Ecoblogie

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mardi 21 juin 2016

#LeclercObscur

#Agriculture industrielle et #inondations : @OsonsCauser nous rappelle les effets de la destruction des #sols. https://t.co/z1VJOUUzii

— Greenpeace France (@greenpeacefr) 10 juin 2016

Important rapport d'@IPESfood aujourd'hui : l'#agriculture industrielle est une impasse. https://t.co/Wh94CHoEJh pic.twitter.com/DIwQjqCARs

— Greenpeace France (@greenpeacefr) June 2, 2016

Erwan Balança / Au fil de l’Odet

à la découverte de l'Odet : Adepte du canoë, du bivouac et du feu de camp, le photographe Erwan Balança s'écarte rarement de l'eau. Ici au bord de l'Odet à l'occasion d'une exposition sur cette rivière bretonne. Une  Réalisation Tristan Gonnet.

INTERVIEW

Erwan Balança : "J'aime passer du temps avec les bestioles, du campagnol au grizzli"

Présent au dernier Festival de Ménigoute lors de la projection du documentaire que Mathieu Pheng lui a consacré (cf. newsletter de décembre), Erwan Balança sera l'invité d'honneur du Salon d'art animalier du prochain Fifo, où il nous présentera une exposition inédite tirée de son dernier ouvrage, Bretagne, terre sauvage, paru aux éditions Glénat.

• Comment est né ce projet d'ouvrage ?

J'avais déjà fait un livre sur la Bretagne aux éditions Coiffard avec Jean-Yves Monnat, un scientifique et naturaliste breton hors pair avec qui je passe beaucoup de temps, qui a en outre une belle plume. Glénat m'a contacté pour un nouveau projet sur ce sujet en nous laissant libres quant à l'approche. Nous avons décidé d'aborder la Bretagne à travers ses milieux naturels caractéristiques. Jean-Yves Monnat a une connaissance livresque des territoires bretons, ce qui était un atout énorme. Les lieux clés, les images importantes, nous les avions en tête, avec le souci de ne faire ni un catalogue, ni une encyclopédie. Quant à la préface, nous l'avons confiée à Fabrice Nicolino.

• Y a-t-il des images que vous n'avez pas pu faire ou, à l'inverse, de bonnes surprises ?

Malgré un mois passé à l'affût dans les monts d'Arrée, je n'ai pas réussi à immortaliser la bécasse – queffelec en breton –, mais j'en ai fait de belles observations. En revanche, je voulais saisir le faucon pèlerin en vol, et ça a bien marché. J'aime bien aussi la photo de salamandre, en cadrage vertical. Ça ne m'a demandé aucune difficulté d'approche, mais j'ai essayé de restituer dans son ambiance le mystère des légendes qui entourent ce batracien. On est loin d'une photo d'identification ! Je travaille un quart de mon temps pour des magazines qui ont des demandes précises. Un livre, c'est l'occasion de se faire plaisir avec des choses moins conventionnelles.

• Comment s'est articulé le travail entre textes et images ?

Les prises de vue se sont étalées sur un an et demi. Jean-Yves Monnat n'était pas toujours présent à mes côtés lorsque je les ai faites. Nous avons défendu un choix d'images artistiques et originales. L'éditeur a travaillé sur la maquette dans un second temps. Le choix de la couverture, par exemple, est représentatif de notre parti pris esthétique : une pose lente avec de petites silhouettes de cormorans huppés, stoïques au milieu des éléments. Cet oiseau marin est souvent photographié dans des conditions estivales, avec sa huppe très esthétique. Le représenter ainsi résumait mieux à mon sens l'esprit des côtes sauvages bretonnes, où il n'hésite pas à voler au-dessus des paquets de mer, ce qui force le respect.

• Comment allez-vous sélectionner les images qui vont constituer cette expo inédite ?

Il y en aura trente en grand format, à la fois des paysages et des animaux. Je vais choisir les images fortes dont je suis très content et que j'estime à la fois représentatives du livre.

• Quelle est l'image que vous rêvez de faire ?

