pleines. Et pour écouler l’offre abondante, il a fallu booster la demande. Le thon rouge est vite devenu un aliment phare de la cuisine japonaise, notamment des fameux sushi. Pourtant, contrairement à une idée largement répandue, le thon rouge ne faisait pas partie à la base des ingrédients traditionnels de la cuisine nippone. Mais la recherche du profit à tout prix a poussé les pêcheries à s’industrialiser toujours plus, à une échelle démesurée et insoutenable…. Ainsi, une poignée de thoniers senneurs remplissent leurs filets et leurs poches, tandis que nos responsables politiques assistent les bras croisés à la disparition d’une espèce emblématique de nos océans…

Tous les acteurs présents, mais pas de pêche possible !
Le Rainbow Warrior, le navire amiral de Greenpeace, n’a pas démissionné : il est en Méditerranée depuis l’ouverture de la saison de pêche. Les bateaux de pêche sont là eux aussi, avec leurs remorqueurs et leurs cages, tout comme les navires militaires de contrôle. En revanche, les thons rouges brillent par leur absence…

Il se peut que les thonidés s’en soient allés vers des eaux plus chaudes, qu’ils aient pris un peu de retard à cause d’une température de l’eau trop froide, ou que nous ne regardions pas au bon endroit. Ou alors, le pire des scénarios est peut-être en train de se réaliser : les thons rouges ont disparu.

Cela fait des années que Greenpeace et les associations de protection de l’environnement tirent le signal d’alarme. On a beau nous accuser de jouer les Cassandre, le bon sens veut que si l’on continue de traquer une espèce menacée d’extinction, au bout d’un moment, elle cesse d’exister.

Mais la patience est le maître mot des militants embarqués à bord du Rainbow Warrior. « Dépêchez-vous et attendez » est devenu la devise officielle de nombreuses actions menées par Greenpeace. Ce qui est sûr, c’est que les pêcheurs son prêts, et le temps joue contre eux : la saison de pêche se termine le 15 juin. Ces dernières années, la saison de pêche a été considérablement écourtée : trop de bateaux, trop peu de ressources halieutiques. Espérons que quelqu’un a tuyauté les thons rouges pour qu’ils n’arrivent pas en Méditerranée avant le 16 juin !

Auparavant, les thoniers pouvaient pêcher 11 mois sur 12, contre un seul aujourd’hui… Malheureusement, ces mesures s’avèrent insuffisantes pour permettre une reconstitution des stocks. Si l’on veut vraiment mettre un terme au déclin des populations de thonidés, il faudrait s’assurer qu’ils puissent se reproduire dans des conditions optimales, et à cet effet, commencer par protéger les zones où ils se reproduisent.

La solution : des réserves marines
Le thon rouge est un poisson migratoire qui, par conséquent, peut difficilement se reproduire en captivité. Il faut donc préserver les espaces dans lesquels ils évoluent naturellement, notamment les mers entourant les îles Baléares. Si, pour la plupart d’entre nous, ces îles riment avec soleil et vacances, elles sont synonymes de survie pour le thon rouge qui vient s’y reproduire.

Ainsi, pour protéger le thon rouge, il faut protéger les Baléares (et le sud de la Sicile, et le Golfe du Mexique, pour commencer !), et empêcher les thoniers senneurs de capturer une espèce en danger qui vient justement dans ces eaux pour se reproduire. La science est formelle, la logique implacable. Le raisonnement n’est pas difficile à comprendre, que vous vouliez sauvez le thon rouge en tant qu’espèce ou préserver le futur de la pêche.

Entre autres mesures, il faudrait notamment créer des réserves marines dans les zones de reproduction du thon rouge en Méditerranée. Depuis des années, Greenpeace et d’autres ONG réclament l’établissement d’un sanctuaire pour le thon rouge dans les eaux des Baléares. Toutefois, le gouvernement espagnol, qui n’a jamais été le meilleur ami du thon rouge, s’oppose à cette mesure.

En bref, nous nageons dans un océan de scandales. Pourquoi les thoniers-senneurs ont-ils le droit de guetter et d’épingler une espèce en voie de disparition qui vient en Méditerranée pour se reproduire ? Pourquoi nos gouvernements défendent-ils les intérêts des pêcheurs, et non ceux du thon rouge ? Il semblerait que le thon rouge soit devenu le symbole d’une gestion catastrophique de la pêche et des ressources naturelles.