Je rêve toujours de l'image que je vais faire dans l'affût. Mais ce que j'aime par dessus tout, c'est passer du temps avec les bestioles, du campagnol au grizzli. À chaque fois que je vois des écureuils ou des pics épeiches, ça me procure le même plaisir. Observer un loup ou un ours blanc est évidemment un moment très fort, mais je suis tout autant excité lorsque j'attends un héron cendré ou un mulot sylvestre. Cette capacité d'émerveillement a l'avantage de faciliter la patience en affût, où je suis toujours en quête de comportements, d'attitudes, d'ambiances et de lumières.

 • Quels sont vos projets en attendant Ménigoute ?

Junnamed-8e vais encadrer cet été un voyage au Spitzberg en voilier avec Terres oubliées. J'expose dans le Morbihan, à Plouharnel, dans le cadre d'Escales photo, ainsi qu'au Domaine de Beautour, qui présente mes images d'abeilles sauvages. J'expose aussi quelques clichés de macrophotographie à la Maison du Parc naturel Loire Anjou Touraine, qui m'a sollicité pour faire partie d'un jury dans la cadre d'un concours photo sur les p'tites bêtes : un thème qui me tient à cœur ! Et l'agenda 2017 qui décline les images du livre Bretagne, terre sauvage, sortira chez Glénat le 6 juillet prochain.

Propos recueillis par Catherine Levesque.

> Agenda nature 2017 en Bretagne sauvage, éd. Glénat (9,95 €).

> Bretagne, terre sauvage, éd. Glénat (39,50 €).

> DVD "Erwan Balança, la nature du photographe" sur commande (16 €) à : contact@collectifbke.com

 

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Opération : Respect des montagnes

Samoens1_lowle fabricant de chaussures KEEN et l'UIAA (Union internationale des associations d’alpinisme) organisent une collecte de déchets cet été à Samoëns et à Tignes

La campagne de l’UIAA “Respect des montagnes”, en partenariat avec KEEN, aura lieu pendant tout l’été 2016, avec 9 évènements qui se tiendront dans 8 pays différents, parmi les destinations de montagne les plus populaires et les plus belles d’Europe. Deux des évènements “UIAA Respect des montagnes” auront lieu en région Rhône-Alpes, le premier à Samoëns le jeudi 11 Août 2016, le second à Tignes le vendredi 26 Août. Ce concept “citoyen” invite tous les types de participants – touristes, volontaires locaux, sportifs passionnés et entrepreneurs – à se retrouver pour la journée : ramassage des déchets, puis barbecue et activités outdoor (VTT et rafting à Samoëns, beach volley et tennis à Tignes). 

Voici le calendrier complet des événements « UIAA Respect des montagnes » en partenariat avec KEEN : 

16, 18 juin, Espagne Tenerife

26 juin, Royaume-Uni
 Nord Pays de Galles, Gogledd Cymru, Llanberis

3 juillet, Italie Parc national de Civitella Alfedena – Abruzzo-Lazio-Molise

10 juillet, Allemagne Freiburg, Forêt Noire

20 juillet, Autriche Tirol, Mayrhofen-Hippach

11 août, France Samoëns

19-20 août, Russie Mont Kazbek

26 août, France Tignes

17-18 septembre, Roumanie Parc national de Piatra Craiului, Carpathes

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Norvège : un marché automobile interdit aux véhicules à essence à partir de 2025

Selon certains médias (le journal norvégien Dagens Naeringsliv entre autres), la Norvège qui est connue pour son grand engagement écologique serait d’ici 2025 le premier pays à interdire la vente des véhicules à essence au profit des tout électriques. Interdiction de la vente de véhicules à essence d’ici 2025 Selon des rumeurs relayées par certains […]

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lundi 20 juin 2016

Le groupe Fiat Chrysler Automobiles s'intéresse à l'électrique via Fiat et Maserati

Le patron du groupe Fiat Chrysler Automobiles (FCA) Sergio Marchionne n'est pas contre l'idée d'intégrer des autos survoltées au sein de son entité. Si le feu vert est donné, elles prendront les formes d'une citadine chez Fiat et d'un coupé sportif chez Maserati.

Voitures électriques : les tortues vont l'emporter sur les lapins

Volkswagen s’est fixé pour objectif la vente de 2,5 millions de voitures électriques à l’échéance de 2025 en construisant, pour y parvenir, une usine de batteries. Une politique similaire à celle de Mercedes. Arrivés tard sur ce marché naissant, ils ont attendu que la technologie mûrisse. Et risquent de dépasser rapidement les pionniers du genre partis trop tôt. Comme Renault-Nissan et, surtout, Tesla.

Un chef de produit Porsche se moque du mode Ludicrous des Tesla

Un homme faisant partie de l'équipe des ingénieurs du développement du concept Porsche Mission E a indiqué que l'électrique du constructeur allemand offrira des performances dignes de son blason. Sa mécanique sera étudiée d'après ses propos pour encaisser des accélérations violentes "sans chauffer ni vider la batterie contrairement au mode Ludicrous des Tesla".

Nissan : le SUV électrique au programme

En valeur absolue et en termes de volumes, Nissan est le leader mondial de l'électrique avec sa Leaf, lancée en 2010 et qui a conquis plusieurs centaines de milliers de clients à travers le monde. Nissan est donc le "leader" dans ce domaine mais aussi dans les crossovers avec les Juke et Qashqai. La marque nippone va justement réunir ces deux mondes dans quelques années avec des Juke et Qashqai électriques.

Vers un contrôle technique plus sévère pour les diesels

Hier triomphant, le diesel est aujourd’hui dans le collimateur des autorités : d’ici deux à trois ans, le contrôle des émissions polluantes s’annonce nettement plus sévère qu’aujourd’hui via un diagnostic « 5 gaz » bien plus complet que ce qui est actuellement pratiqué.

samedi 18 juin 2016

Toyota Prius : des cellules photovoltaïques optionnelles pour le toit de la version rechargeable

Le constructeur japonais Toyota proposera prochainement contre un supplément des cellules photovoltaïques pour le toit de la version hybride rechargeable de la Prius. Seuls les clients européens et asiatiques bénéficieront de cette option.

vendredi 17 juin 2016

Inondations : quelle solidarité urbain-rural ?

La récente crue qui a affecté le Centre et l'Ile-de-France a révélé que villages et petites villes avaient été massivement affectées par des crues exceptionnelles, davantage que les grandes agglomérations. En février dernier une sénatrice s'était inquiétée auprès de la ministre de l'Environnement du fait que la majorité des territoires à risque d'inondation important (TRI) abritaient surtout une population à forte densité urbaine. La réponse qui vient de lui être faite éclaire cet autre aspect de la prévention (...)

Ile-de-France: 20 km/h de moins sur 46 km de routes

A partir du 4 juillet, la vitesse maximale autorisée baissera de 20 km/h sur 46 km d’autoroutes en Ile-de-France. Une mesure censée fluidifier le trafic et abaisser la pollution, mais qui peine à convaincre.

jeudi 16 juin 2016

Amazonie : la démarcation du territoire Munduruku commence

Cette semaine, un « Forest camp » a été inauguré sur les terres des Mundurukus pour démarquer leur territoire et contrecarre le projet de méga-barrage. Voici le témoignage sur place de An Lambrechts, chargé de campagne pour le bureau belge.

Le peuple Munduruku commence à démarquer officiellement ses terres.
Le peuple Munduruku commence à démarquer officiellement ses terres.

« Enfin ! Il y a quelques jours, je me suis envolée de Manaus avec quelques collègues. À bord du petit avion de Greenpeace, nous avons rejoint Sawré Muybu, le territoire situé au cœur de la forêt amazonienne brésilienne que le peuple Munduruku refuse de perdre à cause de la construction d’une centrale hydro-électrique. Celle-ci nécessiterait la construction d’un barrage de 7,6 km de long sur le Rio Tapajós, la rivière au bord de laquelle ces gens vivent depuis des siècles. Ce barrage provoquerait l’inondation d’une partie de leur territoire, ce qui les obligerait à quitter leurs terres.

En route vers Sawré Muybu !

C’est pourquoi nous les aidons à résister contre la construction de ce barrage sur le Rio Tapajós. En tant que cocoordinatrice de notre campagne internationale pour l’Amazonie, je passe la plupart de mon temps à travailler sur ordinateur. Pouvoir venir ici comme activiste, c’est donc pour moi une expérience des plus intense. Et pour ce petit village munduruku, c’est aussi toute une aventure de voir débarquer autant d’étrangers sur son sol. Surtout pour les enfants, qui sont très curieux et qui veulent jouer avec nous.