Notre fiche thématique sur le thon rouge

Notre fiche thématique sur les réserves marines

François et Isabelle, en direct de la mer Méditerranée.

jeudi 27 mai 2010

Moratoire sur l’autorisation de nouvelles plantations en Indonésie


© Natalie Behring-Chisholm / Greenpeace

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé mercredi à Oslo un moratoire de deux ans sur l’attribution de nouveaux permis de plantation. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un accord avec la Norvège qui consacrera jusqu’à un milliard de dollars pour la préservation des forêts indonésiennes. Greenpeace se réjouit de cette avancée mais demande également à Jakarta de réexaminer les autorisations déjà accordées pour déboiser.

« Nous enregistrons avec intérêt l’annonce d’un accord de coopération entre l’Indonésie et la Norvège, prévoyant un moratoire de deux ans sur tout nouveau permis de conversion des forêts naturelles et tourbières en plantations industrielles « ,déclare Jérôme Frignet, chargé de campagne Forêts à Greenpeace France. « Mais des millions d’hectares de forêts ont déjà fait l’objet d’allocations à l’industrie de l’huile de palme et du papier : le président indonésien doit étendre le moratoire aux permis déjà attribués et décréter l’arrêt immédiat de toute déforestation au bénéfice de ces industries ».

L’Indonésie possède, avec le Brésil, l’une des plus grandes forêts équatoriales au monde, mais affiche aussi l’un des taux de déforestation les plus élevés, en particulier sur les îles de Sumatra et de Bornéo. Selon le Groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (Giec), la déforestation représente 17% des émissions globales de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur du transport. L’équivalent de trois cents terrains de football de forêts est défriché chaque heure en Indonésie, qui produit avec la Malaisie 80 % de l’huile de palme mondiale.

Cependant, ce fléau, qui contribue fortement au réchauffement climatique, est une source importante de revenus pour l’archipel. L’intérêt pour le gouvernement indonésien est de trouver un équilibre entre la préservation des forêts et les intérêts économiques de son pays. C’est pourquoi la Norvège soutiendra d’abord l’Indonésie dans ses efforts visant à se doter de mécanismes de contrôle et de lutte contre la déforestation, puis, à compter de 2014, elle versera à Jakarta des aides en fonction des progrès réalisés.

Lors du sommet de Copenhague sur le climat, six pays – Australie, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon et Norvège – s’étaient engagés à verser 3,5 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) aux pays forestiers tropicaux. L’accord appelait à rémunérer, sous forme d’aide publique internationale ou de crédits carbone, les pays qui réussissent à préserver leurs forêts ou à en accroître la superficie. Mais pour en bénéficier, il faut que le gouvernement indonésien mette en place des politiques forestières crédibles et soit en mesure de démontrer que les objectifs promis ont bien été tenus.

Guide électronique de Greenpeace : les fabricants de téléphones plus « verts » que ceux d’ordinateurs

Greenpeace a publié la quinzième édition de son guide pour une High-tech responsable, qui classe les grands fabricants de l’informatique, des télécoms et de l’électronique, du plus « vert » au moins « Ã©co-responsable« .

En tête du classement, Nokia. La marque finlandaise de téléphones portables a supprimé de ses nouveaux produits des substances chimiques nocives pour l’environnement et dangereuses pour la santé, comme les composants bromés, les retardateurs de flammes chlorés et les trioxydes d’antimoine. Arrive en deuxième position le fabricant nippo-suédois de téléphones mobiles, suivi du géant de l’électronique néerlandais Philips et de l’équipementier télécoms américain Motorola.

À l’autre bout du classement, on trouve une série de fabricants d’ordinateurs : le groupe d’équipements informatiques japonais Fujitsu, le géant informatique américain Microsoft et le fabricant chinois d’ordinateurs Lenovo, respectivement 15e, 16e et 17e. En 18e et dernière place du classement, le groupe de jeu vidéo japonais Nintendo avec un zéro pointé pour l’utilisation de matériaux réutilisables et le recyclage des déchets.

À noter depuis la dernière édition du guide, deux impressionnantes dégringolades. Toshiba chute de la 3e à la 14e position, et Samsung, de la 7e à la 13e place. La cause de ce déclin ? Le non respect de leur engagement visant à éliminer progressivement le PVC et autres composants bromés de leur chaîne d’approvisionnement.

Le guide pour une High-tech responsable classe les compagnies selon trois critères :

-l’élimination des substances dangereuses des produits,

-le recyclage des produits devenus obsolètes,

-la réduction des conséquences de leur activité pour le climat.

Visualisez le guide

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