Voici une vidéo qui vous explique, en un peu plus d’une minute, toute la problématique.

Protéger les terres des Mundurukus

Nous avons joué au football avec eux, mais c’est aussi ici que nous avons pris les photos qui accompagnent aujourd’hui nos appels à aider les Mundurukus à protéger leurs terres. Et nous y avons vécu une expérience extraordinaire : le moment où tout le village et des Mundurukus de toute la région du Rio Tapajós sont venus faire la fête alors que nous commencions à délimiter leur territoire.

Il était important de procéder ainsi pour que tout le monde comprenne que pour mener des activités dans la région, quelles qu’elles soient, le consentement explicite des Mundurukus est nécessaire. Sawré Muybu ne fait « que » 178 000 hectares, mais la forêt tropicale y est encore intacte et n’est pratiquement accessible que par la rivière.

Délimiter le territoire

Comme ce village est menacé, les Mundurukus veulent que les autorités brésiliennes se dépêchent de respecter leurs droits constitutionnels et de reconnaître officiellement leur territoire, ce qui rendrait du même coup la construction du barrage illégale. Des étapes importantes en ce sens ont été franchies récemment, mais le nouveau gouvernement conservateur du Président Temer, qui semble avoir l’intention de démanteler la législation environnementale de son pays, peut aussi rapidement faire machine arrière.

Pour éviter que cela n’arrive, nous marquons déjà de manière symbolique les limites du territoire ancestral des Mundurukus. Pour ce faire, nous utilisons des panneaux qui ressemblent fortement à ceux utilisés par les autorités. »

En attendant d’autres nouvelles du camp, vous pouvez vous aussi aider les Mundurukus.

Mai 2016 : hausse de 57 % des ventes de voitures électriques par rapport à mai 2015 en France

En mai dernier, la France aura vu son parc automobile électrique compter 2 214 nouveaux véhicules, soit 57 % de plus qu’au mois de mai 2015. C’est la Renault Zoe qui arrive en tête des ventes suivie de la Leaf de Nissan. Hausse des ventes de voitures électriques de 57 % au mois de mai […]

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Réenchanter nos rivières, par Sylvain Rotillon

Le directeur du Syndicat mixte du bassin versant de la Bièvre (SMBVB), Sylvain Rotillon, prône une nouvelle approche des rivières, car « la magie de travailler près de l'eau meurt petit à petit »… « Le temps est venu de réenchanter nos rivières. Nous sortons difficilement d'une longue époque qui ne voyait dans ce chemin d'eau qu'une façon de nous laver de notre crasse collective, qu'un objet à utiliser, à forger à notre main en le redressant, le confinant, l'enterrant car prenant toujours trop de place. (...)

Anomalies et soupçons de falsifications dans l’industrie nucléaire : une douzaine de pays concernés

L’affaire des soupçons de falsifications d’Areva s’arrête-t-elle à une simple histoire de documents ? Le 3 mai dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) a annoncé qu’Areva l’avait informée « d’irrégularités concernant des composants fabriqués dans son usine de Creusot Forge ». Les problèmes concernent les documents relatifs à la qualité de nombreuses pièces fabriquées sur le site. L’ASN mentionne des « incohérences », ce qui témoigne a minima de défaillances dans le contrôle de la qualité, mais évoque également des « omissions ou des modifications » qui pourraient donc concerner des falsifications des dossiers de fabrication. Notre enquête.

Action lors du transport de la cuve de l'EPR de Flamanville, non-corforme aux exigences de sécurité  © Nicolas Chauveau / Greenpeace
Action lors du transport de la cuve de l’EPR de Flamanville, non-corforme aux exigences de sécurité © Nicolas Chauveau / Greenpeace

Comment les irrégularités ont-elles été découvertes ?

Les anomalies mises en évidence fin 2014 sur la cuve de l’EPR de Flamanville suite aux demandes de l’ASN avaient soulevé les premières questions sur le contrôle de la qualité. L’audit d’abord mené par Areva sur les fabrications depuis 2010 a été jugé trop limité et superficiel par l’ASN, qui a donc demandé un audit poussé remontant à 2004, période de fabrication des premières pièces de l’EPR. Areva, qui est propriétaire de l’usine depuis 2006, a alors décidé de revoir les dossiers de l’ensemble des pièces fabriquées depuis le début de fonctionnement du site, en 1965.

Premiers constats

Or, au moins 400 des 10 000 documents de contrôle réexaminés par Areva comportent des défauts. Les problèmes concernent notamment le taux de concentration de carbone et d’autres éléments entrant dans la composition des pièces métalliques, qui déterminent la résistance des composants usinés : ces taux sont incorrectement renseignés voire ne sont pas renseignés du tout. Explication vraisemblable : des valeurs non conformes aux exigences réglementaires de sûreté ont ainsi pu être masquées.

Pourtant l’extrême robustesse de ces équipements est primordiale, car l’assurance qu’ils ont le plus haut niveau de performance mécanique est exigée pour une sûreté maximum.

Capture

Schéma produit par l’ASN, représentant le circuit de refroidissement primaire

Une rupture irréversible de la confiance dans le système de contrôle

Cette fraude, si elle est avérée à cette échelle, remet profondément en cause l’ensemble du système et la confiance qu’on peut avoir dans la sûreté des installations. Il est dans ce contexte d’autant plus choquant d’entendre la ministre en charge de la sûreté nucléaire banaliser les premiers constats, dans la droite ligne de la communication d’EDF et d’Areva.

En effet, dès le 4 mai, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal affirmait, au micro de RTL : « Je puis vous dire, sans anticiper, puisque j’ai fait le point ce matin avant de venir vous voir, que les premiers résultats sont bons : c’est-à-dire les pièces sont conformes, ce sont les documents qui ont été mal faits ».

EDF a annoncé à son tour le 13 juin que ses vérifications lui permettaient de conclure qu’ïl n’y a « pas de remise en cause de la sûreté ». EDF ne produit pourtant aucun élément nouveau. Son analyse semble basée sur des données complémentaires fournies par Areva. Dans le contexte de doute sur la qualité technique et sur la sincérité des documents d’Areva, cette démarche ne peut en aucun cas être suffisante.

Ces déclarations semblent pour le moins prématurées. En effet, dès lors que des erreurs ont été involontairement ou volontairement introduites dans les documents de fabrication, la qualité réelle des composants ne peut être connue avec certitude et ne peut donc être garantie sans pratiquer des vérifications, voire de nouveaux tests. À l’image de ceux en cours pour les calottes de la cuve de l’EPR, ces examens seront longs et complexes. Il est impossible aujourd’hui de préjuger de bons résultats, l’ASN elle-même estimant “que les justifications fournies à ce jour sont insuffisantes pour aboutir à cette conclusion ».

Centrale nucléaire de Doel, en Belgique © Bernd Arnaold / Greenpeace
Centrale nucléaire de Doel, en Belgique, équipée de générateurs de vapeur de remplacement, de couvercle de cuve et de pressuriseur venant du Creusot © Bernd Arnaold / Greenpeace

Pièces en service : au moins une douzaine de pays potentiellement concernés

Sur plus de 200 dossiers concernant les équipements les plus sensibles pour la sûreté de réacteurs nucléaires, une soixantaine de pièces seraient actuellement en service dans 19 des réacteurs en fonctionnement du parc nucléaire français. Tous les réacteurs du parc d’EDF, ainsi que d’autres gros composants équipant d’autres installations nucléaires, sont potentiellement concernés par des productions de Creusot Forge.

En Europe, l’existence potentielle de problèmes a été confirmée dans au moins trois pays :

    • Royaume-Uni : le régulateur britannique, l’ONR, a confirmé dans un communiqué du 13 mai que le réacteur de Sizewell B est équipé de composants provenant du Creusot et potentiellement concernés, et indiqué attendre avant le 31 mai des informations détaillées d’Areva si ces composants sont effectivement touchés. Il pourrait s’agir de la cuve du réacteur et du couvercle de remplacement de la cuve.
    • Suède : de même, l’exploitant Vattenfall de la centrale de Ringhals a indiqué le 18 mai que deux composants potentiellement concernés équipent Ringhals 4. Les réacteurs 3 et 4 ont en fait remplacé leurs générateurs de vapeur avec des pièces issues du Creusot.
    • Suisse : les cuves des réacteurs Beznau 1 et 2 ainsi que des générateurs de vapeur de remplacement ont été fournis par le Creusot. Si aucune confirmation officielle n’a été donnée, les médias suisses ont fait état d’une note de l’ASN suggérant que des pièces livrées par le Creusot pourraient nécessiter des examens plus poussés.

Les installations en service d’autres pays européens sont susceptibles d’être concernées, notamment dans les pays suivants :

    • Belgique : Tihange et Doel sont équipés de générateurs de vapeur de remplacement, de couvercle de cuve et de pressuriseur venant du Creusot.
    • Espagne : Asco et Almaraz, avec les générateurs de vapeur de remplacement.
    • Slovénie : Krsko avec les générateurs de vapeur de remplacement.

Ailleurs dans le monde, les pièces potentiellement concernées équipent des réacteurs en service dans trois continents :

    • Etats-Unis : différents réacteurs peuvent être concernés par des pièces de cuve (Prairie Island 1&2), des remplacements de couvercles (North Anna, Surry, Three Mile Island, Crystal River 3, Arkansas, Turkey Point, Salem, Saint Lucie, D.C. Cook…), de générateurs de vapeur (Prairie Island 1, Callaway, Arkansas, Salem, Saint Lucie, Three Mile Island…), de pressuriseurs (Saint Lucie, Milestone).
    • Brésil : Angra II avec les générateurs de vapeur de remplacement.
    • Chine : les équipements des réacteurs de Guangdong 1 & 2, Ling Ao 1 & 2 et Ling Ao 3 & 4, les couvercles de cuve de remplacement de la centrale de Qinshan.
    • Corée du Sud : des pièces des réacteurs nucléaires d’Ulchin 1 & 2.
    • Afrique du Sud : des pièces des réacteurs nucléaires de Koeberg 1 & 2.
Projection de Greenpeace sur la centrale nucléaire de la Hague, 2009 © Pierre Gleizes / Greenpeace
Projection de Greenpeace sur la centrale nucléaire de la Hague, 2009 © Pierre Gleizes / Greenpeace

La plus grande transparence doit être rapidement assurée

Les rares informations disponibles sur l’affaire ne permettent pas de mesurer pleinement son étendue et sa gravité, même si certaines circulent sur le nombre de dossiers problématiques ou sur la nature de certains d’entre eux. L’ASN a demandé à Areva de lui transmettre la liste des pièces concernées. Pour Greenpeace, il faut aller plus loin.

Afin d’assurer la plus grande transparence, nous demandons que cette liste de pièces soit rendue publique, ainsi que le détail des documents incriminés et de la nature des incohérences, omissions ou modifications relevées pour chacune des pièces concernées.

Au-delà de l’audit, un réexamen systématique des pièces est nécessaire

Dès lors qu’une erreur ou une manipulation des documents introduit un doute sur la conformité des pièces, seul un réexamen technique des pièces concernées peut permettre de le lever.

Greenpeace demande ainsi que, dès publication de la liste des installations concernées, celles-ci soient immédiatement stoppées en attendant qu’un premier examen permette d’identifier les contrôles à effectuer, et les démonstrations complémentaires à apporter, afin de lever les doutes sur la qualité de toutes les pièces incriminées.

Réacteurs en construction : l’EPR, génération suspecte

L’EPR de Flamanville est le premier concerné par ces problèmes de non-conformité. C’est en effet sur les calottes du couvercle et du fond de sa cuve que les premières « anomalies sérieuses » constatées par l’ASN ont été annoncées au printemps 2015. L’excès de carbone présent dans leur partie centrale remet en cause leur capacité mécanique à résister à la rupture brutale dans certaines conditions (liées notamment à la nécessité, dans certaines circonstances d’incident, d’injecter d’importantes quantités d’eau froide dans la cuve, entraînant un risque de choc thermique).

Cela signifie que l’EPR de Taishan, en construction en Chine, pourrait être également impacté par ces découvertes, de même que ceux, encore en projet, d’Hinkley Point en Angleterre.
Et cela démontre surtout l’incapacité d’Areva à maîtriser et à contrôler les processus en cours dans l’industrie nucléaire, ce qui par ricochet témoigne de l’impérieuse nécessité de programmer la réduction de la part du nucléaire dans le plan pluriannuel de l’énergie qui doit encore faire suite à la loi Transition énergétique votée l’année dernière.

mercredi 15 juin 2016

L'Allemagne envisage de bannir diesel et essence dès 2030

Après les Pays-Bas et la Norvège, c'est au tour de l'Allemagne d'annoncer sa volonté de bannir les autos purement thermiques des concessions dès 2030, dans un très ambitieux plan de réduction des émissions de CO2 de l'ordre de 90 %. Les constructeurs semblent désormais avoir de plus en plus de pression de la part des pays du Nord de l'Europe. Mais sont-ils réellement prêts à ce gros changement ?

mardi 14 juin 2016

Enquête - 72 % des Français se voient en voiture hybride ou électrique d’ici 20 ans

Selon la 7e édition du baromètre « Les Français et l'automobile », réalisée par TNS Sofres pour Aramis Auto, 7 Français sur 10 se voient en voiture électrique ou hybride d'ici 20 ans. Mais la mutation du marché hexagonal ne se fera pas à court terme, puisque 6 personnes sur 10 ne pensent pas changer de motorisation lors de leur prochain achat.

Les six plaies de la Grande Barrière de corail

La Grande Barrière de corail, située au nord-est de l’Australie, nous offre des paysages féériques. Mais ce récif corallien, le plus grand organisme vivant de la planète, est à l’agonie: au cours des 30 dernières années, 50 % de ses coraux ont disparu.

Comprendre ce qui provoque la disparition du récif peut paraître complexe, car les causes sont multiples. Nous décryptons pour vous ici les principales menaces qui pèsent sur la Grande Barrière de corail.

Banc de gaterins à bandes jaunes au large du Queensland.
Banc de gaterins à bandes jaunes au large du Queensland.

1. L’industrie du charbon

L’expansion de l’industrie du charbon, synonyme d’augmentation de la pollution et du nombre de navires nécessaires au transport, menace lourdement l’existence du récif. La bonne santé du corail dépend, entre autres, de la température de l’eau. En raison des changements climatiques, la température de l’eau augmente. Or le charbon est la source d’énergie la plus polluante, avec 30% des émissions de CO2 mondiales, et l’Australie en est le premier exportateur international…

Le gouvernement du Queensland, l’État côtier de la Grande Barrière, continue de soutenir l’expansion des ports et des mines de charbon, notamment le projet de la méga-mine de charbon Carmichael, censée devenir la plus grande d’Australie. Cette mine aura une empreinte carbone dix fois supérieure à celle de la ville de Sydney et consommera, toutes les deux heures, l’équivalent en eau d’une piscine olympique.

Pour transporter le charbon de Carmichael, les autorités envisagent d’étendre le terminal charbonnier d’Abbot Point, situé tout près de la Grande Barrière. Les routes maritimes les plus rapides vers l’Asie, principal marché de destination du charbon, passent tout près du récif. Pas moins de 1,1 million de mètres cubes de déblais seraient ainsi déversés à proximité, dans des zones humides.

Le terminal charbonnier d’Abbot Point, destiné à l’exportation du charbon extrait à Carmichael, Queensland.
Le terminal charbonnier d’Abbot Point, destiné à l’exportation du charbon extrait à Carmichael, Queensland.

2. Le blanchissement du corail

Le récif subit à l’heure actuelle le pire épisode de blanchissement de son histoire et les scientifiques sonnent l’alarme : sur les 520 récifs récemment analysés par le Centre australien de recherche sur les récifs coralliens, 516 étaient victimes de blanchissement et pourraient ne pas s’en remettre. La direction du Parc marin de la Grande Barrière de corail (DPMGBC) a émis la plus haute alerte possible au blanchissement concernant la partie nord du récif : « blanchissement régional grave ».

Corail blanchi à proximité de Fitzroy Island.
Corail blanchi à proximité de Fitzroy Island.

Le blanchissement survient lorsque la température des océans se maintient à un niveau plus élevé que le niveau normal, poussant les coraux à expulser les algues (zooxanthelles) avec lesquelles ils vivent en symbiose. La perte de ces algues provoque un stress chez le corail qui devient alors complètement blanc. Bien que le corail puisse récupérer d’un épisode de blanchissement, la gravité et la durée de ce dernier sont déterminants. On estime que jusqu’à 50% des coraux actuellement blanchis pourraient ne pas survivre.

Avec l’augmentation continue des températures terrestres et océaniques, les épisodes de blanchissement tels que celui d’aujourd’hui deviendront de plus en plus fréquents et pourraient frapper annuellement dès 2030.

3. L’acidification des océans

Entre un quart et un tiers du CO2 lié aux activités humaines est absorbé par les océans chaque année, soit huit milliards de tonnes. En volume, cela équivaut à plus d’un milliard de piscines olympiques. Ce CO2 se dissout dans l’eau pour former un acide, appelé acide carbonique. Avec l’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère, des quantités toujours plus importantes de ce gaz sont dissoutes dans les océans.

En absorbant ce dioxyde de carbone, les océans subissent des transformations chimiques les rendant plus acides. Ce phénomène ralentit le développement du corail. Par endroits, leur érosion est plus rapide que la constitution de nouveaux récifs. Compte tenu que 50 ans environ sont nécessaires pour que les effets de l’acidification s’inversent, il faut dès à présent lutter contre les changements climatiques sous peine de voir le récif disparaître.

4. La mauvaise qualité de l’eau

L’eau devient également de plus en plus sale du fait de la pollution et des ruissellements agricoles. Environ 80% du littoral du Queensland abritent des terres agricoles, sources de ruissellements de pesticides, d’engrais et de déchets animaux dans les océans. Les eaux troubles rendent la photosynthèse plus difficile, et les algues dont dépendent si fortement les coraux se font de plus en plus rares.

La tortue caouanne, une espèce menacée, au large du Queensland.
La tortue caouanne, une espèce menacée, au large du Queensland.

5. Les catastrophes naturelles

Les cyclones et autres catastrophes naturelles détruisent le corail. De plus, en cas d’inondations ou de crues, des torrents d’eau chargés de sédiments se déversent dans l’océan, balayant les prairies marines.
Peu à peu, les dégâts ainsi occasionnés se répercutent sur les populations de dugongs et de tortues. Les changements climatiques ne font qu’augmenter la fréquence de ces catastrophes. En 2011, le cyclone Yasi, avec des rafales jusqu’à 285 km/h, s’est fendu un passage au travers du récif, détruisant environ 13% de sa surface.

Dégâts occasionnés par le Cyclone Yasi en 2011.
Dégâts occasionnés par le Cyclone Yasi en 2011.

6. Les couronne d’épines

La couronne d’épines (encore appelée acanthaster) est une espèce d’étoile de mer qui consomme quotidiennement l’équivalent d’une grande assiette de corail. Par sa consommation, elle est responsable de 42% du corail disparu. Les couronnes d’épines connaissent régulièrement des pics de population, le dernier en date ayant débuté en 2010.

La stratégie à court terme des équipes de contrôle des populations repose sur l’utilisation de divers procédés d’injection, mais sur le long terme l’objectif est une meilleure préparation en amont du prochain pic de population.

Une couronne d’épines dans le Pacifique Ouest
Une couronne d’épines dans le Pacifique Ouest

Que devons-nous faire ?

Tout d’abord, le gouvernement australien doit mettre en place un plan de protection plus ambitieux et plus concret que celui proposé à l’heure actuelle. Il devrait en outre interdire le développement de l’industrie du charbon à proximité du récif et mieux prendre en compte les menaces des changements climatiques, plutôt que de censurer les rapports de l’ONU sur les conséquences du réchauffement climatique pour les sites du Patrimoine mondial, comme il l’a fait récemment.

La lutte contre les changements climatiques est essentielle puisque nombre des menaces qui pèsent sur le récif sont liées aux émissions de CO2 d’origine anthropique. Nous devons également nous diriger vers des énergies renouvelables vertes et respectueuses de l’environnement, réduire autant que possible notre empreinte environnementale et adopter des réglementations qui nous permettent de réduire nos émissions aux niveaux requis.

Pour aller plus loin, vous pouvez :

Nissan prépare une pile à combustible fonctionnant à l'éthanol

Même si l'on en parle souvent, une pile à combustible ne fonctionne pas nécessairement à l'hydrogène. En fait, n'importe quel carburant peut y passer, du moment qu'il y a électrolyse et production d'électricité. Nissan nous en apporte la preuve avec un prototype de pile à combustible fonctionnant à l'éthanol, qui présente comme énorme avantage d'avoir un carburant disponible aujourd'hui.

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